EN : Bounedjah écarté du stage de mars ?

Publié le : 28 Janvier 2026

Comme de coutume après les grands rendez-vous internationaux, l’heure est aux bilans, une fois la tête reposée et les émotions retombées. La CAN à peine refermée, Vladimir Petkovic et son staff se sont attelés à un travail minutieux d’évaluation, passant au crible chacun des éléments utilisés durant le tournoi. 

 

Rendement individuel, impact collectif, comportement dans le groupe : rien n’a été laissé au hasard. Chaque joueur a été noté et mesuré à l’aune de son importance réelle dans la stabilité de l’Equipe nationale. La CAF avait exceptionnellement autorisé la présence de 28 joueurs, un effectif pléthorique qui offrait, sur le papier, une large palette d’options au sélectionneur. Si ce nombre élargi s’est révélé assez positif sur le plan des choix tactiques, il s’est également transformé en lourd fardeau à gérer au quotidien. Satisfaire tout le monde, maintenir une harmonie interne et éviter les tensions dans un groupe aussi élargi n’a pas été une mince affaire pour le staff technique.

 

Tri et surprises


À l’approche des prochaines échéances, et surtout à quelques semaines de la fenêtre FIFA de mars, Petkovic est désormais dans une phase décisive de tri. Une chose est sûre, des têtes risquent de tomber. Lors de notre récente évaluation du rendement des 28 internationaux dans nos colonnes, nous avons mis en lumière plusieurs points positifs, mais aussi des insuffisances notables. Ce sont précisément ces zones d’ombre que le sélectionneur cherche aujourd’hui à corriger afin d’arrêter un groupe plus restreint, plus stable et plus cohérent pour le stage de mars. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que des surprises sont à prévoir.


L’incident Boulbina

 

Parmi les éléments sérieusement menacés, le nom de Baghdad Bounedjah revient avec insistance. L’attaquant d’Al-Shamal a pourtant bénéficié de deux titularisations lors de la CAN, sans parvenir à trouver le chemin des filets. Un rendement jugé insuffisant, qui a poussé Petkovic à explorer d’autres options offensives, préférant même prendre le risque d’aligner Mohamed Amoura d’entrée en pointe, au lieu de renouveler sa confiance à l’enfant d’Oran. Un choix fort, déjà révélateur d’une certaine insatisfaction du sélectionneur quant au rendement de son avant-centre.
Au-delà de l’inefficacité offensive, Petkovic reproche-t-il autre chose à son attaquant ?

 

La question mérite d’être posée. Baghdad Bounedjah s’est en effet illustré par une scène pour le moins surréaliste lors du premier match de la CAN, lorsqu’il s’en est violemment pris à Adil Boulbina, coupable à ses yeux d’avoir conclu une action seul sans lui remettre le ballon. La séquence a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et suscité de nombreuses réactions, certains dénonçant un comportement excessif, accompagné de propos déplacés envers l’attaquant d’Al-Duhail. Certes, l’incident a été rapidement clos dans l’intérêt du groupe, alors plongé dans ses premiers jours de compétition, mais il n’a manifestement pas été digéré par le sélectionneur.

 

Comportement énergivore

 

Selon nos informations, c’est à partir de cet épisode que le regard de Petkovic a commencé à changer à l’égard de son attaquant, au point d’envisager aujourd’hui sérieusement sa mise à l’écart. Selon des sources crédibles, le sélectionneur ne voit pas d’un bon œil le comportement de Bounedjah, jugé trop râleur et énergivore, tant pour lui-même que pour le collectif. Pire, le joueur est accusé de retomber régulièrement dans les mêmes travers.

 

L’incident avec Boulbina n’aurait pas été isolé, puisque le même comportement a été signalé lors du match face au Congo. Si Petkovic reconnaît et apprécie les qualités humaines de l’attaquant ainsi que son long parcours sous le maillot national, il semble plus que jamais décidé à se passer de lui. Le sélectionneur recherche avant tout plus de sérénité et moins de tracas à l’approche d’un rendez-vous mondial qui ne tolère ni tensions internes ni comportements incontrôlés au sein du groupe.

 

Rébellion


À ces éléments viennent s’ajouter les déclarations du joueur à l’issue du dernier match contre le Nigeria. Relégué sur le banc au moment où il espérait débuter la rencontre, Bounedjah n’a pas caché son amertume, laissant entendre que le groupe aurait préféré le voir aligné à la place d’Amoura en pointe. Il est même allé jusqu’à affirmer que l’équipe avait mal géré son match, estimant que le Nigeria avait profité des erreurs de placement de l’EN en remportant la majorité des duels.

 

Des propos tenus à chaud, visant clairement le staff et ses choix ; ils traduisent une fracture grandissante entre un entraîneur agacé par le rendement et l’attitude de son attaquant, et un joueur de moins en moins convaincu par les choix de son coach. Une tension latente qui est en passe de déboucher sur un divorce dès le mois de mars. Petkovic semble en effet décidé à sévir et à ouvrir un nouveau chantier.

 

Si Bounedjah fait partie des cadres historiques de la sélection et qu’il sera difficile de s’en séparer sans remous, le précédent Belaïli a déjà montré que le sélectionneur n’hésite pas à trancher dans le vif. D’autant plus que le retour de blessure d’Amine Gouiri offre une alternative crédible, tandis que d’autres profils offensifs pourraient également s’inviter lors des prochains rassemblements. Le message est clair : personne n’est désormais intouchable.

S. M. A.