Les trois matches du stage ont mis en lumière les lacunes défensives des Verts. Mais derrière les buts encaissés à chaque rencontre, un autre problème, moins visible, mérite toute l’attention du nouveau staff : celui du milieu de terrain.
Deux victoires et un nul. Sur le plan comptable, le premier stage de l’ère Hemdani est plutôt réussi. Mais au-delà des résultats, certaines insuffisances ont forcément interpellé le staff technique. La défense a logiquement concentré l’essentiel des critiques, après avoir concédé au moins un but lors de chacune des trois rencontres. Les Verts auraient même pu en encaisser davantage au vu de certaines situations concédées. Hemdani en est conscient et ne l’a d’ailleurs jamais éludé. Mais le sélectionneur ne compte pas pour autant perdre de vue les autres carences observées durant ce rassemblement.
Un milieu trop statique
Car si la défense a montré des signes de fébrilité, le milieu de terrain n’a pas davantage donné toutes les garanties attendues. Les Zorgane, Chaïbi, Abdelli et les autres ont eu leur chance durant ce stage, sans qu’aucun ne parvienne véritablement à s’imposer comme l’élément incontournable capable de s’épargner les critiques. Le constat dressé par plusieurs observateurs est assez clair : il a manqué de courses, de mobilité et surtout de projection. Les milieux ont parfois semblé trop statiques dans leurs zones, avec des difficultés à enchaîner les efforts et à assurer les liaisons entre les différents compartiments. Dans un football moderne où l’intensité et les courses entre les lignes sont devenues indispensables, cette carence ne pouvait forcément pas rester sans conséquences sur le jeu de l’équipe nationale. Il a notamment manqué un véritable profil box-to-box, capable de monter, de redescendre et de créer cette connexion permanente entre le milieu et l’attaque.
Bourabaa, le signal attendu
Dans ce contexte, l’apparition de Bourabaa à Tizi-Ouzou n’est pas passée inaperçue. Le nouveau venu a affiché une activité qui a tranché avec celle de ses partenaires. Il montait, redescendait, accompagnait les offensives et venait faire le lien avec Amoura et Boulbina. Une activité qui rappelle, par certains aspects, les premières apparitions de Bennacer en sélection. Bourabaa pourrait ainsi constituer une piste intéressante pour le poste de regista ou, plus largement, pour ce rôle de milieu capable d’assurer les allers-retours entre les deux surfaces. Sa débauche d’énergie correspond justement à ce que l’EN semble avoir recherché durant ce stage sans réellement le trouver chez les autres éléments utilisés. Il faudra d’abord voir si le joueur sera prêt pour novembre au vu de sa blessure et de sa longue indisponibilité annoncée, mais ça reste quand même une bonne pioche pour l’avenir.
Le cas Maza
Cette relative inertie du milieu a également eu des conséquences sur le positionnement de Maza. Le joueur du Bayer Leverkusen était attendu dans un rôle plus mobile, avec la mission de participer aux tâches défensives tout en se projetant devant. Mais lorsque les milieux restent scotchés à leur zone sans suffisamment monter, Maza se retrouve automatiquement fixé derrière l’attaquant. En voyant ses partenaires peu mobiles, il devait éviter de venir encombrer une zone déjà occupée. Il restait donc plus haut, avec pour conséquence de limiter ses déplacements et sa participation au travail défensif. Un problème collectif davantage qu'une simple question individuelle, mais qui devra forcément être corrigé.
Bentaleb et Titraoui attendus
Hemdani semble d’ailleurs avoir déjà ouvert la porte à de nouveaux changements. « Il va se passer quatre semaines avant le prochain rassemblement. Il y a d'autres joueurs qui étaient sélectionnables mais qui ne sont pas là aujourd'hui. Donc c'est toujours pareil, il y a quatre semaines de travail pour les joueurs en club et puis quatre semaines où chacun va essayer d'être à son avantage à l'intérieur de son club, faire une projection sur qui viendra la prochaine fois », expliquait-il.
Le message est clair. Les places ne sont pas figées. Et au milieu, les retours de Titraoui et de Bentaleb sont particulièrement attendus. Le premier représente une solution pour renouveler et dynamiser l’entrejeu, tandis que le second devait initialement constituer la véritable cheville ouvrière de tout un système avant d’être absent de ce rassemblement. Ce stage pourrait donc coûter cher à certains. Ceux qui avaient une occasion en or de s’imposer n’ont pas tous saisi leur chance. Avec le retour de certains cadres et l’émergence possible de nouvelles solutions, la concurrence risque de s’intensifier dès novembre. Les portes pourraient même s’ouvrir à d’autres profils, qu’ils évoluent en Europe ou dans le championnat national. Le chantier défensif est réel, mais celui du milieu pourrait bien réserver, lui aussi, quelques surprises.
S. M. A.





