Malek : «Je voulais prouver que je n’étais pas un mercenaire»

L’ancien entraîneur de la formation d’El-Eulma était de passage hier au siège de Compétition. L’occasion pour revenir sur ce qui s’est passé avec son ancien club employeur. Un accord a été trouvé et le jeune entraîneur a voulu rétablir la vérité pour montrer qu’il n’était pas un mercenaire. Il nous parle également de sa rencontre avec le président de la FAF, Kheiredine  Zetchi qui lui a laissé une très bonne impression. Il n’oublie pas de remercier aussi le SG de la FAF pour son aide et a évoqué le déroulement du championnat et notamment son avis sur la JSK, le MCA et l’ESS qu’il voit plus proche pour le titre de champion d’Algérie.

 

Maintenant que votre affaire est réglée. On imagine que vous êtes soulagés ?

Effectivement. Je suis très content de l’issue de cette affaire. Ça a traîné en longueur mais maintenant, je peux dire qu’elle fait partie de l’histoire ancienne.

 

Justement, comment tout cela a commencé ?

Mon problème a débuté en 2010 car j’ai signé à la première année du championnat professionnel un contrat de deux ans. Mes problèmes ont débuté après la défaite lors du derby face à l’ESS qui comptait à cette époque pas moins de 7 internationaux dans ses rangs. Au MCEE, c’était plutôt une petite équipe et on était 6es au classement. Il n’y avait pas péril en la demeure. Je pense que le vice-président voulait mettre un autre entraîneur. Il était sous pression et il a voulu changer. On se rencontre et on en parle. Je suis venu avec un huissier et on m’a signifié que je n’étais plus l’entraîneur mais on ne m’a pas remis une lettre de licenciement. On a essayé de trouver un accord car je réclamais 6 mois de salaires et j’en laissais 12 au club. Le président refusait tout accord.

 

Pourquoi ?

Je ne sais pas. Je suis resté car j’avais un logement et une voiture de fonction. AU bout de 15 jours, le SG de l’équipe est venu pour récupérer les clés et la voiture pour les remettre à Bira. Ce n’était pas correct. Je suis resté sans logement. On m’a prêté un appartement à Sétif pour que je puisse régler ce problème. J’ai décidé de partir après avoir laissé un courrier au président.

 

Qu’est-ce qui s’est passé par la suite ?

Je prends mon dossier et je le dépose à la FAF. Malheureusement, à ce moment-là, la CRL traitait seulement le dossier des joueurs et non pas des entraîneurs. La FAF a répondu par le biais de l’avocat et on m’a fait savoir qu’elle ne pouvait gérer ce cas surtout pour un entraîneur étranger alors que je suis algérien. Quand on veut, je suis algérien, quand on ne veut pas, je suis étranger. Je suis rentré chez moi en France. L’affaire a suivi son cours. Personne n’a pris contact avec moi jusqu’à cette affaire des 3 points.

 

Quand-même…

Il y avait un premier jugement en mai 2012 qui me donnait gain de cause. Le club a été condamné à payer une certaine somme. Ce n’est pas une question d’argent, c’est plus une question de principe. Après deux ans d’attente et des sanctions, on m’a recontacté.

 

Quand est-ce qu’ils vous ont contacté ?

Il y a quelques mois, le président actuel, Samir Bourdim et l’ancien dirigeant Djamel m’ont contacté. Il s’est passé 5 ans avant qu’on ne m’appelle. Comment ont-ils fait pour ne pas me trouver ? Il a fallu que ça atteigne le point de non-retour. On se rend compte que la FIFA fait tout. Je n’ai pas souhaité que le football algérien soit sanctionné. Ça m’a embêté. Il y a des décisions qui sont au-delà de ma volonté. Si on n’avait pas réglé le problème ça aurait pu être plus grave. Cependant, je ne suis pas le responsable. Jusqu’au bureau actuel, personne ne m’a dit viens et on va discuter. On aurait trouvé comme on a fait là. On est des Algériens, on aurait trouvé une solution sans aucun souci. On s’est mal comportés avec moi. 

