Le sélectionneur national, Vladimir Petkovic, a dévoilé hier soir une liste de 27 joueurs, en vue des deux matchs amicaux que disputera l’Algérie face au Guatemala le 27 mars à Gênes et devant l’Uruguay le 31 mars à Turin.
Il s’agit de la première sortie des Verts depuis leur parcours à la Coupe d'Afrique des nations 2025, conclu par une élimination dans les quarts de finale face au Nigeria (2-0) au stade de Marrakech. Cette liste est marquée par la présence de six nouveaux joueurs : l’attaquant Nadir Benbouali, évoluant au Győri ETO FC (Hongrie), le défenseur Achraf Abada (USM Alger), les deux gardiens Kilian Bellazoug (Stade Rennais) et Melvin Mastil (FC Stade Nyonnais), le milieu de terrain Adil Aouchiche (Schalke 04) et l’attaquant Farès Ghedjemis (Frosinone). L’attaquant Amin Chiakha (Rosenborg), le milieu de terrain Houssem Aouar (Al-Ittihad) et le défenseur Sohaïb Naïr (EA Guingamp) signent leur retour. En revanche, pas moins de onze joueurs, présents à la dernière CAN-2025, ne figurent pas sur cette liste pour diverses raisons, à l'image de l’attaquant expérimenté Baghdad Bounedjah (Al-Shamal SC), une mise à l’écart que Compétition avait annoncé il y a quelques semaines en exclusivité, ou encore le défenseur central Mohamed-Amine Tougaï (ES Tunis) et Ismaël Bennacer (Dinamo Zagreb) Ces choix traduisent la volonté du sélectionneur de rajeunir l’effectif et d’élargir le vivier en vue de la Coupe du monde 2026 (11 juin - 19 juillet).
M.M
«Les joueurs qui iront au Mondial doivent être en forme»
Par Smaïl M. A.
Vladimir Petkovic a mis fin à plusieurs semaines de silence en se présentant hier devant la presse nationale à la salle de conférences du stade Nelson-Mandela de Baraki. Une sortie très attendue, dans un contexte marqué par la fin de la CAN et l’ouverture d’un nouveau cycle tourné vers la Coupe du monde.
«Des difficultés physiques qui ont imposé des changements»
Avant d’entrer dans le vif du sujet, Petkovic a tenu à poser le cadre de ce rassemblement de mars, qu’il considère comme atypique à bien des égards : «C’est un stage particulier car il sera complètement en dehors du pays, on va développer notre travail et préparer la Coupe du monde, c’est l’occasion de pouvoir tester des joueurs qui sont proches de la sélection. Comme il se passe après une CM ou une CAN, il y a des joueurs en difficulté physique et difficiles à reprendre, il y a un manque, on donne beaucoup sur le plan de l’énergie. C’est pour cette raison que lors de ce stage, il y a des joueurs qui ne sont pas convoqués : certains ont un manque de rythme, ou donner la chance à d’autres qui n’ont pas la possibilité physique de prendre part à ce stage. Comme on l’a fait déjà lors des préparations, on a donné la chance à des joueurs de rester avec nous et de montrer leurs qualités, et donner la chance aux nouveaux de connaître la façon de travailler du groupe et le système de travail de la sélection. Et cette manière nous permet d’éviter les difficultés. Et après une bonne CAN vécue au Maroc, il faut passer la vitesse supérieure et progresser sur le plan physique, technique et mental. Un point très important : les joueurs qui iront au Mondial doivent être en forme et sans blessure, c’est pourquoi certains joueurs vont rester au niveau de leurs clubs pour progresser, d’autres vont venir.» Dans cette introduction dense, le sélectionneur a clairement expliqué sa logique. Ce stage sert autant à relancer certains joueurs qu’à en tester d’autres, dans une dynamique post-CAN où la gestion physique devient primordiale.
«Le modèle qui sera adopté lors du Mondial»
Dans la continuité de cette réflexion, Petkovic a justifié le format de sa liste : «J’ai convoqué 23 joueurs et 4 gardiens, car plus ou moins ce sera le système de convocation qui sera adopté lors du Mondial.»
Un choix qui confirme que chaque décision prise aujourd’hui s’inscrit déjà dans la projection vers la Coupe du monde. Le sélectionneur veut habituer son groupe aux exigences organisationnelles et sportives d’un tournoi majeur. Sur le plan des hommes, cette liste apporte son lot d’enseignements. Dans la cage, l’apparition du jeune Belazzoug constitue une surprise, alors que Laïdani était pressenti. Il accompagnera Masti mais surtout Mandrea et Zidane dans un groupe élargi. En défense, la présence d’Abada et de Naïr contraste avec l’absence de Mohamed-Amine Tougaï, laissé à disposition de son club afin d’éviter tout risque physique. Belghali est également présent malgré un temps de jeu très limité. Au milieu, Houssem Aouar effectue son retour, tout comme Titraoui, tandis qu’Adem Zorgane est écarté malgré ses performances en Belgique. Aouchiche fait son apparition. Devant, si les noms étaient attendus, la présence de Ghedjemis attire l’attention, tout comme les retours de Chiakha et Amine Gouiri, ainsi que l’arrivée de Benbouali. En revanche, l’absence de Baghdad Bounedjah, mais aussi celles de Bekrar et Berkane, marque une rupture.
