NAHD : Bousbia, les raisons d’un échec

Publié le : 11 Octobre 2026 Par : Mohamed A.

Quatre matchs et puis s’en va ! L’aventure d’Abdenour Bousbia à la tête du Nasria a finalement tourné court. 

 

Avec un bilan famélique d’une seule victoire pour trois défaites en quatre rencontres, le désormais ex-entraîneur nahdiste a fini par être remercié par la direction du club, qui lui avait pourtant accordé une ultime chance à l’occasion du déplacement à Oued Rhiou, face à l’IRBSMB. Une occasion que le technicien n’a pas su saisir, précipitant ainsi son départ. Mais au-delà des résultats, plusieurs facteurs expliquent cet échec. De la gestion du vestiaire aux choix tactiques, en passant par le manque de discipline et les insuffisances de la préparation estivale, retour sur les quatre principales raisons qui ont conduit Bousbia vers la sortie.

 

Un vestiaire qui lui a échappé

 

La première raison de cet échec réside incontestablement dans l’incapacité de Bousbia à prendre véritablement les commandes de son groupe. Appelé à bâtir une équipe soudée et à fédérer ses joueurs autour de son projet de jeu, le technicien n’a jamais réussi à instaurer la cohésion espérée. La mayonnaise n’a tout simplement pas pris, et la relation entre l’entraîneur, son staff et les joueurs est demeurée beaucoup trop distante. Faute d’avoir réussi à instaurer une véritable dynamique collective, Bousbia n’est jamais parvenu à donner une identité claire à son équipe, qui a progressivement sombré dans le doute au fil des rencontres.

 

Une discipline laissée au second plan

Autre défaillance majeure : le manque d’autorité sur le plan disciplinaire. Pilier essentiel de la réussite d’un collectif, la discipline n’a manifestement pas constitué une priorité suffisante sous l’ère Bousbia. Rencontre après rencontre, les joueurs nahdistes se sont illustrés par des comportements contestables, sans que des mesures dissuasives soient réellement prises par le staff technique. Le derby perdu face au RC Kouba en a été une illustration frappante, le Nasria ayant notamment payé son excès de nervosité face à un encadrement qui n’a pas su reprendre la situation en main. Les chiffres sont d’ailleurs éloquents : en seulement quatre matchs, le club a cumulé près de 60 millions de centimes d’amendes, essentiellement pour contestations des décisions arbitrales et comportements inappropriés envers les officiels. Un bilan qui traduit un sérieux déficit de maîtrise et pose clairement la question de la gestion du groupe par l’ancien entraîneur.

 

Des choix qui ont semé la confusion

 

Sur le plan technico-tactique, Bousbia n’a pas non plus réussi à convaincre. En quatre rencontres, le coach nahdiste n’a jamais reconduit deux fois de suite le même onze de départ, multipliant les changements sans parvenir à dégager une équipe-type. Si la recherche de solutions peut justifier certains ajustements, leur répétition a fini par brouiller les repères d’un groupe déjà en manque de confiance. Le technicien s’est progressivement emmêlé les pinceaux, sans trouver la bonne formule ni les mécanismes capables de rendre son équipe plus cohérente et plus performante. Cette instabilité dans les choix n’a fait qu’accentuer les difficultés du Nasria, incapable de trouver une véritable continuité dans ses prestations.

 

Une préparation estivale insuffisante

 

Enfin, les insuffisances de la préparation estivale figurent également parmi les facteurs avancés pour expliquer ce début de saison raté. Selon des témoignages recueillis en off auprès de certains joueurs, le travail effectué durant l’intersaison, notamment lors du stage de Ben Aknoun, serait resté en deçà des exigences requises. Ces mêmes sources évoquent une préparation qui se serait limitée au strict minimum, alors que le groupe avait besoin d’un travail conséquent pour aborder la compétition dans les meilleures conditions. À cela s’ajoute le nombre jugé insuffisant de matchs amicaux disputés durant l’intersaison, qui n’aurait pas permis de renforcer suffisamment les automatismes et la cohésion collective. Autant de lacunes qui, conjuguées aux problèmes de gestion et aux choix contestés de Bousbia, ont fini par précipiter la chute du technicien. Au final, son passage à la tête du staff technique du Nasria aura été aussi bref que décevant, laissant derrière lui de nombreuses interrogations sur les raisons profondes du naufrage nahdiste.

M. A.