EN : Hemdani, la rupture attendra

Publié le : 20 Octobre 2026 Par : Smail M. A.

Dans son analyse des débuts de Brahim Hemdani à la tête des Verts, la FIFA relève une continuité tactique avec l’ère Petkovic, malgré quelques ajustements dans l’effectif.

 

Si les résultats sont jugés honorables, les fragilités défensives persistent. Un constat qui rejoint notre analyse du premier stage, davantage marqué par la transition que par une véritable révolution, avant les choix attendus en novembre.

 

« Pas de révolution tactique »

 

Après avoir détaillé les dispositifs employés face à la Zambie, au Burundi et au Niger, tournant autour d’un 4-2-3-1, la FIFA estime que « Hemdani n’a donc pas encore révolutionné le schéma tactique de l'Algérie pour débuter son mandat, préférant s’en tenir à ce qui avait fonctionné par le passé. Il a ainsi conservé une grande partie du dispositif précédent tout en donnant leur chance à de nouveaux visages. »

Cette lecture rejoint celle développée dans nos précédentes éditions. Le premier stage ressemblait davantage à une période de transition qu’à une remise à plat. Hemdani a hérité d’un groupe façonné par Petkovic, avec ses automatismes et son ossature. Le 4-3-3 contre la Zambie, puis le 4-2-3-1 face au Burundi et au Niger, traduisent des ajustements, mais pas de rupture majeure. Contraint d’enchaîner rapidement les rendez-vous officiels, le sélectionneur a privilégié la continuité. Reste à savoir quand il imprimera réellement sa marque.

 

Des résultats honorables, mais des failles derrière

 

Sur le plan comptable, la FIFA juge que « les premiers résultats de l'Algérie version Hemdani ont été honorables ». Les victoires contre la Zambie (3-1) et le Niger (2-1), ainsi que le nul face au Burundi (2-2), ont permis aux Verts de boucler cette séquence sans défaite, mais avec deux points abandonnés en qualifications à la CAN. L’instance mondiale souligne cependant que « le match contre le Burundi a toutefois mis en évidence certaines faiblesses défensives ». Menée de deux buts en début de rencontre contre les Burundais, puis face au Niger, l’Algérie a dû chaque fois réagir. Malgré ses ressources offensives, elle peine encore à maîtriser ses matches et à préserver son équilibre collectif. Un chantier qui dépasse la seule question du système tactique.

 

Des ajustements dans l’effectif

 

La continuité dans le jeu n’a pas empêché Hemdani de faire ses propres choix. Le retour de Mohamed Belloumi après trois ans d’absence et les convocations de Sohaib Naïr, Saâdi Radouani et Ahmed Touba illustrent sa volonté d’élargir les options, notamment en défense. À l’inverse, Houssem Aouar et Ramiz Zerrouki ont été écartés pour des raisons tactiques alors que Hicham Boudaoui a été ménagé le temps de retrouver ses repères en club. Les retraites internationales de Ryad Mahrez et d’Aïssa Mandi constituent également deux pertes majeures. La FIFA rappelle que Mahrez a inscrit 40 buts et délivré 45 passes décisives en 119 sélections. Son départ, comme celui de Mandi, oblige Hemdani à redistribuer progressivement les responsabilités, sans que le premier stage ait débouché sur un renouvellement massif.

 

La solidité défensive en question

 

La FIFA résume les défis du nouveau sélectionneur : « Son succès dépendra clairement de la capacité de son équipe à se montrer régulière et solide défensivement. » Il s’agit davantage d’une mise en garde que d’une critique personnelle. En trois rencontres, les Verts ont systématiquement encaissé au moins un but. La capacité à corriger ces lacunes sera déterminante. Reste à savoir si Hemdani y parviendra avec les mêmes hommes et la même organisation, ou s’il devra revoir plus profondément ses choix.

 

Novembre, le vrai tournant

 

La FIFA estime aussi que « Hemdani a encore le temps de peaufiner son organisation », en attendant les qualifications pour la Coupe du monde 2030. Mais le prochain regroupement, prévu en novembre pour les deux rencontres contre le Togo, devra permettre de mieux cerner ses intentions. Comme nous l’avions souligné après le premier stage, Hemdani avait surtout hérité du groupe de Petkovic, avec peu de temps pour en modifier les habitudes. Cette première fenêtre lui a permis de découvrir ses joueurs et de tester différentes solutions. En novembre, une redistribution des cartes est attendue, aussi bien dans l’effectif que dans la hiérarchie et l’organisation collective. Le bilan de la FIFA confirme donc des débuts encourageants sur le plan des résultats, mais encore limités tactiquement. Après la continuité, Hemdani et son staff devront désormais affirmer leur identité et façonner une équipe à leur image.

S. M. A.