«Bounedjah ? Parfois, il faut faire des sacrifices»
Concernant l’absence de Bounedjah, Petkovic a opté pour un discours mesuré : «C’est un choix simple, c’est un joueur qu’on connaît très bien, il a des valeurs sûres, mais pour ce stage, j’ai préféré donner la chance à de nouveaux pour démontrer des qualités qu’on n’a pas vues et travailler pour le futur du football algérien. C’est pour ça aussi que parfois il faut faire des sacrifices, mais comme je l’ai toujours dit, la porte est toujours ouverte en équipe nationale.»
«Le Guatemala et l’Uruguay, il fallait faire une bonne balance»
Le choix du Guatemala a suscité des interrogations, mais le sélectionneur décrit une approche pragmatique, qui vise à exposer les joueurs à des styles variés pour développer leurs capacités d’adaptation : «La première chose, c’est la diversité du style de jeu. On ne peut pas toujours prendre le même style et la même valeur, il faut changer. C’est pourquoi on a choisi la Suède et l’Arabie saoudite, maintenant le Guatemala et l’Uruguay. On ne peut pas prendre deux grands matchs, il faut faire une bonne balance, il faut apprendre à agir et à réagir. Ce n’est pas par hasard que l’Argentine va jouer le Guatemala en mars.»
«Il y a 15 joueurs à côté de cette liste qui pourraient aller aux Etats-Unis»
Au sujet de Belaïli, Petkovic a tenu à replacer le débat dans un cadre plus large : «Il est encore blessé, ce n’est pas seulement lui, il y a 15 joueurs à côté de cette liste qui pourraient participer à cette Coupe du monde ; je souhaite vraiment qu’avant le choix final tous les joueurs soient prêts, et comme ça, pendant une semaine, je ne vais pas dormir.» Le coach laisse donc la porte ouverte, mais la concurrence est féroce. Le sélectionneur insiste sur l’importance de l’état de forme à l’approche des échéances.
«Une hiérarchie en construction chez les gardiens»
Le poste de gardien de but fait l’objet d’une attention particulière, le coach veut mêler continuité et anticipation, avec l’objectif de sécuriser le poste : «C’est assez simple à expliquer, on a fait des évaluations avec les entraîneurs des gardiens de but. Ces gardiens, on les suit depuis beaucoup de temps. Vous avez pensé aussi à Laïdani qui est remplaçant à Modena. Dans la liste élargie que nous avons arrêtée, il y a 10 à 12 gardiens. C’est pour ça que j’ai choisi deux expérimentés et deux jeunes gardiens. De cette façon, on va les voir à l’œuvre et voir leur intégration dans le groupe et le groupe des gardiens, pour pouvoir évaluer leurs qualités. Et nous avons maintenant d’autres gardiens que nous connaissons et qui peuvent se joindre à nous à n’importe quel moment.»
«Un processus clair pour les binationaux»
Le cas de Massolin illustre la ligne directrice du staff : «Même processus entamé avec Maza, Chiakha et maintenant Massolin. Au début, il faut démontrer quelque chose avec leurs clubs où ils jouent. Ils doivent convaincre le staff qu’ils peuvent donner le plus pour l’EN, attendre le bon moment pour profiter de l’occasion qui va s’offrir. On a un groupe très propre qui donne la chance aux joueurs de s’intégrer.» Le message est sans ambiguïté : la sélection se mérite sur le terrain.
«On aura deux mois pour évaluer à 100 % les joueurs»
Sur la gestion sportive du stage, Petkovic a été précis : «Comme tous les matchs de l’EN, ce sont des matchs importants. On mettra la meilleure équipe, la plus solide, qui puisse gagner le match. J’ai des plans pour les premier et second matches. L’envie que j’aie, c’est de donner le plus de minutes aux présents. Ça sera difficile avec 27 joueurs, mais c’est possible. C’est pour ça que les entraînements sur et en dehors du terrain vont être déterminants. Après ce stage, il y aura deux mois pour évaluer à 100 % les joueurs que nous avons dans les plans. Et comme je l’ai dit, j’espère que tout le monde sera apte pour jouer la Coupe du monde. Avant la Coupe du monde, on aura une dizaine de jours pour la préparer et jouer des matchs amicaux, et c’est là qu’on verra la qualité de la préparation.»
«Une richesse de profils à transformer en force collective»
Enfin, Petkovic a conclu sur une note positive, plusieurs joueurs ont rejoint le groupe, la liste élargie est plus importante qu’avant, le coach s’en réjouit : «Sincèrement, je préfère avoir des problèmes de ce type que d’avoir des difficultés à trouver des joueurs. On va évaluer ces nouveaux joueurs de façon à aller à la Coupe du monde avec des joueurs qui vont bien ensemble. On l’a vu aussi au Maroc, la solidité du groupe fait beaucoup la différence.»
S. M. A.
La liste des 27 convoqués :
Gardiens :
K. BELAZZOUG, A. MANDREA,
M. MASTIL, L. ZIDANE
Défenseurs
A. ABADA, R. AÏT-NOURI,
Z. BELAID, R. BELGHALI,
R. BENSEBAINI, M. DORVAL,
A. MANDI, S. NAÏR.
Milieux
H. BOUDAOUI, Y. TITRAOUI,
R. ZERROUKI, H. AOUAR
A. AOUCHICHE, F. CHAÏBI, I. MAZA
Attaquants
M. AMOURA, A. BOULBINA,
F. GHEDJEMIS, A. HADJ MOUSSA,
R. MAHREZ, A. BENBOUALI,
A. GOUIRI, A. CHIAKHA.





