Smaïl Diss a marqué de son empreinte son passage à l’Entente de Sétif. Arrivé en 2009 en provenance de l’USMB, il y passe presque quatre ans, couronnés de deux titres de champion d’Algérie, deux Coupes d’Algérie, deux trophées de la Coupe de l’UNAF et une finale de la Coupe de la CAF.
Contacté hier par nos soins pour nous donner son point de vue sur l’actualité du club phare d’Aïn El Fouara, il s’est déclaré peiné par ce que vit l’équipe chez laquelle il a passé les meilleurs moments de sa carrière, déclare-t-il d’emblée : « Que voulez-vous que je vous dise ? Je suis sincèrement triste de ce qu’endure l’ESS cette saison. À mon humble avis, si ce n’était des circonstances favorables, je pense que l’équipe serait maintenant dans une position de relégable sans que personne ne trouve à redire. C’est navrant de voir un club de telle envergure, qui possède une vingtaine de titres toutes compétitions confondues, devenir ce qu’il est maintenant. »
Avant d’ajouter que l’instabilité qui a caractérisé l’effectif et le staff technique a beaucoup pesé sur les performances du groupe, car « ce n’est pas normal qu’on change à chaque fois une dizaine de joueurs, dont certains ne méritent pas de porter le maillot d’une équipe comme l’ESS, avec tout le respect que je leur dois. Il y a aussi le problème des entraîneurs, car, si je ne me trompe pas, entre l’année dernière et cette saison, il y a eu presque dix entraîneurs qui sont passés. C’est énorme et cela influe aussi bien sur le plan financier que technique. C’est vrai que le groupe Sonelgaz a apporté une certaine stabilité dans la gestion administrative et financière du club en réglant, par exemple, les dettes qui se sont accumulées au fil des années, mais sur le plan technique, il y a eu certaines erreurs dans le choix, par exemple, de ceux qui étaient censés faire le recrutement, dont certains anciens joueurs du club qui sont passés franchement complètement à côté, alors qu’ils avaient l’expérience et le savoir pour faire mieux. Le comble, c’est qu’ils ont tout nié en affirmant qu’ils n’étaient pas responsables. C’est ce qui a compliqué un peu plus la situation de l’équipe. »
« La stabilité, l’une des clés de la réussite »
Dans la foulée, le joueur natif de Mostaganem, qui compte onze sélections avec les Verts, estime qu’il faudra mettre cette saison aux oubliettes et tirer les enseignements nécessaires afin de ne plus revivre des situations pareilles à l’avenir : « Ce n’est pas pour leur jeter des fleurs, mais des anciens dirigeants comme Serrar ou Hammar peuvent apporter un plus dans la gestion technique de l’équipe, même à titre de conseillers. Ce sont des gens qui ont marqué leur passage aux commandes du club et qui ont, en plus, gagné plusieurs trophées sur les plans local et continental. Je pense, en outre, qu’il faudra aux responsables du groupe Sonelgaz mettre en place une stratégie qui repose sur l’installation d’une direction sportive compétente, capable de bâtir une équipe solide et conquérante, et ce, pour tenter de redorer le blason du club. Ce n’est pas demander la lune, mais c’est plutôt un objectif réalisable dans une région où il existe des traditions et où l’on respire le football. Avec, en outre, une stabilité dans la composante humaine de l’équipe, je suis persuadé que, tôt ou tard, l’ESS reviendra au sommet. »
Pour finir notre discussion, Smaïl a tenu à appeler les supporters sétifiens à rester derrière leur équipe jusqu’à la fin de la saison, tout en souhaitant qu’ils puissent goûter à la joie des consécrations dans un avenir proche.
« Comme je viens de vous le dire, à Sétif, on respire le football. L’ESS a toujours des fans fidèles qui ne laissent jamais tomber leur équipe, quelles que soient les circonstances. D’ailleurs, ils ont une grande part dans le sauvetage de l’équipe de la relégation. Je souhaite de tout cœur qu’ils ne revivent plus les moments difficiles qu’ils ont connus cette saison. J’espère aussi que les choses iront dans le bon sens à l’avenir et qu’on reverra vite l’ESS à la place qui lui sied », conclut-il.
F. R.