 

Officiellement, vous étiez sous contrat…

Jusqu’à ce que je dépose mon dossier, oui. J’ai appris que le numéro de fax de l’avocat choisi à l’époque n’était pas bon. C’est leur faute, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. J’étais prêt à faire cadeau de cette somme.

 

Vous êtes passé à la FAF samedi…

Il s’est passé quelque chose de bien. L’ancien président Raouraoua a pris attache avec moi. On a longuement discuté. Il m’a orienté vers M. Yahiaoui avec qui j’ai discuté longuement aussi. Il m’a rassuré et m’a convaincu de trouver un arrangement sans que personne ne soit lésé. Je ne voulais pas que le MCEE soit touchée. Je me suis rendu samedi matin à la FAF. J’ai pu voir que le nouveau président était présent et qu’il avait pris connaissance du dossier. On en a discuté à trois. Puis, il a souhaité que ça reste entre Algériens. On a échangé sur la situation du MCEE et que tout le monde puisse faire des efforts. Ça ne me dérangeait pas puisque ce n’est pas une question d’argent. On a tapé dans la main et voilà, il a fait venir les dirigeants d’El-Eulma. Ils ont échangé avec l’accord. On a fait tous les papiers et tout a été établi.

 

Est-ce que vous avez été rétabli dans vos droits ?

Oui, il n’y a aucun centime qui manque. C’est à l’amiable et c’est 7 ans après ! J’ai laissé une certaine somme. Le club a réglé la somme que la FIFA avait adjugée. Ce n’est pas grave, j’ai fait des efforts, ils ont fait des efforts.

 

C’est une perte de temps au final…

Effectivement. Faute de gens incompétents et incorrects. Ils ont mis en péril, un club, le football algérien. Dans cette affaire, celui qui a subi c’est moi.

 

On vous a pris pour un mercenaire. Qu’en pensez-vous ?

Oui, Malek est devenu un mercenaire, il a voulu nuire au football algérien. J’ai mon père qui vit là. On a un nom. C’est compliqué. Beaucoup plus pour mon père, c’est compliqué pour lui. Il vit en paix et il voit que son fils passe pour un mauvais garçon. On m’a fait porter le chapeau parce que je n’ai pas parlé. J’ai décidé de ne pas faire de bruit. Il y a une justice. Maintenant, si je parle, c’est parce que tout a été réglé. Je ne suis pas un mercenaire. Je suis un entraîneur, un vrai. Quand j’ai quitté le MCEE, on était 7e. C’est du concret.

 

Ces mêmes dirigeants vous jetaient des fleurs avant…

C’est ça le revers de la médaille au fait. C’est dérangeant surtout quand on fait son travail convenablement. S’ils avaient été corrects, j’aurai fait cadeau de la somme. Je suis compréhensif. Ils ont eu un comportement incorrect avec moi.

 

Parlons de la Ligue 1 Mobilis. Que pouvez-vous dire de cette saison ?

Sétif revient bien en championnat, le Mouloudia aussi revient dans la course au titre. Il y a aussi la JSK qui se bat pour éviter la relégation. C’est vraiment dommage.

 

Justement, parlons-en de la JSK…

Ce qu’il faut savoir d’abord, c’est que c’est le club le plus connu en France. C’est le club le plus titré d’Algérie. Ce n’est pas cohérent et c’est malheureux.

 

Peut-elle être sauvée ?

