Alors qu’il n’a pas du tout apprécié les propos de Chabane Merzekane à l’encontre de la direction du Nasria et de sa propre personne, le président Yacine Hanied a tenu à répondre aux déclarations de l’ancienne gloire du club.
Face aux critiques concernant le bilan sportif de son passage, Hanied a d’abord souhaité rappeler le contexte dans lequel il a repris les rênes du club, estimant avoir assumé ses responsabilités dans une période particulièrement délicate. « J’ai tenu à intervenir afin d’éclaircir la situation pour les supporters du NAHD et répondre à certaines accusations gratuites que je trouve maladroites et inappropriées. Je tiens à rappeler à tout le monde que lorsque j’ai pris l’équipe la saison dernière, c’était le grand vide. Personne ne s’était présenté pour reprendre le club. J’ai pris les choses en main et j’ai fait de mon mieux. Il est vrai que nous avons échoué dans notre objectif d’accession, mais nous n’avons pas joué le maintien comme ce fut le cas avant mon arrivée. Nous avons terminé quatrièmes la saison dernière puis sixièmes cette saison. Certes, nous n’avons pas atteint les objectifs fixés, mais nous avons donné une image respectable du NAHD avec les moyens dont nous disposions. Il ne faut pas oublier qu’il existait des équipes disposant de moyens nettement supérieurs aux nôtres. Et puis, le NAHD est un club omnisports, contrairement à d’autres qui ne gèrent qu’une seule section football. Personnellement, j’ai dû gérer cinq sections avec tout ce que cela implique financièrement. »
«Merzekane reste un monument du club »
Avant d’entrer dans le vif du sujet, le président nahdiste a tenu à tempérer ses propos envers son contradicteur, insistant sur le respect qu’il porte à l’ancienne gloire du club : « Avant de répondre à Chabane Merzekane, je tiens à préciser qu’il reste un monument du NAHD, auquel je dois tout le respect. Il a peut-être parlé sur la base d’informations erronées qui lui sont parvenues, donc je ne lui en veux pas totalement, puisqu’il n’est pas à l’intérieur du club pour connaître la situation avec exactitude. Mon objectif est simplement d’éclaircir certains points sur lesquels il s’est trompé, sans le vouloir. »
« L’académie existait déjà et elle a toujours été payante »
Accusé d’avoir modifié l’esprit de l’école du Nasria, Hanied assure, au contraire, s’être inscrit dans la continuité tout en défendant la gestion actuelle de l’académie : « Concernant l’académie, je tiens à préciser que lorsque je suis arrivé au club, l’école du Nasria existait déjà. Elle était présente durant l’ère Ould Zmirli, lorsque M. Merzekane occupait le poste de manager général, et elle était déjà payante. Moi-même, à cette époque, j’avais inscrit mon fils à l’académie et j’avais payé. Aujourd’hui, la prise en charge est meilleure. Cette saison, les jeunes ont reçu des sacs à dos et des équipements de qualité, contrairement à l’époque de M. Merzekane où l’on n’avait quasiment rien en contrepartie. Je souligne également que les ressources générées par l’académie sont désormais tracées et versées directement sur le compte bancaire du club. »
« On nous critique sur la formation, mais regardons les bilans »
Concernant le dossier sensible de la formation, le président du NAHD estime que certaines critiques manquent de recul et préfère rappeler les choix effectués lors des précédentes gestions : « Je rappelle à M. Merzekane qu’il était manager général sous l’ère Ould Zmirli et, honnêtement, nous n’avons pas vu grand-chose en matière de formation. Au contraire, cette période a été marquée par des recrutements très coûteux. Certains joueurs percevaient plus de deux millions de dinars mensuellement, alors que le salaire minimum tournait autour d’un million. Pourtant, aucun joueur du cru n’avait été promu en équipe première cette saison-là. Par ailleurs, puisqu’il évoque son école de formation, qu’on nous cite un joueur issu de cette école ayant réellement servi le NAHD ou atteint l’équipe nationale. Critiquer est facile, mais la réalité du terrain est plus complexe. »
« Les dettes actuelles sont principalement héritées de votre gestion »
Très attendu sur la question financière, Hanied affirme avoir surtout dû gérer un lourd héritage à son arrivée, rejetant une partie des reproches formulés sur ce volet : « Concernant les dettes, je tiens à préciser qu’une grande partie correspond à des engagements hérités de votre propre gestion. À mon arrivée, j’ai dû régler des dettes liées à des joueurs recrutés durant l’ère Ould Zmirli-Merzekane. Nous avons payé près de 700 millions de centimes rien que pour un seul dossier, alors que le total des dettes héritées dépasse les 4 milliards de centimes. Aujourd’hui, nous avons certes quelques créances liées au transport ou à d’autres dépenses courantes, mais cela reste insignifiant comparé à ce que nous avons trouvé à notre arrivée. Quant à l’interdiction de recrutement, elle découle également de votre gestion, qui a laissé le club lourdement endetté. »
« La survie du club imposait certains choix sportifs »
Revenant sur les critiques liées au manque de joueurs issus du cru, Hanied explique que la situation sportive du club imposait avant tout des choix dictés par l’urgence : « Nous ne sommes pas contre la formation, bien au contraire. Mais lorsqu’un club lutte plusieurs saisons consécutives pour son maintien, il faut parfois prendre des décisions difficiles. Nous avons dû miser sur des joueurs expérimentés, car sans cela, le club risquait de disparaître sportivement. Aujourd’hui, la Ligue 2 est devenue extrêmement difficile, parfois même plus compliquée que la Ligue 1. Il fallait construire une équipe compétitive reposant sur des joueurs de calibre, c’était inévitable. »
« Je n’ai pas pu supporter l’hypocrisie autour du club »
Dans un passage plus personnel, Hanied évoque les difficultés humaines rencontrées durant son mandat, regrettant particulièrement certaines attitudes au sein de l’environnement nahdiste : « Les gens ont tendance à me critiquer facilement parce que je suis quelqu’un de réservé. Je préfère parler par le travail. Je peux affronter les difficultés, les défis et même gérer une phase retour compliquée quasiment seul. Mais ce que je n’ai pas réussi à supporter, c’est l’hypocrisie. Certains se présentent comme des enfants du club, mais j’ai parfois vu davantage de soutien chez des personnes extérieures qu’auprès de certains proches du NAHD. Aujourd’hui, je pars en laissant le club dans une situation relativement confortable et j’espère sincèrement que ceux qui prendront la relève feront mieux que nous. »
« Place maintenant à l’action »
: « Je l’ai répété à plusieurs reprises : je suis démissionnaire et nous ferons tout pour faciliter la transition. Concernant les dettes, nous serons patients avec ceux qui viendront après nous. Je ne vais pas mettre mon successeur devant le fait accompli. Ce que je regrette aujourd’hui, c’est qu’au lieu de nous unir pour préparer l’avenir du NAHD, nous sommes en train de nous diviser. Que ceux qui veulent reprendre le club se manifestent. Ce n’est plus le temps des discours, mais celui de l’action. »
M. A.





