JSK : Belhocine, les dessous d’une méthode

Publié le : 27 Octobre 2026 Par : N. Boumali

L'entraîneur de la JSK, Karim Belhocine, a réussi à imposer son style de jeu et sa griffe en l'espace de quelques semaines seulement. Il a totalement révolutionné l'équipe kabyle avec laquelle il ambitionne de jouer les premiers rôles. Tout baigne dans l'huile pour lui pour le moment, mais il ne s'enflamme pas pour autant.

 

Ce départ en fanfare en championnat n'est pas dû au hasard, mais au travail réalisé par le groupe depuis la reprise du championnat au mois de juillet dernier. L'une des règles que Belhocine a installée depuis sa prise en main de l'équipe est l'instauration d'une discipline de fer. Il a été clair avec ses joueurs dès le départ en leur affirmant qu'il ne badinera pas avec la discipline. Et il avait joint l'acte à la parole puisque quelques jours seulement après son arrivée à la JSK, il avait écarté Madani et Gaya Merbah du groupe. Ce dernier a été contraint d'opter pour Hassania Agadir, alors que Madani est toujours à l'écart du groupe. Malgré toutes les tentatives de médiation pour qu'il pardonne aux joueurs, Belhocine s'était montré inflexible. Le fait d'avoir écarté deux cadres de l'équipe lui avait permis de gérer le groupe d'une main de fer surtout qu'il a été aidé par quelques cadres à l'image de Mahious auquel il a remis le brassard de capitaine. Cette fermeté à sanctionner tout écart disciplinaire a fait dire à certains qu'il est inflexible dans ses décisions, mais d'après une source digne de foi, Belhocine sait faire preuve de flexibilité lorsque la situation l'exige notamment envers les jeunes comme en témoigne la "grâce" accordée à un jeune écarté du groupe au début de la préparation au mois de juillet dernier avant de l'autoriser à s'entraîner avec ses coéquipiers. 

 

"1 heure et demie au stade avant la séance" 

 

Si lors des saisons précédentes il ne se passait pas une semaine sans qu'un joueur de la JSK arrive en retard à l'entraînement, ce n’est pas le cas cette saison avec Belhocine. Excepté le jeune Haddadou qui était arrivé avec 2 minutes de retard au début de la préparation, tous les autres joueurs se présentent au stade une heure ou une heure et demie avant l'entame de la séance. D'après nos informations, Belhocine exige de ses joueurs de se présenter au stade une heure et demie avant l'entraînement et en attendant que la séance débute, ils ont le choix de faire du renforcement ou s'allonger dans le vestiaire sur les matelas de récupération. Il faut dire aussi que de peur d'arriver en retard à l'entraînement, les joueurs qui habitent en dehors de Tizi Ouzou ne font plus les allers-retours entre la capitale et la ville des Genêts. Ils sont logés à l'hôtel du stade et ils prennent tous ensemble leurs petits-déjeuners et leurs déjeuners ainsi que leurs dîners. Même le coach Belhocine et les membres de son staff se présentent au stade pratiquement deux heures avant l'entraînement et ils tiennent régulièrement des réunions de travail concernant chaque séance. 

 

"Exigeance tactique et travail avec le ballon" 

 

Tout le monde a constaté que la JSK produit du beau jeu cette saison. Le jeu est fluide et les supporters et les téléspectateurs assistent à de belles phases de jeu à chacune des sorties des Canaris en championnat. Les joueurs ne remballent plus le ballon comme c’était le cas les saisons précédentes et même s'il y a encore des lacunes dans l'équipe, la JSK est actuellement l'une des meilleures équipes de notre championnat. Belhocine insiste beaucoup sur le pressing et sur la sortie du ballon ainsi que sur le rôle de chacun de ses joueurs sur le terrain. Personne ne déserte son poste de peur de se retrouver sur le banc le match d'après. La relance débute en défense avec des passes courtes et de la vitesse dans l'exécution. Les Canaris optent très rarement pour les balles aériennes, ce qui leur a permis jusqu'à présent d'imposer leur jeu. Et pour améliorer la cohésion, il programme plusieurs séances avec ballon dans des espaces très restreints pour que ses joueurs apprennent à sortir avec le ballon dans n'importe quelle situation. 

 

"Concurrence saine et concentration au maximum" 

 

Disposant d'un effectif riche, l'entraîneur Belhocine a mis les points sur les "i" avec ses joueurs dès son installation dans ses fonctions. Il n'a pas cessé de leur réaffirmer qu'il n'y a pas de titulaire indiscutable et que même celui qui ne figure pas dans la liste des 20 viendra le jour où il aura sa chance. Et comme il ne permet à aucun élément de discuter de ses choix, personne n'a osé lui dire pourquoi il s'est retrouvé sur le banc ou pourquoi il n'a pas été convoqué dans la liste des 20. Les joueurs savent que la concurrence est saine et que celui qui ne joue pas, il devra attendre sa chance. L'exemple le plus édifiant est celui du Mauritanien Aly Abeid qui a attendu le 6e match pour jouer quelques minutes face à l'USMK. Il a été engagé pour être un titulaire indiscutable, mais comme il n'avait rejoint l'équipe qu'à 48 heures du premier match du championnat face au MB Rouissat et que Boulkaboul a donné entière satisfaction, il a été relégué sur le banc. Belhocine insiste aussi sur la concentration surtout qu'il teste à chaque fois plusieurs variantes notamment le 4-4-2 ou le 4-3-3. Il a amené une autre méthode, celle de travailler avec le groupe tout en diversifiant ses séances pour que les joueurs ne s'ennuient pas à l'entraînement. Sa méthode commence à porter ses fruits, mais comme il n'est pas né de la dernière pluie, il sait qu'en football il faudra confirmer à chaque match. C'est pour cela qu'il est exigeant avec ses joueurs et qu'il essaye toujours de tirer le meilleur d'eux pour faire plaisir aux supporters de ce prestigieux club.

N. B.