Les sanctions infligées par la CAF à l’Algérie à la suite des incidents survenus après la demi-finale de la CAN-2025 face au Nigeria (0-2) continuent de susciter de nombreuses interrogations, bien au-delà du verdict sportif.
En suspendant pour deux matchs le gardien Luca Zidane et le défenseur Rafik Belghali, tout en infligeant une amende globale de 100.000 dollars pour divers manquements disciplinaires, la CAF a rendu une décision lourde, dont les répercussions pourraient, sous certaines conditions, dépasser le cadre strictement continental.
Sur le plan réglementaire, le code disciplinaire de la CAF est pourtant sans équivoque. Les sanctions prononcées par l’instance africaine ne s’appliquent qu’aux compétitions qu’elle organise. Le jury disciplinaire de la CAF a précisé que les deux joueurs en question purgeront leur sanction lors des éliminatoires de la CAN-2027.
En l’état, les suspensions décidées dans le cadre de la CAN n’ont donc aucun effet automatique sur les rencontres relevant de la FIFA, qu’il s’agisse des éliminatoires de la Coupe du monde ou de la phase finale elle-même. Les dispositions relatives au report de suspension, notamment en cas d’expulsion, demeurent-elles aussi strictement limitées aux compétitions africaines.
La FIFA, seule habilitée à étendre la sanction
Cette limitation n’exclut toutefois pas une extension ultérieure. Le Code disciplinaire de la FIFA, à travers son article 70, prévoit explicitement la possibilité d’élargir au niveau international les sanctions infligées par une confédération ou une association membre.
Pour cela, une demande formelle doit être adressée par écrit à la FIFA, via son Portail juridique, et accompagnée de l’ensemble des documents justifiant la décision initiale. La Commission de discipline de la FIFA examine alors le dossier et statue souverainement sur l’opportunité d’étendre la sanction aux compétitions placées sous son autorité.
Dans le cas algérien, cette démarche dépend en premier lieu de la CAF. À défaut d’une demande explicite, les suspensions de Luca Zidane et de Rafik Belghali restent, à ce stade, limitées aux compétitions africaines. Mais le règlement de la FIFA prévoit un autre mécanisme, plus discret mais déterminant : l’autosaisine.
Si la Commission de discipline estime que la gravité des faits le justifie, elle peut décider, de sa propre initiative, d’étendre les effets d’une sanction au niveau international, même en l’absence de requête de la confédération concernée.
À moins de cinq mois de la Coupe du monde 2026 (11 juin - 19 juillet), cette possibilité place la FIFA en position d’arbitre ultime du dossier. Pour l’instant, aucune extension n’a été officiellement actée et les deux joueurs demeurent juridiquement éligibles pour les compétitions FIFA.
M.M





