Petkovic : “Un test révélateur à tous les niveaux”

Publié le : 3 Juin 2026

À la veille du match amical face aux Pays-Bas, prévu ce soir à 19h45 à Rotterdam, Vladimir Petkovic a affiché un mélange de respect et d'ambition lors de sa conférence de presse d'avant-match. 

 

À quelques jours du début de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur national considère cette confrontation comme un excellent test pour jauger le niveau réel de son équipe face à l'une des références du football européen. Le technicien bosnien ne cache pas l'ampleur du défi qui attend ses joueurs. « C'est clair que ce sera un adversaire de grandes qualités. Les Pays-Bas ont de nombreuses qualités que nous avons étudiées. Individuellement aussi, ce sont de grands joueurs qui évoluent au très haut niveau », a-t-il expliqué devant les médias. Pour autant, Petkovic refuse de placer son équipe dans la peau d'un simple outsider. « Nous aussi nous sommes prêts. Nous devons penser à nos qualités et les utiliser. C'est un défi dans tous les sens. C'est un adversaire qui présente certaines similitudes avec l'Argentine », a ajouté le sélectionneur national, faisant ainsi le lien avec le futur adversaire des Verts lors de la phase de groupes du Mondial. Au-delà du résultat, cette rencontre doit permettre à l'Algérie de mesurer l'écart qui la sépare encore des meilleures nations. « C'est en jouant des matchs contre les Pays-Bas que l'on se rend compte de l'exigence et du niveau qu'il faut avoir pour évoluer au plus haut niveau », a souligné l’ancien coach de la Lazio de Rome.

 

L'expérience suisse et le nouveau format du Mondial


Interrogé sur son parcours à la tête de la Suisse lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, Petkovic a rappelé que la situation était différente de celle qu'il connaît aujourd'hui avec l'Algérie. Selon lui, la sélection helvétique possédait déjà une solide expérience des grandes compétitions internationales. « Cette équipe a encore des choses à améliorer pour être la meilleure possible à la Coupe du monde. Quand j'ai drivé la Suisse en 2018, la sélection était déjà habituée à participer régulièrement au Mondial. Mais nous avons, avec tout le groupe, la volonté de montrer que l'Algérie a largement sa place dans cette compétition », a-t-il expliqué.

 

Le sélectionneur a également insisté sur l'évolution de la formule de la Coupe du monde. Avec le passage de 32 à 48 équipes, le tournoi ne se déroule plus de la même manière qu'en 2018. « La grande différence avec 2018, c'est qu'on passe désormais par les seizièmes de finale et non directement par les huitièmes. Les difficultés sont les mêmes, mais il y a une étape de plus », a rappelé l’entraîneur des Verts. Une déclaration pas tout à fait exacte. Dans cette formule, il y a plus de chances de se qualifier au second tour, puisque les huit meilleurs troisièmes passent en seizièmes de finale. Mais il est vrai qu'il faut également franchir un tour supplémentaire pour espérer atteindre les sommets.

 

Une pression présente depuis plusieurs mois


Questionné sur la pression qu'il porte sur ses épaules au moment de faire le onze de départ, et de surcroît à l'approche du Mondial, l’ancien sélectionneur de la Suisse a reconnu que celle-ci ne date pas d'aujourd'hui.

« Cela fait plusieurs mois que je vis avec cette pression. Pas seulement pour composer le onze de départ, mais aussi pour déterminer le groupe. On voulait participer à la Coupe du monde, maintenant que nous y sommes, il faut assumer. Nous voulions atteindre ce niveau et forcément les difficultés augmentent avec les ambitions », a-t-il affirmé. Le sélectionneur estime néanmoins que cette pression est naturelle pour une équipe qui souhaite progresser. Il s'est d'ailleurs montré satisfait de l'état d'esprit affiché par ses joueurs depuis le début du rassemblement. « Pour moi, le plus important est de voir des joueurs qui donnent tout ce qu'ils ont à l'entraînement », a-t-il insisté.

 

« Avancer étape par étape »


Alors que certaines projections commencent déjà à évoquer un éventuel seizième de finale contre l'Espagne, Petkovic refuse de se laisser distraire par des scénarios encore très hypothétiques. « Nous n'en sommes pas encore là. L'Espagne et le deuxième tour sont encore loin. Moi, je suis concentré sur les Pays-Bas. C'est un match amical sans vraiment l'être. Il reste encore plusieurs matchs avant de penser aux seizièmes de finale. Il faut avancer étape par étape et ne pas trop se concentrer sur les spéculations d'adversaires », a martelé un entraîneur qui veut garder les pieds sur terre.

 

« L’Autriche ? Nous tirerons des enseignements de son match face à la Tunisie »


Le sélectionneur national est enfin revenu sur la victoire de l'Autriche face à la Tunisie, un autre futur adversaire des Verts au premier tour de la Coupe du monde. Selon lui, l'expulsion rapide d'un joueur autrichien a considérablement faussé l'analyse de cette rencontre. « Ce match ne permet pas de mieux voir l'Autriche parce qu'elle a joué près de 60 minutes à dix contre onze. D'ailleurs, elle a fait mieux à dix qu'à onze. Bien sûr, nous tirerons des enseignements de cette rencontre, mais nous regrettons qu'elle ne se soit pas jouée à onze contre onze. Nous aurions pu avoir davantage de renseignements », a-t-il expliqué. Avant de se tourner vers l'Argentine, la Jordanie ou l'Autriche, les Verts auront donc ce soir un premier test grandeur nature face aux Pays-Bas. Un rendez-vous que Vladimir Petkovic considère comme une étape importante dans la montée en puissance de son équipe avant le grand rendez-vous américain.

K. S.