Pour les deux premiers matchs sous l’ère Brahim Hemdani, le premier bilan de la sélection nationale après la victoire sur la Zambie (3-1) et le nul au Burundi (2-2), met en lumière des révélations éclatantes au milieu d’importantes faiblesses défensives et collectives. Voici l’évaluation individuelle des principaux joueurs.
Les satisfactions
Ibrahim Maza : c’est le facteur X et la grande révélation de ce rassemblement. Élu homme du match contre la Zambie avec une prestation stratosphérique (1 but, 1 passe D), il a confirmé son statut de nouveau leader technique. A Bujumbura face au Burundi, sa justesse dans un bloc regroupé a encore fluidifié le jeu. Avec sa créativité et son volume de jeu, il s’impose rapidement comme un élément incontournable du nouveau projet lancé par Brahim Hemdani. En tout cas, ses prestations cette semaine renforcent l’idée qu’il incarne la transition et l’avenir de la nouvelle génération des Verts, dans la lignée des figures majeures ayant marqué la sélection nationale.
Mohamed Bachir Belloumi : très actif en attaque, il a été l’un des rares joueurs à surnager lors de la première mi-temps cauchemardesque face au Burundi. L’ailier de Hull City a pris ses responsabilités alors que l’équipe coulait au premier quart d’heure du match. C’est lui qui sonne la révolte en inscrivant le premier but à la 30e minute, confirmant sa bonne forme et son statut d’arme offensive fiable. Bien que la performance collective face au Burundi ait été mitigée, Mohamed Bachir Belloumi s’est affirmé comme la satisfaction majeure de ce stage. Dans une zone droite très concurrentielle pour l’après-Mahrez, il a prouvé au staff technique national, qu’il avait le niveau et la personnalité pour assumer son lourd héritage familial.
Adil Boulbina : après une entrée jugée intéressante vendredi dernier contre la Zambie (il est impliqué sur le 3e but marqué par Hadj Moussa), il a été titularisé à Bujumbura face au Burundi où il a parfaitement saisi sa chance. Grâce à un coup franc direct magistral (63e), il a permis à l’EN de rentrer à la maison avec un nul inespéré au vu de la physionomie du match. Adil Boulbina prouve encore une fois qu’il sait saisir sa chance de manière spectaculaire (son but décisif contre la RDC en 8e de finale de la CAN 2025 reste gravé dans les mémoires des Algériens). Toutefois si le public et les observateurs saluent son réalisme et sa technique fine dans les petits espaces, on estime, en revanche, qu’il doit encore franchir un cap sur le plan de la régularité et de l’impact physique au niveau international. Durant les matchs où il débute ou il dispose de plus de temps de jeu, son rendement global reste parfois intermittent avant qu’il ne sorte son geste décisif. Néanmoins, pour un joueur issu du réservoir local (il a été formé à Paradou), son efficacité dans les moments de forte pression montre qu’il répond présent dès que sa chance lui est donnée.
Les déceptions
Farès Chaibi : le joueur de Francfort est considéré pour l’un des principaux flops de ce premier rassemblement sous la direction de Brahim Hemdani. Bien que le premier match contre la Zambie ait débouché sur une prestation collective et individuelle acceptable, malheureusement à Bujumbura, il a sombré. Dans ce déplacement, il s’est illustré par un but… contre son camp qualifié de lunaire. Sous le pressing adverse, Chaibi a paniqué et effectué une passe en retrait aveugle beaucoup trop appuyée. Sur une pelouse en synthétique difficile, le ballon a surpris Melvin Mastil pour finir au fond des filets. Cette bévue monumentale a immédiatement plombé le match des Verts. Certes avant de rejoindre le rassemblement, il n’avait pas joué avec son club en raison d’un souci de santé, ce qui a certainement influé sur son rendement avec notamment un manque de fraicheur qui s’est cruellement fait ressentir dans l’intensité des duels au milieu de terrain. Si la défaillance collective est pointée du doigt suite au grand ‘’turn over’’ opéré par le sélectionneur national, l’erreur individuelle de Farès Chaibi reste le symbole des difficultés de la sélection nationale durant ce match à Bujumbura.
