Après deux jours de calme plutôt trompeur, le climat s’est de nouveau alourdi au sein du club nahdiste. Une nouvelle situation conflictuelle a éclaté, opposant cette fois plusieurs joueurs à la direction. Au cœur du différend : un problème financier, encore une fois. Cela remonte à la veille du match de Coupe d’Algérie face à la JSM Béjaïa, où les joueurs avaient perçu environ 30 % d’une mensualité.
La direction s’était alors engagée à compléter le montant restant avant l’entame du mois sacré, promettant une régularisation dès l’entrée des fonds des sponsors dans les caisses du club. Certes avec quelques jours de retard, la direction a fini par honorer sa promesse. L’opération de régularisation s’est déroulée mardi dernier au complexe Bensiam. Sur le papier, tout semblait donc rentrer dans l’ordre. Mais dans les faits, la situation a rapidement pris une autre tournure.
Au moment de percevoir leur dû, certains joueurs ont ouvertement exprimé leur mécontentement. La scène a donné lieu à des accès de colère jugés surréalistes par des témoins présents sur place. Plus surprenant encore, ces incidents se sont produits en l’absence des dirigeants du club, brillants par leur absence lors de cette opération pourtant sensible. Une situation qui n’a fait qu’amplifier le malaise ambiant et raviver les tensions internes. Le NAHD replonge ainsi dans une zone de turbulences, à deux jours seulement d’un match important face au Ghali de Mascara.
Harrag a quitté la séance avant son entame
La première mèche de cette nouvelle crise interne a toutefois été allumée par Chamsseddine Harrag. Arrivé à l’entraînement dans un état d’esprit radieux, le capitaine nahdiste s’est présenté au bureau de l’administration afin de s’assurer que l’opération de régularisation financière aurait bien lieu à l’issue de la séance. Confirmation lui a été donnée. Mais le ton a rapidement changé.
Le milieu de terrain a alors été informé qu’il ne faisait pas partie des joueurs concernés par cette opération, pour des raisons qui lui auraient été communiquées sur place. Une annonce qui a eu l’effet d’une véritable déflagration. Pris d’une vive colère, Harrag a immédiatement plié bagage, sans même prendre part à l’entraînement collectif. Un départ fracassant qui a officiellement lancé les hostilités, et ce avant même le début de l’opération de régularisation.
Benchoucha monte au créneau
Privé de son capitaine, le groupe nahdiste a entamé sa séance d’entraînement dans un climat apparemment apaisé. Malgré le départ en colère de Chamsseddine Harrag, les joueurs ont mené leur travail sans incident notable, et tout laissait penser que la tempête était passée. Mais le calme n’était qu’illusoire. À la fin de l’entraînement, l’ensemble de l’effectif s’est dirigé vers le bureau de la direction afin de récupérer les enveloppes promises. Tour à tour, les joueurs ont perçu leur dû, à une exception près : le buteur maison, Mohamed Saïd Benchoucha.
Après avoir pris connaissance du montant qui lui était attribué, l’attaquant, visiblement hors de lui, a tout simplement restitué son enveloppe. Selon les informations recueillies, la colère de Benchoucha trouverait son origine dans une promesse non tenue par les dirigeants nahdistes. Au moment de son engagement avec le club, le joueur aurait accepté de percevoir une mensualité en moins par rapport à ses coéquipiers, avec l’assurance d’être aligné sur le groupe avant la fin de l’année 2025. Convaincu que cet engagement serait respecté, Benchoucha s’attendait cette fois-ci à toucher deux mensualités au lieu d’une. Mais à sa grande déception, la direction ne lui aurait accordé qu’une portion de salaire, ravivant un sentiment d’injustice et provoquant une réaction immédiate.
D’autres joueurs étaient également très mécontents
La colère ne s’est pas limitée au seul cas de Mohamed Saïd Benchoucha. D’autres joueurs ont également affiché leur mécontentement quant aux montants perçus. Selon plusieurs sources, la direction aurait procédé à certaines ponctions sur les salaires de quelques éléments de l’effectif, une décision qui a été très mal accueillie par les concernés. L’absence des dirigeants au moment de la distribution des enveloppes n’a fait qu’envenimer la situation. Se sentant lésés et livrés à eux-mêmes, plusieurs joueurs ont tenté de joindre par téléphone le président Hanied afin d’obtenir des explications. En vain. Le premier responsable du club n’a répondu à aucun appel, accentuant davantage le sentiment de frustration et d’abandon. Face à ce silence, la tension est montée d’un cran. Certains joueurs ont brandi la menace de ne plus remettre les pieds à l’entraînement, tandis que d’autres ont quitté le complexe Bensiam avec des adieux lourds de sens, laissant planer le doute sur leur avenir immédiat au sein du club.
M. A.





