Arous : «Madjer faisait tout pour rapprocher les locaux et les pros»

 

Il était l’une des surprises du grand retour de Madjer en sélection de sa liste dévoilée avant le dernier stage, Islam Arous est arrivé sans complexe au milieu d’une armada de stars, intégrant assez facilement le groupe, il a même trouvé une place dans le onze pendant toute la partie contre la République centrafricaine. Dans cet entretient, il revient avec nous sur cette partie, sur ses grands débuts chez les Verts, il parle de la réaction négative du public de Constantine notamment, une interview passionnante. Suivons-le.

Fais-nous un petit bilan de ce premier stage sous les ordres de Madjer, qui était aussi votre premier avec la sélection, comment ça s’est passé pour vous ?

Dieu merci, tout s’est bien passé pour moi et  pour nous tous dans ce stage, ça n’a pas été facile, surtout pour moi, car c’était une première.

 

Un mot sur votre prestation personnelle dans ce match contre la RCA…

Moi, j’étais bien, en me comparant aux autres, oui, j’étais bien, surtout que c’était ma première rencontre avec la sélection, je trouve que je n’ai pas fait des fautes, c’est l’essentiel à retenir dans ces cas-là.

 

Et si vous nous parliez un peu de l’accueil qui vous a été réservé au CTN en tant que nouveau…

Normal, je me suis senti chez moi, on dirait que je n’étais pas nouveau, on m’a facilité l’intégration, des joueurs comme Chaouchi, Slimani ou encore Djabou, et même les pros comme Brahimi, Mahrez et Medjani, tous ont eu des mots gentils avec moi.

 

Vous voulez dire que même les pros étaient aux petits soins…

Exactement, je n’ai pas senti une différence, même les pros sont venus me parler, ils m’ont dit de ne pas être timide, de ne pas me sentir inférieur à eux, de m’entraîner avec eux sans complexe.

 

On présume que vous avez eu droit à votre séance de bizutage, vous avez chanté quelle chanson ?

(Il rit). Je n’ai pas dérogé à la règle, et je leur ai chanté «Ya Zina».

 

De Raina Raï ou de Babylone ?

Non, de Babylone. (Il fredonne le refrain de la célèbre chanson) et puis vous savez, c’était à Constantine avant le match, ils m’ont appelé et m’ont dit : allez toi le petit nouveau, t’es nouveau viens, c’est avec toi qu’on va remonter le moral, allez chante-nous quelque chose.

Après ça, c’est bon, Arous s’est senti comme un poisson dans l’eau…

Oui, y a de quoi, ils m’ont traité tel un petit frère, ils me le disaient d’ailleurs, t’es notre petit frère, ne sois pas gêné, j’ai vraiment apprécié.

 

Et avec le staff, c’était la même chose…

C’était la même chose, je les remercie du fond du cœur, notamment le coach Madjer qui m’a fait jouer ce 2e match, il m’a dit joue normalement, montre-moi ce dont t’es capable, ne sois pas terrifié, c’est un simple match et ces joueurs ce sont tes frères.

 

En parlant du staff, est-ce que t’as senti que ses membres forment un trio homogène qui peut réussir sa mission à l’avenir ?

Vous savez, j’ai senti une nette envie de former un groupe solide, de souder les rangs, j’ai vu qu’il insistait pour tisser des liens d’amitié entre les locaux et les pros, il veut vraiment composer une équipe, voire une famille, incha Allah il y parviendra.

 

Avant le match, vous nous avez déclaré que vous aviez hâte de voir Mahrez et de lui parler, maintenant que vous avez eu ce que vous vouliez, pouvez-vous nous raconter ?

C’était un plaisir, non pas de voir Mahrez seulement, mais aussi Brahimi, Slimani, tous les joueurs, c’est le rêve de tout Algérien et surtout d’un joueur de Ligue1 ou Ligue 2 de les côtoyer.

 

Vous avez réalisé un autre rêve, celui de jouer avec lui et sur le même côté, donc il y a eu une certaine complicité…

On s’entendait parfaitement, il me parlait, il m’expliquait, on défendait en même temps, on attaquait aussi simultanément, j’étais très à l’aise à ses côtés, même aux entraînements, quand on échange des passes, quand on effectue un dédoublement, je passe derrière lui, il me demandait de me replier pour défendre, c’était parfait.

 

On a parlé de Ferhat, on a dit qu’il n’a pas été bon au milieu, vous qui avez joué sur son côté à droite, qu’en pensez-vous ?

Pour moi il a bien joué, il a récupéré et fait monter plusieurs balles, je crois qu’il est doué et il peut être performant que ce soit dans ce rôle ou même comme latéral ou ailier, et je profite de l’occasion pour lui rendre hommage, car Zinou m’a aussi beaucoup aidé, je lui suis reconnaissant.

