Libre de tout contrat et de retour d'une grave blessure aux ligaments croisés, le portier de 37 ans s’est confié à So Foot. Entre résilience, humilité et une envie féroce de servir les Verts, Alexandre Oukidja se tient prêt à répondre à l'appel de Vladimir Petković.
Après une fin de saison éprouvante avec le FC Metz et un passage éclair à Belgrade qui a viré au cauchemar médical, Alexandre Oukidja a mangé son pain noir. Victime d'une rupture des ligaments croisés l'été dernier, le gardien n'a pourtant jamais abdiqué. Depuis février, il s'entraîne avec la réserve messine pour retrouver ses sensations. Son objectif ? Le Mondial. Un défi de taille pour un joueur sans club, mais l'exemple de Roger Milla en 1994 reste son moteur :
« Pour être appelé et participer à la Coupe du monde, il faut être compétitif, être sous contrat, chose que je ne suis pas. Mais bon, Roger Milla avait bien disputé la Coupe du monde à 42 ans et sans contrat… »
Conscient du chantier actuel au poste de gardien de but en sélection, Oukidja a déjà pris les devants en échangeant avec le sélectionneur national. Son rôle ? Apporter son vécu aux côtés des cadres habituels:
«J'ai discuté avec le sélectionneur pour lui dire que je me préparais au cas où. Pour apporter un peu plus d'expérience, puisqu'avec Riyad Mahrez et Aïssa Mandi, je fais partie des plus anciens. Pourquoi pas aussi accompagner les jeunes gardiens.»
Alors que le staff technique des Verts doit composer avec une cascade de forfaits (Mandrea, Zidane, Mastil), la carte Oukidja devient une option crédible. S'il refuse de forcer le destin par respect pour ses collègues, l'ancien Messin affirme être physiquement affûté après des mois de travail acharné en salle et sur le terrain:
«De mon côté, je dirais que je suis prêt. Ce que j’aimerais, c’est être dans la liste élargie du sélectionneur... Qu’il m’observe dans le groupe pendant une semaine, et qu’il fasse son choix.»
Lucide sur sa situation atypique, le portier garde une humilité exemplaire quant à une éventuelle convocation. Pour lui, tout se jouera sur le terrain, mais il refuse de nourrir des regrets: «Si je suis sélectionné, c’est un miracle, si je ne le suis pas, ce n’est pas un scandale.»
Concernant le parcours des Verts dans la compétition, Alexandre Oukidja affiche un optimisme certain. Il voit une équipe « décomplexée » capable de franchir la phase de poules, voire d'atteindre les quarts de finale, peu importe l'adversaire. Reste à savoir si le "miracle" aura lieu pour celui qui se définit comme un soldat de l'équipe nationale.
Ouenzar Riad.





