Malgré la défaite concédée face à l’Argentine, Vladimir Petkovic a affiché un discours lucide et serein en conférence de presse.
Le sélectionneur national a reconnu la supériorité de l’adversaire tout en insistant sur la nécessité de tirer les enseignements de cette rencontre et de rester concentré sur les deux prochains rendez-vous du groupe.
«On a laissé des espaces à Messi»
Invité à commenter la prestation exceptionnelle de Lionel Messi, auteur d’un nouveau récital sous le maillot argentin, le technicien bosniaque n’a pas caché son admiration pour le champion du monde. «C’est un joueur particulier, on ne parle pas d’un joueur normal mais d’un footballeur qui a été distingué meilleur joueur du monde sept ou huit fois. Malheureusement, nous l’avons aidé lors des premier et second buts. On a commis quelques erreurs et lui avons offert quelques espaces qui lui ont permis de scorer. Mais on sait tous que Messi, grâce à son calme et sa clairvoyance intellectuelle, rend facile tout ce qui semble difficile même dans les moments difficiles. C’est un vrai leader pour son équipe. Il a cette capacité incroyable de mobiliser spontanément tous ses coéquipiers qui se mettent tous à jouer pour lui. Cela dure depuis des années, il n’arrête pas de surprendre et de réaliser des miracles. Il suffit de relever que l’Argentine a tiré au but une dizaine de fois et, dans la plupart des fois, c’était Messi qui en était le principal artilleur. A l’occasion, je félicite la sélection argentine pour son succès qu’elle a amplement mérité.»
«Luca Zidane ? On a laissé l’adversaire tirer en toute liberté»
Interrogé ensuite par un des envoyés spéciaux de Compétition sur la responsabilité éventuelle de Luca Zidane sur les buts encaissés, notamment le premier signé Messi, Petkovic a refusé de pointer du doigt son gardien de but, préférant évoquer les erreurs collectives commises par son équipe. «Accuser un joueur en particulier n’est pas dans mon style. Il est vrai que nous avons fait quelques erreurs dans certaines situations et qu’on a laissé des espaces à 16 et 18 mètres du but. On a laissé l’adversaire tirer en toute liberté. Cela étant, on doit mettre en évidence que nous avons joué contre une adversaire qui sait exploiter les moindres petites opportunités. On a encaissé trois buts sur des frappes hors de la surface de réparation et cela tient également de la valeur de note vis-à-vis. Il est vrai qu’on a une part de responsabilité, mais on doit l’accepter et travailler avec rigueur. On doit prendre cette rencontre comme une leçon et en apprendre les enseignements. Ce match n’est pas le plus important pour nous. Il y a deux autres matches qui nous attendent durant cette phase de groupe et nous devons imposer le jeu et réduire la dangerosité de l’adversaire. L’Argentine a gagné et Messi a livré une prestation extraordinaire.»
«L’Argentine est vraiment une grande équipe»
Le sélectionneur national a également rendu hommage au travail réalisé par Lionel Scaloni à la tête de l’Argentine, soulignant la qualité collective d’une sélection qui continue d’impressionner. «L’Argentine est une grande équipe, il n’y a pas de doute à ce sujet. Sa possession du ballon, la précision de passe de ses joueurs, sa maîtrise impeccable du jeu, sa vitesse d’exécution et son jeu propre font que cela ne laisse pas grand-chose à l’adversaire qui n’a plus beaucoup de moyens pour lui mettre la pression. Durant les quinze dernières minutes de la première mi-temps, les quinze premières minutes de la seconde aussi, nous avons réussi à nous procurer quelques occasions. Mais pour aller plus loin, il faut que tous les joueurs soient dans leur meilleure forme et que le niveau de l’adversaire régresse quelque peu. Quand l’Argentine est dans son jour, elle évolue à un niveau totalement différent.»
«On doit réduire nos erreurs»
Au-delà du résultat, Petkovic retient surtout les enseignements qui devront permettre aux Verts de rebondir lors des prochaines sorties. «Le plus important est de garder la confiance et se convaincre qu’on a les capacités de livrer une prestation meilleure et qu’on en a vraiment les capacités. On ne doit pas baisser les bras en raison des trois buts encaissés car, à y voir de près, l’Argentine ne s’est pas créée des situations dangereuses dans notre surface de vérité. On doit être plus équilibrés et plus rapides dans l’exécution de notre jeu. Aussi, le niveau de notre adversaire au premier match sera différent de ceux des deux matches suivants. Cela nous autorise à envisager des prévisions différentes. Cela nous donne aussi plus de confiance. Nous savons que nous pouvons présenter un niveau bien meilleur, de réduire nos erreurs et montrer un visage qui sied plus à notre vraie valeur.»
«Aucun regret dans les choix des joueurs»
Questionné sur ses choix de départ, notamment concernant Hicham Boudaoui, Luca Zidane ou encore Anis Hadj Moussa, le coach a défendu ses décisions. Il s’agissait d’une autre question posée par un des envoyés spéciaux de Compétition. «Non, aucun regret car je prends mes décision avant le match en me fiant sur ce que je vois à l’entraînement et durant les rencontres de préparation. J’estime avoir fait les bons choix et pris les bonnes décisions. Aussi, il ne faut pas perdre de vue la valeur de l’adversaire, mais aussi la possibilité d’effectuer des changements en cours de match, comme cela se produit d’habitude. Mais, cette fois, la grande différence avait trait à la qualité de l’adversaire et son grand niveau.»
«Les deux autres équipes vont aussi affronter l’Argentine…»
Enfin, malgré l’importance du prochain rendez-vous face à la Jordanie, Petkovic refuse de parler de pression. «Non, je ne le crois pas car nous avons joué un match très difficile. Il n’était pas très prévisible de prendre des points. Les autres sélections du groupe vont devoir, elles aussi, affronter cet adversaire et nous avons toujours notre destin en main. Il nous est encore possible de décider de notre sort nous-mêmes.» En somme, pour le sélectionneur national, la défaite contre l’Argentine ne doit pas remettre en cause les ambitions des Verts, qui conservent toutes leurs chances de qualification avant les deux dernières journées du groupe. Entre-temps, les critiques n’épargneront pas Vladimir Petkovic premier mis à l’index par les inconditionnels des Verts…
H. D.





