Qui de mieux pour parler de Mohamed-Bachir Belloumi que son légendaire père qui a atteint les sommets du football algérien et africain pendant sa carrière de footballeur dans les années 1980. Dans cet entretien le héros de Gijon exprime sa fierté devant la réussite que connaît son fils.
Un papa est toujours fier de son fils quand il réussit dans sa vie, on devine que vous l’êtes autant après ce que vient de démontrer Mohamed-Bachir avec la sélection nationale, n’est-ce pas ?
Sincèrement, je suis très content car avant lui, j’étais moi aussi un footballeur connu. Mohamed-Bachir a préservé cet héritage. Etant témoin de ses débuts dans le football, je peux vous assurer qu’il a trop souffert pour atteindre ses objectifs et que personne ne lui a fait de cadeaux.
Enfin, vous tenez votre digne héritier…
Absolument. Le fait qu’il procure du plaisir aux Algériens sur le terrain avec l’équipe nationale me comble de bonheur. Petit, il a été toujours attentif à mes conseils, mais c’est un garçon qui savait où il allait, ça, je peux vous l’assurer.
Des clubs comme le Paris FC ou le SCO Angers qui ont refusé de le recruter doivent le regretter aujourd’hui ?
Au Paris FC, ils lui ont proposé seulement de jouer avec les catégories jeunes sans lui faire signer un contrat, lui, il était pourtant d’accord mais moi, j’ai refusé et à la fin, il m’a écouté. Après, les Portugais de Farense lui ont donné l’opportunité de jouer d’abord avec la réserve mais rapidement il a été promu en équipe première. Ses prestations en Super-ligue portugaise ont attiré de nombreux clubs européens, à la fin il a opté pour Hull City, un choix qui s’est avéré payant.
Avant de signer à Farense, de grands clubs algériens à l’instar du MCA et de la JSK étaient prêts à l’accueillir dans leur effectif, vous confirmez ?
Effectivement, on a reçu de nombreuses sollicitations en Algérie, mais Mohamed-Bachir n’était pas d’accord et m’a textuellement dit : ‘’Papa, je vais à l’étranger et faire ce que tu n’as pas fait pendant ta carrière.’’
Contre le Niger, il marque un superbe coup franc, est-ce un don inné chez les Belloumi ?
Non, moi, je plaçais toujours des coups francs sur des tirs croisés, lui, comme c’est un gaucher, il est imprévisible, la preuve, il a mis le ballon dans un angle impossible.
Sinon, quelles sont les similitudes entre vos qualités et les siennes ?
Je pense comme moi, ses passes dans les espaces réduits font parties de ses qualités intrinsèques. Mais sa principale force reste les crochets avec les deux pieds, évidemment il a une excellente vision de jeu.
En plus de ses qualités, des témoins nous ont rapporté qu’il est très professionnel dans son comportement…
Je confirme, il est très sérieux dans le travail en plus c’est quelqu’un de très calme, ce n’est pas parce que c’est mon fils, je peux certifier qu’il est un garçon calme et éduqué.
Et quoi d’autre ?
Comme moi quand j’étais petit, il est très passionné pour le football. Quand il est à la maison, il ne rate aucun match à la télévision. Quand il était très petit, quand il me voit porter un sac pour aller jouer un match de quartier à Mascara, il insistait toujours pour m’accompagner, tiens ça me rappelle une chose.
Laquelle ?
Moi aussi je faisais la même chose avec mes frères aînés, dans la famille on est tous passionnés pour le football.
Le mois de septembre a été riche en évènements pour lui, avec notamment ce doublé contre Chelsea ?
Ce jour-là, j’étais dans les tribunes de Stamford Bridge, je ne vous le cache pas, j’étais fou de joie. Non seulement il a marqué contre l’un des grands clubs européens et face à l’un des meilleurs gardiens de la planète (l’Argentin Emiliano Martinez).
Peut-il gagner comme vous un jour le Ballon d’Or ?
On ne peut jamais deviner ce que le destin nous réserve. En tout cas, je lui prévois une riche carrière remplie d’exploits plus particulièrement en équipe nationale, c’est mon vœu le plus cher.
M.S





