ESS : Sedki, chronique d’un divorce annoncé

Publié le : 27 Octobre 2026 Par : Fares R.

Le limogeage de Sedki Hamada de son poste d’entraîneur de l’Entente de Sétif n’a surpris personne du côté d’Aïn El Fouara.

 

Bien avant le début du championnat, personne ne croyait véritablement en lui. À peine la compétition lancée, et dès le premier revers concédé à domicile face à l’ESBA (0-1), des voix se sont élevées pour réclamer son renvoi pur et simple. Même l’ancien directeur sportif, Farid Mellouli, avait l’intention de mettre fin à la collaboration avec le technicien égyptien. Cependant, il s’est heurté à chaque fois au refus du directeur général de la SSPA/Black Eagles, Nabil Kebaïli. Cela dit, malgré une deuxième défaite consécutive, cette fois face au CRB au stade du 5-Juillet-1962 (0-1), l’ancien entraîneur de Semouha a continué à travailler le plus normalement du monde, malgré un avertissement de la direction du club qui sonnait comme un sursis. Puis est venue la large victoire face au CSC (5-1), qui a quelque peu atténué la pression sur le coach et son équipe.

 

Cependant, tout a été remis en question après les rencontres face au MCO, puis à la JSK. Deux matches qui se sont soldés respectivement par un nul vierge et un score de parité d’un but partout. Entre-temps, la rencontre face au MCA a été reportée à une date ultérieure en raison des engagements du club algérois dans la plus prestigieuse compétition interclubs du continent. Puis est venu le test face à une équipe considérée comme appartenant au « second palier » et qui venait à peine de rejoindre l’élite.  Dans le camp ententiste, et même chez celui qui était alors l’entraîneur des Noir et Blanc, cette rencontre devait être « une simple formalité », comme il l’avait laissé entendre à ses proches collaborateurs.

 

Le match nul contre la JSK, le début de la fin

 

Ce qui semble confirmer ses propos, c’est la composition du onze qu’il avait aligné, avec notamment deux joueurs, Boukerma et Hassen-Khodja, qui avaient respectivement remplacé Hamek et Salifu. Le premier, Boukerma, n’a disputé que quelques bribes de minutes, tandis que le second effectuait sa première apparition sous les couleurs sétifiennes depuis le début de la saison. Des choix que Sedki allait rapidement regretter et qui ont conduit son équipe à livrer l’une de ses pires prestations depuis l’entame de l’exercice, avec, à la clé, une nouvelle défaite à domicile. Ce fut l’échec de trop, qui s’est traduit dès le lendemain par son limogeage.

 

Dans la foulée, il convient de retenir la mise à l’écart de Mohamed Hamek, laissé sur le banc pour la première fois de la saison, pour des raisons que tout le monde connaît.  Devenu un élément essentiel, l’ancien joueur du FC Aubagne Air Bel a laissé un grand vide au sein de l’équipe, particulièrement dans l’entrejeu. Sa touche a cruellement manqué et ce n’est qu’au début de la seconde période que le technicien égyptien a décidé de le faire entrer, en même temps que Bounegab.

Ce double changement a apporté un plus, notamment sur le plan offensif, en permettant à l’ESS de se procurer plusieurs occasions de but, sans toutefois parvenir à les concrétiser. Heureusement pour les Sétifiens, Benayad a inscrit un but dans le temps additionnel, sauvant ainsi l’honneur face à des joueurs de Témouchent euphoriques, qui n’en revenaient pas d’avoir battu, avec la manière, l’un des clubs les plus titrés sur les scènes nationale et continentale !

 

L’affaire Hamek enfonce le clou

 

En définitive, l’affaire Hamek a fortement pesé sur le groupe, notamment au regard des qualités humaines du milieu de terrain. Sedki lui-même avait reconnu ces qualités. « Hamek ? C’est un gars de bonne famille qui respecte tout le monde. Je n’ai aucun problème avec lui », avait-il déclaré la veille de la rencontre.

Il semblerait, en effet, qu’au départ, le premier responsable du staff technique ait voulu écarter totalement Hamek de la liste des joueurs convoqués. Des dirigeants seraient toutefois intervenus pour remettre les choses en ordre, après avoir eu vent de certaines indiscrétions sur ce qui se passait au sein de l’équipe. Le joueur a finalement été inscrit sur la liste des convoqués pour la confrontation face au CRT. « Je regrette de ne pas t’avoir titularisé », aurait chuchoté Sedki à l’oreille de Hamek à la fin de la rencontre, selon des sources sûres.

 

En fin de compte, il était déjà trop tard et le technicien devait assumer ses choix. Avec un bilan jugé négatif à plus d’un titre, au regard du potentiel de l’effectif dont il disposait, le dixième entraîneur passé par l’ESS en trois ans laisse derrière lui une équipe qui n’a toujours pas trouvé ses repères et peine à enchaîner les bons résultats. Le futur entraîneur aura du pain sur la planche pour redonner espoir et joie aux milliers de supporters, toujours sous le choc de ce qui arrive à leur équipe.

F. R.