Ramy Bensebaini : son association avec Achraf Abada dans l’axe central a cruellement manqué d’automatisme et de sérénité. Fébrile, il a commis une grave erreur défensive sur le deuxième but des Burundais, sa mauvaise relance a directement profité à Jean Claude Girumugisha, qui a intercepté le ballon pour aller battre Melvin Mastil. Cette bourde du nouveau capitaine a lourdement pénalisé l’EN. Les ennuis de Ramy Bensebaini ne s’arrêtent pas à sa prestation mitigée à Bujumbura, le lendemain, des rumeurs persistantes ont circulé sur les réseaux sociaux faisant état d’un accrochage dans le vestiaire avec l’entraineur Brahim Hemdani allant jusqu’à un départ du défenseur de Dortmund du rassemblement et une prétendue retraite internationale. La fédération et des sources internes ont immédiatement nié tout conflit. Le joueur a lui-même publié une story en direct du CTN de Sidi Moussa pour prouver qu’il était bien présent avec le groupe.
Saâdi Redouani : son intégration et ses performances ont essuyé de vives critiques de la part des observateurs et des supporters. Aligné pour pallier les manques défensifs, son rendement n’a pas rassuré. Sa présence sur le terrain, combinée à des choix tactiques comme l’absence d’un véritable milieu récupérateur (n° 6), a grandement fragilisé le bloc défensif, notamment lors de l’entame catastrophique à Bujumbura où les Verts ont encaissé deux buts en 12 minutes.
Jaouen Hadjam : le bilan individuel de Jaouen Hadjam lors de ce rassemblement est contrasté. Affichant deux visages différents, s’il a brillé offensivement contre la Zambie (il a marqué le 1er but), ses lacunes défensives ont été lourdement exposées lors du match face au Burundi. La recrue estivale de Brighton (Angleterre) qui s’impose comme un apport offensif indéniable, son principal point faible demeure son placement défensif, replis laborieux, manque de rigueur dans les duels à des blocs physiques ou rapides en Afrique. S’il veut sécuriser durablement sa place de titulaire inamovible, il devra rapidement corriger son équilibre défensif.
Melvin Mastil : Propulsé titulaire dans la cage en raison de la suspension de Luca Zidane, Melvin Mastil n’a pas saisi à pleines dents sa chance.
Après une première sortie contre la Zambie au stade Hocine Ait-Ahmed relativement tranquille, même s’il ne s’est pas montré décisif sur le seul but des Zambiens dans ce match, en revanche sa prestation contre le Burundi s’avère particulièrement mitigée et décevante. Son mauvais placement initial sur le but marqué contre son camp par Farès Chaibi est pointé du doigt. Avec trois buts encaissés en deux matchs, ses prestations n’offrent pas de garanties de sérénité nécessaire pour bousculer la hiérarchie à l’avenir, d’autant que la défense des Verts a affiché une grande fébrilité lors de ce regroupement.
Amine Chiakha : ce rassemblement a marqué une étape importante avec sa première titularisation en équipe nationale, mais le bilan comptable reste très discret. Malgré le temps de jeu important accordé par le néo-coach national pour s’installer à la pointe de l’attaque, et profiter de l’absence pour blessure du titulaire Amine Gouiri, le jeune attaquant (20 ans) a manqué d’impact. A Bujumbura, il a éprouvé de grandes difficultés à se montrer dangereux et n’a pas réussi à inscrire le moindre but ou à délivrer une passe décisive lors des deux matchs disputés cette semaine. Un manque d’efficacité qui reflète les difficultés collectives à trouver des automatismes offensifs clairs en ce début d’ère Brahim Hemdani. Et pourtant avec son club norvégien de Rosenborg, il affole les compteurs. Il totalise 12 buts et 3 passes décisives en championnat, cette saison. Il est vrai qu’à Rosenborg, le système de jeu est articulé pour le nourrir dans la surface. Ce qui n’est pas le cas en sélection où le collectif se cherche encore et l’entrejeu incapable de l’alimenter proprement face au bloc bas du Burundi. Autre détail qui peut justifier sa petite prestation, mardi : le passage des belles pelouses norvégiennes au terrain en synthétique de Bujumbura et au défi physique de la touffeur africaine demande un temps d’adaptation légitime pour un si jeune joueur.
M. S.




