À 38 ans, Islam Slimani n’a visiblement pas encore tourné la page. Libre depuis son départ du CFR Cluj, le meilleur buteur de l’histoire de la sélection algérienne se dit toujours capable de poursuivre sa carrière.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’attaquant est également revenu sur la situation des Verts, la nomination de Brahim Hemdani et Anthar Yahia à la tête de la sélection, ainsi que sur son propre rapport avec l’équipe nationale. Slimani estime que le changement opéré à la tête des Verts peut ouvrir un nouveau cycle. L’ancien international algérien appelle surtout à la patience et à la confiance envers le nouveau staff : «Il faut les laisser travailler, et leur faire confiance. Ils connaissent l’Algérie et son environnement africain. Ils ont porté le maillot de la sélection. C’est une bonne chose», a-t-il déclaré à propos de Brahim Hemdani et Anthar Yahia. Pour Slimani, l’expérience manquante aux deux hommes ne doit pas être considérée comme un obstacle insurmontable : «J’entends qu’ils manquent d’expérience. Ils vont vite en prendre», estime-t-il, convaincu que le nouveau staff devra d’abord obtenir des résultats avant d’être réellement jugé. L’ancien buteur des Verts considère également que la sélection doit rapidement retrouver sa capacité à rivaliser avec les meilleures équipes du continent: «L’enjeu pour nous, c’est de répondre dans les grands matches, ce que nous ne faisons plus depuis un moment», explique-t-il, en référence aux difficultés rencontrées par l’Algérie face aux grosses nations africaines.
«Je n’attends rien de la fédération»
Avec 46 buts en 105 sélections, Islam Slimani demeure le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe nationale. Pourtant, malgré cette trace laissée sous le maillot des Verts, il assure ne rien attendre de la Fédération algérienne de football, pas même un hommage : «Pas du tout. Si cela devait être fait, ça aurait dû déjà être le cas… Je n’attends rien, cela ne m’a pas traversé l’esprit», affirme-t-il sans détour. Alors que Riyad Mahrez et Aïssa Mandi ont récemment mis un terme à leur carrière internationale, Slimani estime que ses deux anciens partenaires méritent pleinement les hommages qui leur sont consacrés : «Ce sont deux joueurs qui ont marqué l’histoire de l’Algérie. Ils ont tout donné, et je peux vous dire que j’en suis témoin depuis 2014.», souligne-t-il. Pour lui, l’essentiel reste ailleurs : «J’ai fait ce que je devais faire pour mon pays, pour ma famille et les gens qui m’aiment. Après, hommage ou pas, ce n’est pas le plus important, ce qui compte, c’est l’intérêt de notre pays», insiste-t-il. Une position qui résume assez bien l’état d’esprit de l’attaquant, lequel assure ne pas avoir vécu comme une blessure personnelle sa mise à l’écart sous Vladimir Petkovic: «C’est le foot, je ne le prends pas personnellement. C’est un monde d’ingrats. Cela ne m’a pas touché», confie-t-il.
«Je n’ai pas envie d’arrêter, j’ai la capacité de continuer»
L’avenir de Slimani reste donc ouvert. Sans club depuis son départ du CFR Cluj, l’attaquant ne pense pas encore à raccrocher les crampons. À 38 ans, il assure se sentir toujours capable de jouer et recherche désormais un projet qui puisse lui procurer du plaisir : «J’ai 38 ans, je suis encore “fit”, je ne suis pas dans la précipitation. Je cherche un nouveau challenge. J’ai envie de bien finir avec quelque chose qui me procure du bonheur, du plaisir», explique-t-il. Et lorsqu’il est directement interrogé sur une éventuelle retraite, sa réponse est claire : «Je n’ai pas envie d’arrêter, j’ai la capacité de continuer. Je fais ça toute ma vie et j’ai le sentiment que ce n’est pas fini.» Slimani veut également mettre son expérience au service des jeunes. Après avoir évolué dans neuf pays et porté les couleurs de quatorze clubs, l’attaquant estime avoir encore quelque chose à transmettre. Son parcours, justement, ne lui inspire aucun regret : «Je suis un grand voyageur», reconnaît-il, avant d’ajouter : «Je ne regrette rien et je referai exactement la même chose.»
O. R.





