EN : le Casting est ouvert

Publié le : 30 Septembre 2026 Par : Smail M. A.

 

Le nul (2-2) concédé hier à Bujumbura ne doit pas être seulement considéré comme deux points vendangés. Au-delà du résultat, le match face au Burundi a surtout mis à nu les nombreuses limites d’une équipe qui semblait pourtant avoir les moyens d’enchaîner après sa victoire contre la Zambie. 

 

Le chantier est finalement beaucoup plus vaste qu’on ne le pensait. Avant ce déplacement à Bujumbura, les espoirs étaient grands de voir les Verts confirmer leur succès obtenu vendredi à Tizi Ouzou et repartir avec trois précieux points. Mais la maladresse de notre équipe nationale a rapidement permis aux Burundais de prendre les devants. En douze petites minutes, les locaux avaient déjà inscrit deux buts, profitant surtout des cadeaux offerts par les Algériens. Le destin a voulu que le premier coup de pouce vienne directement de l’EN. La double erreur de Chaïbi et de Mastil, sur le premier but, constitue une faute difficilement pardonnable pour une équipe qui aspire à retrouver son lustre d’antan. Cette offrande a placé les Verts sous pression, avant que Jean-Claude, déjà bourreau du MCA lors d’un précédent match face au Hilal, ne double la mise et confirme que l’Algérie était loin d’être totalement dans son match. Le ballon « donné » gracieusement par Bensebaïni à son vis-à-vis résume à lui seul un après-midi où les Verts ont surtout vendangé deux précieux points. Certes, revenir de 0-2 à 2-2 peut laisser une certaine satisfaction, surtout après avoir été mené par deux buts. Mais pour les plus exigeants, le rendement général doit surtout tirer la sonnette d’alarme.

 

Quelque chose s’est brisée

 

Au moment où l’on pensait que cette nouvelle équipe allait continuer à bâtir sur des acquis déjà en place, les deux premières sorties de l’ère Hemdani ont finalement fait apparaître des signes inquiétants. Les 90 minutes de Bujumbura ont révélé une panne sèche et surtout des signes avant-coureurs d’une rupture qu’il faudra éviter. Le problème ne se limite plus à la défense. C’est dans tous les secteurs qu’il faudra désormais travailler. Le groupe aligné face au Burundi n’a pas totalement rempli sa mission et a laissé place à un doute qui va obliger le staff à élargir son champ de prospection. Le vaste casting dont on parlait déjà pour certains postes devient désormais une nécessité. À une exception près, Maza, égal à lui-même et qui confirme à chacune de ses sorties qu’il possède encore une marge de progression intéressante, les éléments alignés hier ont tous laissé apparaître des carences. Plus inquiétant encore, l’EN manque visiblement de véritables concurrents à plusieurs postes. Et lorsqu’il n’y a pas de concurrence, le rendement finit forcément par s’en ressentir.

 

Des couloirs à revoir

 

Sur le côté droit, Redouani ressemble davantage à un choix par défaut qu’à un élément que le staff compte installer durablement. Le plus inquiétant est qu’il ne dispose pas, pour l’heure, d’un véritable concurrent capable de lui mettre une réelle pression. Même le retour de Belghali ne réglera pas forcément toutes les interrogations et laissera encore un vide à combler. La situation n’est pas très différente à gauche. Hadjam affiche une volonté intéressante et une certaine stabilité, mais l’incident avec Aït-Nouri va forcément poussé le staff à rouvrir le dossier et à chercher un latéral moderne, capable d’apporter davantage dans les deux phases. Le chantier est donc déjà ouvert dans les couloirs. L’EN a besoin de joueurs capables de s’imposer par leurs qualités et non de simples solutions de remplacement.