4 matchs de retard, il faut faire les calculs. Mais après, ce ne sera pas facile. Je vois que ce qui était leur force avant est devenu leur faiblesse. Ils ne gagnent plus à la maison. J’ai vu aussi qu’il y avait des conflits. Il faut remettre le débat au centre. Le plus important maintenant, c’est que l’équipe soit sauvée. En Kabylie, ils sont assez intelligents. Ils vont soutenir l’équipe qui a un réel potentiel. C’est une question de priorité. C’est comme à El-Eulma. Ils en veulent au nouveau président alors qu’il n’a rien fait. Pareil pour la JSK, il faut leur demander ce qu’ils veulent. Ils doivent être soutenus et lorsqu’ils seront sauvés, ils peuvent faire les comptes. Personne ne gagne si ça reste comme ça. Il faut un peu de sagesse et beaucoup d’amour. Il faut le montrer dans l’union pas dans la dispute.

 

Pensez-vous que Sétif a déjà tué le suspense ?

Il reste encore beaucoup de matchs. Je crois que ce n’est pas encore joué. Mais vous savez pour les matchs en retard. Tant que ce n’est pas dans l’assiette, on ne peut le manger.

 

Mais le MCA n’est pas aussi bon que lors de la phase aller…

Si on fait les comptes. Sétif avec 47 points, le MCA avec 3 matchs en retard. Ils reviennent à 2 points. Sétif a toujours été une grande équipe du championnat. Le MCA peut avoir la capacité de revenir. L’ESS a besoin de conserver des points. Le Mouloudia est dans la peau du chasseur et qui a besoin de points.

 

Donc, le doyen est plus sous pression ?

Ah oui. On est dans une optique où le Mouloudia doit gagner et où Sétif doit garder ses distances tout en se permettant des impairs. Ils sont assez sereins. Je pense que celui qui gérera le mieux cette pression ira au bout.

 

Dans un autre registre. Comment avez-vous trouvé le nouveau président de la FAF, M. Zetchi ?

Ecoutez, d’abord, on s’est vus 30 minutes. C’est quelque chose de rencontrer un président de fédé. Au premier abord, ça saute aux yeux que c’est quelqu’un de très intelligent avec un bagage important. Ce qui m’a plu, c’est qu’il sait très bien ce qu’il veut par rapport à sa vision des choses. C’est quelqu’un de très convaincant. Après, il sait manier la langue. Il a des idées qui, si elles vont au bout seront très positives. Déjà la DNCG, c’est très intelligent car ça éviterait beaucoup de problèmes au club. Ça peut aider à faire avancer le football.

 

Et par rapport aux centres de formation ?

Ça fait un moment qu’on en parle. Il était déjà question de faire  des centres de formation. Le PAC est une réussite. Il forme des joueurs, il vend des joueurs. C’est rentable. Ça permet un retour d’investissement cohérent. Il n’a qu’à puiser dans son centre. Il a mis la compétence à un poste essentiel. J’ai vu quelqu’un de censé dans son discours. Il m’a laissé très bonne impression. Zetchi est plus jeune et je l’ai trouvé très juste. J’espère qu’il va réussir.

 

Revenons à vous. Que faites-vous actuellement ?

Je suis une formation d’analyse vidéo et d’anglais spécifique de terrain. C’est autre chose. Dans cette formation, je suis un cursus team-building. Un aspect du management poussé. Ça m’a pris un an de formation et je vais passer mon examen. Je devrais rentrer à l’UEFA Pro rapidement. En 2012, je suis venu passer la CAF B. Je n’en avais pas besoin. Depuis 2003, je suis au max de ce qu’on peut avoir en France.

 

Des contacts ou une opportunité ?

J’en ai une. Maintenant, si jamais, une opportunité se présentait en Algérie, je vais l’étudier. Que ce soit pour une sélection nationale, le staff national ou une équipe de Ligue 1. Je suis ouvert à tout. Si je venais à prendre un club, Dahmane Badr Eddine, je le prendrai avec moi. Il y a eu des offres, on ne les a pas acceptées. La JSK, ce n’était pas possible puisque j’étais sous contrat avec Nîmes. Revenir travailler en Algérie sera avec un grand plaisir. 

I. Z.

 

 

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