Alors que son retour sur les terrains est attendu d’un moment à l’autre, c’est dans un autre registre que le nom de l’attaquant de l’EN vient d’être cité. L’affaire Youcef Belaïli avec l’AC Ajaccio prend une tournure de plus en plus complexe et pourrait avoir des conséquences sportives majeures pour l’international algérien.
Selon des sources qataries, la FIFA aurait décidé d’infliger une suspension d’un an à l’ailier de 33 ans dans le cadre d’un litige financier remontant à son passage à l’AC Ajaccio et lié à la résiliation de son ancien contrat avec le club saoudien d’Al-Ahli. À l’origine du dossier, un accord conclu entre Belaïli et Al-Ahli pour mettre fin de manière unilatérale à son contrat. Le joueur s’était alors engagé à verser 1,5 million d’euros au club saoudien afin de solder cette rupture. Une partie de cette somme avait été réglée après son transfert au Qatar, mais il restait encore un montant de 380 000 euros à payer. C’est dans ce contexte que Belaïli aurait trouvé un arrangement avec l’AC Ajaccio. Selon la version présentée par le joueur, le club corse aurait accepté de prendre en charge ce reliquat en le versant directement à Al-Ahli sous forme de trois échéances. Pour appuyer sa démarche, Belaïli aurait transmis à la FIFA un document au format PDF attestant de l’existence d’un protocole d’accord entre Ajaccio et le club saoudien concernant le règlement de cette somme.
Pluie de plaintes
Mais cette version a rapidement été contestée par les dirigeants ajacciens. Le club français a exprimé de sérieux doutes sur l’authenticité du document produit, notamment en raison du cachet qui y figure. Estimant qu’il pourrait s’agir d’une falsification, l’AC Ajaccio a déposé plainte et dénoncé un document « manifestement frauduleux ». Dans une lettre adressée en septembre 2025 au président de la FIFA, Gianni Infantino, les responsables du club corse ont même évoqué une « escroquerie organisée » susceptible de mettre en péril l’équilibre financier de l’institution. Ils y expliquent notamment qu’Al-Ahli aurait officiellement démenti l’existence d’un tel accord et précisé que la personne présentée comme signataire n’a jamais exercé de fonction officielle au sein du club saoudien. L’ancien directeur général de l’AC Ajaccio, Alain Caldarella, dont le nom apparaît également dans le document, a lui aussi rejeté toute implication. Il affirme n’avoir jamais signé un tel protocole et a déposé une plainte pour faux et usage de faux.
Cachet falsifié
Les dirigeants ajacciens ont par ailleurs souligné une incohérence majeure : si un tel accord avait réellement existé, il aurait nécessairement été évoqué lors de la procédure initiale devant le Tribunal arbitral du sport en 2023. Or, à cette époque, Al-Ahli avait poursuivi le joueur lui-même et non le club corse.
Face à ces éléments, la FIFA s’est penchée sur le dossier et aurait finalement estimé que le cachet figurant sur le document transmis dans la procédure avait été falsifié. Cette conclusion aurait conduit l’instance mondiale à prononcer une suspension d’un an à l’encontre du joueur, l’empêchant de participer à toute compétition officielle durant cette période, que ce soit avec son club ou avec une sélection nationale.
Cette décision intervient dans un contexte déjà délicat pour Belaïli. En novembre 2025, l’ailier algérien avait été victime d’une rupture des ligaments croisés du genou droit lors du derby tunisien entre l’Espérance de Tunis et le Club Africain. Sorti blessé dès la 21e minute de jeu, il avait entamé une longue période de rééducation. Aujourd’hui, le joueur poursuit toujours ce travail de récupération. Les derniers examens médicaux effectués se sont révélés encourageants et pourraient lui permettre de reprendre prochainement l’entraînement. Belaïli espère même pouvoir participer à une éventuelle demi-finale de la Ligue des champions africaine, si l’Espérance de Tunis parvient à éliminer Al-Ahly en quart de finale.
Gros risques
À 33 ans, Belaïli totalise 58 sélections et 10 buts avec l’équipe nationale d’Algérie. Joueur imprévisible et souvent décisif dans les grands rendez-vous, il reste l’un des talents les plus singuliers de sa génération. Mais cette nouvelle affaire judiciaire pourrait désormais assombrir son horizon, notamment à l’approche de la Coupe du monde 2026, dont le coup d’envoi est prévu le 11 juin. Si la suspension venait à être confirmée, sa participation au tournoi avec l’Algérie partirait en fumée, lui qui fait déjà face à la colère du sélectionneur Petkovic, peu chaud à l’idée de l’emmener aux États-Unis et devoir gérer ses sautes d’humeur. En attendant la publication officielle de la décision et de ses motivations détaillées, une nouvelle bataille juridique semble déjà se profiler. Belaïli pourrait tenter de contester la sanction devant le Tribunal arbitral du sport. Dans un dossier où se mêlent procédures sportives et plainte pénale, l’affaire est loin d’avoir livré son dernier épisode.
S. M. A.