 

Bensebaïni sous pression

 

L’axe central est incontestablement le secteur qui nécessitera le plus de travail. Après le départ à la retraite de Mandi, beaucoup comptaient sur Bensebaïni pour devenir le patron de cette défense. Mais cette option montre aujourd’hui ses limites. Le début de saison compliqué de Ramy à Dortmund semble se répercuter négativement sur son rendement avec l’EN. Bensebaïni est devenu l’élément le plus exposé de cette défense, d’autant plus qu’il est appelé à évoluer à chaque sortie avec un nouveau partenaire. Cette instabilité ne l’aide évidemment pas, mais elle ne suffit plus à expliquer certaines erreurs individuelles. Avec Touba, la donne pourrait rapidement évoluer. Le staff pourrait également élargir son champ de prospection, même si trouver un bon défenseur central gauche n’est jamais une mission aisée. Une chose est certaine : l’enfant de Constantine devra rapidement se ressaisir et retrouver le niveau qui avait fait de lui une valeur sûre des Verts.

 

Le milieu aussi concerné

 

Au milieu de terrain, le retour de Titraoui est vivement souhaité. Son absence a d’ailleurs pesé dans les choix du staff, qui devra également compter sur le retour de Boudaoui, attendu pour retrouver sa verve. Bentaleb, lui aussi, est appelé à apporter son expérience dès qu’il sera de nouveau disponible. Le casting concernera donc également ce secteur. Chaïbi, de son côté, a perdu des points hier. Son CSC provoqué et une prestation loin de ses meilleures sorties ne plaident pas en sa faveur. Là encore, la concurrence devra être relancée pour permettre au staff de disposer de plusieurs solutions et surtout d’éviter qu’un poste ne soit attribué par défaut.

 

Devant, personne ne s’est imposé

 

L’animation offensive avait laissé entrevoir quelques signes encourageants face à la Zambie. Mais à Bujumbura, les attaquants sont largement passés à côté. Même Chiakha, sur lequel le staff fondait beaucoup d’espoirs, n’a pas réussi à peser comme attendu. Boulbina, malgré son somptueux but, n’a pas davantage livré une prestation qui puisse lui garantir une place.

Amoura, lui, devra encore tout refaire pour s’installer définitivement sur le côté gauche, un couloir resté orphelin depuis la mise à l’écart de Belaïli. Dans ce contexte, l’entrée d’Aouchiche a été saluée. Et lorsqu’on se souvient de ce que l’ancien Parisien avait montré comme ailier gauche la saison dernière à Schalke, on peut légitimement se demander si Hemdani et Anthar Yahia ne seront pas tentés de lui confier ce couloir pour accélérer les choses. À droite, Belloumi arrive, alors que la blessure de Hadj Moussa est tombée au mauvais moment. Ce secteur devra lui aussi servir de terrain d’expérimentation pour trouver des joueurs capables d’installer une véritable concurrence. Enfin, avec Gouiri blessé, Chiakha n’a pas eu de véritable concurrent capable de le pousser à se surpasser. Le retour de Benbouali dans les plans pourrait faire du bien, mais le staff devra encore chercher d’autres solutions.

 

Maza, puis tout reste à faire

 

Au milieu de toutes ces interrogations, Maza apparaît aujourd’hui comme l’un des rares éléments à avoir véritablement gagné des points. Match après match, il confirme ses qualités et donne surtout l’impression de pouvoir encore progresser. Mais autour de lui, beaucoup de questions restent sans réponse. Le constat est donc clair : le staff doit désormais lancer un nouveau casting et chercher des profils capables de renforcer l’équipe dans pratiquement tous les secteurs. La mission s’annonce délicate, mais les prochaines dates FIFA devront servir à avancer dans cette quête.

La fenêtre de septembre-octobre, particulièrement longue, aura permis à Hemdani et Anthar Yahia d’observer plusieurs joueurs. Les prochaines fenêtres seront beaucoup plus courtes, avec seulement une semaine pour travailler. Il faudra donc prendre des risques, tester de nouveaux profils et surtout ne pas attendre que les problèmes deviennent irréversibles.

Car après deux matches, le plus important n’est finalement pas seulement de savoir qui sera titulaire demain. Il s’agit désormais de savoir qui est réellement capable de s’inscrire dans la durée avec cette nouvelle équipe nationale.

S. M. A.