EN : ce que changerait l'arrivée de Félix Sánchez

Publié le : 9 Août 2026 Par : Smail M. A.

Si son arrivée venait à être officialisée, Félix Sánchez Bas ne débarquerait pas en terrain totalement inconnu. L’Espagnol possède une identité tactique bien définie, construite notamment durant son long passage à la tête de la sélection qatarie et, plus récemment, avec Al-Sadd. 

Il s’est régulièrement appuyé sur une défense à trois axiaux, avec des variantes en 3-4-3 et en 3-5-2. Un système qui pourrait particulièrement bien correspondre à la situation actuelle de la sélection algérienne. Depuis plusieurs années, Les observateurs réclament le passage à une défense à trois afin de mieux exploiter certaines qualités de l’effectif et de renforcer un secteur qui a régulièrement montré ses limites. Petkovic avait fini par tester cette formule, notamment lors d'un ou deux matchs amicaux, avec des résultats plutôt encourageants. Mais au moment où il fallait faire des choix forts durant la Coupe du monde, le technicien suisse a finalement privilégié une autre approche, avec les conséquences que l’on connaît.


L’arrivée de Sánchez pourrait donc constituer une véritable rupture sur le plan tactique, d’autant plus que la retraite internationale d’Aïssa Mandi ouvre une nouvelle page dans l’axe défensif. La hiérarchie va être redistribuée et un système à trois défenseurs pourrait permettre de mieux exploiter les profils disponibles, tout en offrant davantage de couverture aux latéraux.

 

Le modèle qatari

 

Avec le Qatar, Sanchez disposait de joueurs parfaitement adaptés à son animation. Son équipe avait notamment des éléments offensifs capables de se projeter rapidement et de faire très mal dans les transitions. Akram Afif constituait évidemment l’une des principales armes de ce système, aux côtés notamment d’Hassan Al-Haydos, Almoez Ali ou encore de Muntari. Derrière, il pouvait également compter sur un axe complémentaire avec Boualem Khoukhi et des joueurs expérimentés comme Karim Boudiaf devant la défense. Cette organisation lui permettait de maintenir un équilibre entre solidité, densité au milieu et explosivité dans les derniers mètres.
Le jeu de transition demeure justement l’une des caractéristiques de Sanchez.

 

À la récupération, ses équipes cherchent à se déployer très rapidement et à profiter de la vitesse de leurs joueurs offensifs. Le profil d’Afif constituait à ce titre une arme idéale. Or, certaines similitudes existent aujourd’hui avec la sélection algérienne. Les Verts disposent eux aussi d’une ligne offensive riche, capable de faire des différences dans les espaces. Mohamed-Amine Amoura, Anis Hadj Moussa, Bachir Belloumi ou encore Boulbina et Ghedjemis, les jeunes qui frappent à la porte offrent plusieurs possibilités dans ce registre. Reste à savoir si Sanchez parviendra à exploiter cette richesse offensive qui, ces derniers temps, n’a pas toujours été utilisée à son plein potentiel.

 

Bounedjah, le grand gagnant ?

 

Dans cette nouvelle configuration, un nom revient forcément : Baghdad Bounedjah. L’attaquant oranais possède un avantage considérable, celui d’être parfaitement connu par Félix Sánchez. L’Espagnol l’a vu à l’œuvre, durant son passage à la tête de la sélection qatarie et connaît donc parfaitement ses qualités, son tempérament, son profil de joueur de surface et surtout sa capacité à peser sur une défense. Le paradoxe est que Sanchez n’a jamais réellement pu travailler avec Bounedjah à Al-Sadd. Arrivé à la tête du club en juillet 2024, l’Espagnol a pris ses fonctions au moment où l’attaquant algérien quittait justement le club pour rejoindre Al-Shamal. Après avoir caressé le rêve de pouvoir composer avec lui en sélection, Sanchez l’a donc également « manqué » à Al-Sadd.


Atal et Bounacer

 

Il ne fait toutefois guère de doute qu’il connaît parfaitement le « rouleau compresseur » oranais et ses performances. Dans un système à deux attaquants comme le 3-5-2, ou même dans un 3-4-3 avec un avant-centre capable de fixer les centraux et de libérer les espaces pour les joueurs de côté, le profil de Bounedjah peut redevenir particulièrement intéressant. Sanchez a, en revanche, eu sous ses ordres deux internationaux algériens à Al-Sadd .

 

Youcef Atal et Abdessamad Bounacer. Leur présence dans son effectif qatari pourrait toutefois avoir une influence limitée sur la prochaine liste des Verts. Atal, malgré son talent et son expérience, peine encore à relancer durablement sa carrière, notamment en raison de blessures à répétition et d’une certaine instabilité. Quant à Bounacer, il aurait, selon les informations disponibles, décidé de ne plus représenter la sélection nationale.

 

Une jeunesse encadrée

 

L’autre particularité du profil de Sanchez réside dans son rapport aux jeunes joueurs. Avant de s’installer en sélection A ou au Sadd, l’Espagnol a travaillé à l’Aspire Academy et avec les différentes sélections de jeunes du Qatar. Il connaît également l’environnement de la formation, notamment à travers son expérience dans les structures de jeunes du FC Barcelone. Cette orientation explique en partie l’intérêt porté à son profil par la FAF. L’idée pourrait être de construire une sélection rajeunie, mais suffisamment encadrée par des joueurs d’expérience. Dans ce cadre, les Chiakha, Belloumi, Hadj Moussa, Ghedjemis et les autres jeunes talents pourraient bénéficier d’un espace plus important pour s’exprimer.

 

Mais cette jeunesse aura besoin de repères. Et c’est là que le retour de Bounedjah pourrait prendre tout son sens. Après avoir été écarté de manière très contestée par Petkovic pour le Mondial, l’ancien buteur d’Al-Sadd pourrait avoir une véritable occasion de revenir en sélection et, pourquoi pas, de sortir par la grande porte. Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite par la FAF concernant la nomination de Félix Sanchez. Mais si la tendance actuelle se confirme, son arrivée pourra ouvrir une nouvelle ère chez les Verts, pas seulement être celle d’un changement d’entraîneur, mais aussi celle d’une remise à plat des choix sportifs. Le système de jeu, la gestion des cadres, l’intégration des jeunes et la concurrence à tous les postes devront être pensés avec une seule priorité : améliorer le rendement de la sélection.

S. M. A.