 

Y a-t-il quelque chose qui vous a impressionné durant ce stage et à laquelle vous ne vous attendiez pas forcément ?

Peut-être ma première séance d’entraînement avec eux, je n’en croyais pas mes yeux, j’étais à la limite intimidé d’être devant de tels joueurs, mais vite ils m’ont décomplexé et mis à l’aise, je les en remercie.

 

Vous avez suivi le match du Nigeria du banc, comment avez-vous trouvé la prestation de l’équipe ?

On n’a pas été flamboyant certes, mais il ne faut pas oublier que le Nigeria n’est pas n’importe qui, cette équipe est venue pour gagner, le terrain n’était pas parfait non plus, il était glissant.

 

Vous avez eu la chance de jouer, contrairement à Ziti, est-ce que vous vous dites que vous avez réussi votre mission et que vous êtes bien parti pour revenir en mars ?

Incha Allah, c’est mon souhait le plus cher, la confiance de Madjer est le plus important, j’espère seulement ne pas l’avoir  déçu.

 

Ne vous a-t-il pas parlé après le stage, pour vous remercier par exemple ?

Il a remercié tous les joueurs, pas moi spécialement.

 

Et Zetchi ?

Oui, il m’a encouragé et remercié, il m’a demandé de travailler davantage, je lu ai promis de le faire.

 

On sait qu’Alcaraz a convoqué Attal après l’avoir vu à l’œuvre et sur recommandation de votre coach au PAC, qui a proposé Arous à Madjer ?

Je ne sais pas, je crois qu’on m’a vu à l’œuvre avec mon club, car avec le PAC, j’ai déjà donné 2 passes décisives, contre le DRBT et l’USMBA avec deux victoires (1-0), alors ils ont cherché un latéral et ils ont fini par me choisir.

 

En mars, c’est une autre paire de manches, on affrontera probablement des équipes qualifiées à la Coupe du monde…

Je l’espère, moi, en tout cas, et comme je vous l’ai dit en conférence au début, je suis prêt à tout, l’essentiel c’est de porter le maillot national.

 

Reconnaissez que c’est un tout autre niveau que la RCA qui n’était pas un foudre de guerre….

Oui, c’est une équipe moyenne, mais l’objectif était tout autre, on avait hâte de retrouver les victoires et surtout pour nous les nouveaux d’avoir du temps de jeu, donc je dis, mission accomplie.

 

Le public s’est illustré par une réaction négative, cela n’a-t-il pas affecté votre moral ?

Je ne vous cache pas que cela nous a déçus, c’est dommage.

 

Vous parlez du 5-Juillet ou de Constantine…

Des 2, mais c’était plus sévère à Constantine, surtout avec Chaouchi, c’est un coéquipier, donc on n’apprécie pas celui qui l’insulte ou insulte sa mère, ou même quand ils ont scandé le nom de Mbolhi pour le déstabiliser, on est tous des Algériens, comme on dit chez nous khawa khawa, il faut s’unir au lieu de se diviser.

 

Si vous aviez le pouvoir de choisir le stade où vous recevrez, lequel vous choisirez ?

Je suis nouveau en sélection, j’ai aimé le 5-Juillet et je sais que les joueurs préfèrent Tchaker, donc peut-être qu’il est meilleur.

 

Maintenant que vous êtes international, peut-on dire que vous allez cibler la même trajectoire que votre ancien équipier Attal ?

Bien sûr, c’est ça, je suis en sélection, je vais essayer de rééditer l’exploit d’Youcef, voire plus, je dois attirer l’attention d’un club européen pour que moi aussi je rejoigne l’autre rive.

 

Attal reviendra en mars, ce sera un concurrent de taille…

Aucun problème là-dessus, on a toujours été ensemble, on a fait l’académie ensemble, donc on est frères, et le meilleur de nous va jouer, mais je ne vous cache pas que je suis ambitieux, je vais travailler, car moi aussi je veux jouer.

 

Dites-nous, avez-vous déjà porté le maillot de l’une des sélections des jeunes ?

Non, jamais, je n’ai connu que l’académie. J’ai 7 ans dans cette équipe du PAC.

 

En parlant du PAC, à votre retour, avez-vous eu une discussion avec le coach José Maria ?

Oui, il m’a dit que j’ai fait un match correct, que j’ai fait mon boulot correctement, il m’a dit que je n’ai pas fait de fautes et que j’ai joué sans pression, donc c’était positif dans l’ensemble.

 

Avec le PAC, vous avez tracé quoi comme objectif…

En plus du maintien, on aimerait bien terminer dans les 4 ou 5 premières places.

  1. M. A.

 

 

 

 

 

 

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