EN : Plouf, plouf, plouf… ce sera toi qui finiras à Kansas City

Publié le : 16 Juin 2026

Première, deuxième ou troisième place ? À l'heure où le Mondial nord-américain s'ouvre, le Groupe J transforme chaque café d'Alger et chaque dîner de famille en colloque de probabilités. Décryptage des chemins possibles des Fennecs. 

 

La Coupe du monde organisée en Amérique du Nord a commencé pour notre sélection nationale, et déjà les débats dignes de mathématiciens probabilistes animent les cafés et les dîners familiaux : quelle est la place idéale de l'équipe d'Algérie dans son groupe J ?

Car le « groupe des triple A » : Algérie, Argentine, Autriche (à croire que l'algorithme de tirage de la FIFA a bugué au moment de la cérémonie de Washington)  est l'un des plus difficiles à pronostiquer. Le verdict ne tombera qu'au terme du dernier match des Fennecs, le 27 juin (dans la nuit du 27 au 28 en heure algérienne), à l'Arrowhead Stadium de Kansas City. Une enceinte que les Verts connaîtront déjà par cœur : c'est là qu'ils auront lancé leur tournoi face à l'Argentine, le 17 juin, avant d'affronter la Jordanie au Levi's Stadium de San Francisco le 23.

 

Premier, deuxième ou troisième ?


Certains avancent qu’une troisième place offrirait un tableau plus favorable pour la suite de la compétition. Quelques médias français, notamment RMC Sport, vont même jusqu’à spéculer sur un scénario où l’Algérie et l’Autriche reproduiraient le fameux « match de la honte », comme un clin d’œil de l’histoire.

Cette lecture paraît toutefois largement artificielle. Elle repose sur des projections hasardeuses et sur l’idée discutable qu’une sélection puisse volontairement viser une position moins favorable sur le papier pour optimiser son parcours. À ce niveau de compétition, raisonner en termes de calculs de classement avant même la fin de la phase de groupes relève davantage du débat médiatique que de la réalité du terrain.

Plusieurs estiment qu'une place de troisième nous placerait en meilleure posture pour une suite plus prenable dans les phases finales. Cette idée séduisante d’apparence se heurte pourtant à la mécanique du nouveau format à 48 équipes. Dans ce Mondial, les deux premiers de chaque groupe et les huit meilleurs troisièmes accèdent aux seizièmes de finale. Or les places ne se valent pas, et le détail compte :

     Finir premier, c'est affronter le deuxième du Groupe H, à Miami : sur le papier, l'adversaire le plus abordable des deux cas

     Finir deuxième, c'est hériter du vainqueur du Groupe H, à Los Angeles : c'est-à-dire, très probablement, l'Espagne.

     Finir troisième, c'est devoir d'abord franchir le couperet des « huit meilleurs troisièmes »puis tomber sur le vainqueur d'un groupe (B, D, G, K ou L). Autrement dit, non pas un deuxième, mais une tête de série : Portugal, Angleterre, Belgique, États-Unis ou Suisse selon les cas.

Le Groupe H, ce voisin imprévisible

Finir premier nous garantit donc d'affronter le deuxième du Groupe H. Sauf que la hiérarchie y vacille déjà. Favorite annoncée, l'Espagne a calé d'entrée : 0-0 contre le Cap-Vert, le 15 juin à Atlanta, où le gardien capverdien Vozinha a tenu tête à la Roja.

La championne d'Europe en titre pourrait donc, à son tour, glisser à la deuxième place si elle trébuchait de nouveau face à l'Arabie saoudite, le 21 juin, sur cette même pelouse du Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta. Le scénario n'a rien d'absurde : les Saoudiens, déjà accrocheurs (1-1 contre l'Uruguay en ouverture), ont le souvenir encore frais de leur exploit contre l'Argentine en 2022.

Et si c'est la troisième place ?

Si les Fennecs devaient se faufiler par la petite porte, leur destination dépendrait entièrement d'une table d'attribution de la FIFA et donc de la combinaison des groupes qui placeront un troisième parmi les huit qualifiés. Cinq villes, cinq adversaires possibles

Concrètement, une qualification en tant que troisième pourrait renvoyer l'Algérie à Vancouver (face au vainqueur du Groupe B : Canada, Suisse, Qatar ou Bosnie-Herzégovine), à San Francisco (Groupe D : États-Unis, Paraguay, Australie ou Turquie), à Seattle (Groupe G : Belgique, Égypte, Iran ou Nouvelle-Zélande), à Atlanta (Groupe L : Angleterre, Croatie, Ghana ou Panama) ou, comble du clin d'œil, de retour à Kansas City (Groupe K : Portugal, Colombie, RD Congo ou Ouzbékistan). « Plouf, plouf, plouf… »

 

K.A.S, depuis Kansas City