Prolongation de Petkovic : Voilà pourquoi ça traîne

Publié le : 14 Mai 2026

Alors qu’un accord de principe existe déjà entre Vladimir Petkovic et la Fédération algérienne de football pour une prolongation de contrat, le dossier tarde toujours à être bouclé officiellement.

Derrière cette attente, plusieurs éléments expliquent les lenteurs observées ces dernières semaines, entre contretemps imprévus, divergences financières et calculs stratégiques à l’approche de la Coupe du monde 2026.

 

Un rendez-vous annulé

 

Au départ, tout semblait pourtant bien engagé. Comme nous vous l’avions expliqué il y a près d’un mois, une rencontre était prévue à la mi-avril entre Vladimir Petkovic, son avocat et les responsables de la FAF afin de finaliser les derniers détails du nouveau contrat et, éventuellement, procéder directement à la signature. Mais le scénario a finalement été bouleversé par un imprévu majeur : l’avocat du sélectionneur suisse est tombé malade, au point de devoir être hospitalisé. Ce contretemps a entraîné l’annulation du rendez-vous et repoussé les discussions finales. Depuis, le dossier est resté en suspens, même si les échanges entre les deux parties n’ont jamais été totalement interrompus. Dans le même temps, Petkovic lui-même ne semblait pas particulièrement pressé de conclure. Le technicien suisse estime en effet que son travail depuis son arrivée mérite aujourd’hui une meilleure reconnaissance financière, surtout après avoir réussi à qualifier l’EN pour la Coupe du monde 2026.

 

Négociations serrées en vue

C’est d’ailleurs sur cet aspect que les négociations se sont réellement compliquées. Actuellement, Vladimir Petkovic perçoit un salaire estimé à 135 000 euros mensuels. Un montant déjà conséquent, mais largement inférieur à celui touché auparavant par Djamel Belmadi, qui avoisinait les 208 000 euros mensuels. Selon plusieurs échos internes, la FAF avait initialement proposé à Petkovic de prolonger pratiquement dans les mêmes conditions financières que son contrat actuel. Une proposition qui n’aurait pas réellement convaincu le Suisse, désireux d’obtenir une revalorisation salariale plus importante. Du côté de la FAF, on ne ferme pas totalement la porte à un effort financier. L’instance fédérale serait prête à augmenter légèrement le salaire du sélectionneur afin de montrer sa volonté de poursuivre l’aventure avec lui.

 

Mais hors de question pour autant de reproduire les erreurs du passé. La fédération reste particulièrement prudente, surtout à l’approche d’une Coupe du monde qui pourrait réserver des scénarios compliqués. Une élimination dès le premier tour reste envisageable dans un groupe relevé, et la FAF refuse de se retrouver avec un contrat trop lourd financièrement en cas d’échec sportif.

Cette prudence s’explique aussi par les importantes sommes déjà versées au sélectionneur, la FAF pense en effet avoir bien récompensé Petkovic  Après la qualification des Verts pour le Mondial 2026, le coach a notamment bénéficié d’une prime estimée à 500 000 euros, soit l’équivalent de près de quatre mois de salaire supplémentaires. Un bonus important qui pousse aujourd’hui les dirigeants à maintenir une certaine maîtrise budgétaire.

 

La FAF prête à faire un effort pour accélérer

 

Malgré ces divergences, la FAF souhaite désormais accélérer le processus. Le président Walid Sadi veut éviter que le dossier de la prolongation ne continue à polluer l’environnement de la sélection nationale à quelques jours du coup d’envoi des préparations de la CM. L’objectif de l’instance fédérale est clair : régler définitivement le feuilleton avant le début du prochain stage des Verts, prévu le 25 mai, afin de permettre au groupe de préparer sereinement la Coupe du monde. Dans cette optique, un nouveau round de négociations devrait être lancé prochainement. Selon des sources proches du dossier, la FAF serait disposée à consentir un petit effort financier supplémentaire pour parvenir à un accord rapide, mais toujours dans des limites raisonnables.

 

Deux visions différentes

 

Reste maintenant à savoir si Vladimir Petkovic partagera cette volonté d’accélération. Car de son côté, le sélectionneur suisse ne serait pas opposé à repousser la question de sa prolongation après la Coupe du monde. Une stratégie qui lui permettrait d’aborder les négociations dans une position plus favorable, notamment en cas de bon parcours aux États-Unis. Cette approche ne correspond toutefois pas aux plans de la FAF, qui souhaite absolument verrouiller le dossier avant le début du Mondial afin de stabiliser l’environnement de la sélection nationale. D’ailleurs, les deux parties avaient déjà avancé sur les contours du futur contrat avant que les discussions ne ralentissent. Un accord de principe avait notamment été trouvé autour d’une prolongation jusqu’au 31 décembre 2027, soit environ une année et demie supplémentaire, dans l’idée de couvrir la CAN 2027 ainsi que le lancement des éliminatoires de la Coupe du monde 2030. Le nouveau contrat proposé par la FAF s’inscrit également dans une logique très axée sur les résultats. Selon les grandes lignes discutées entre les deux camps, le Mondial 2026 représenterait un tournant majeur dans le bail du technicien suisse. L’objectif minimal fixé serait une qualification au deuxième tour. En cas d’élimination dès la phase de groupes, des clauses permettraient à la FAF de mettre un terme au contrat, l’objectif sportif étant considéré comme non atteint. À l’inverse, un bon parcours offrirait à Petkovic la possibilité de renégocier (encore) certaines conditions de son engagement, notamment sur le plan salarial.

 

Moyen de pression

 

La même logique serait appliquée pour la CAN 2027, avec des exigences revues à la hausse. Après avoir fixé auparavant le deuxième tour comme seuil minimal, la FAF viserait désormais au moins une place dans le dernier carré continental. Une orientation qui reflète la volonté de l’instance fédérale de replacer durablement l’Algérie parmi les grandes puissances africaines.

Dans les coulisses, Petkovic et son entourage n’hésitent d’ailleurs pas à laisser filtrer régulièrement l’intérêt de la Fédération polonaise de football pour son profil. Une manière indirecte pour le clan Petkovic de rappeler que le technicien suisse reste coté sur le marché et qu’il dispose d’autres options potentielles. En interne, plusieurs observateurs voient dans cette communication une forme de pression destinée à pousser la FAF à revoir légèrement son offre financière. Aujourd’hui encore, l’instance reste fidèle à cette même ligne directrice : oui à la continuité avec Petkovic, mais sans faire exploser la masse salariale ni retomber dans les excès financiers du passé.

S. M. A.