La Confédération africaine de football poursuit la structuration de la CAN 2027 et affine progressivement son calendrier.
Si les dates des six journées des éliminatoires étaient déjà connues, tout comme le calendrier international validé récemment par la FIFA, l’instance continentale a officialisé une nouvelle étape clé : le tirage au sort des éliminatoires se tiendra le 19 mai. Une annonce loin d’être anodine, puisqu’elle confirme l’entrée concrète dans la phase qualificative de cette édition inédite, coorganisée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Au total, 48 sélections, y compris les 3 pays hôtes, seront engagées et réparties en 12 groupes de 4, avec à la clé 24 billets pour la phase finale.
Rallonge
Les rencontres se disputeront lors des fenêtres FIFA de septembre-octobre 2026, novembre 2026 mais aussi mars 2027, cette dernière fenêtre a été rajoutée à la dernière minute après avoir décidé de programmer un match par date en septembre-octobre prochains. En parallèle, la CAF a également confirmé les dates de la phase finale, avec un match d’ouverture prévu le 19 juin 2027 et une finale programmée le 17 juillet 2027. Des échéances validées par le Conseil de la FIFA, preuve d’une coordination de plus en plus étroite entre les deux instances qui avaient d’un commun accord, décidé en janvier dernier de passer à une CAN tous les 4 ans au lieu de 2 ans, provoquant une vive polémique et un rejet important dans les rangs des amoureux du football africain.
Avertissement
Mais au-delà de l’aspect purement organisationnel, cette communication de la CAF s’apparente à un signal fort envoyé aux trois pays organisateurs. En publiant un calendrier détaillé et en avançant sur des jalons structurants comme le tirage au sort, l’instance dirigée par Patrice Motsepe s’aligne sur la rigueur de la FIFA et met clairement la pression sur ses hôtes pour respecter les délais. Cette fermeté s’inscrit dans la continuité de la récente visite du secrétaire général par intérim de la CAF, Samson Adamu, accompagné d’une délégation en Ouganda. Lors de cette mission, plusieurs réunions ont été tenues avec les responsables des trois pays, avec un message sans ambiguïté : les projets d’infrastructures doivent être livrés dans les temps et aucun report de la compétition n’est envisagé. Dans ce contexte, certaines inquiétudes persistent, notamment du côté du Kenya, considéré comme le maillon le plus en retard dans les préparatifs. À cela s’ajoute un calendrier politique chargé, avec des élections présidentielles prévues peu après le tournoi, un facteur qui pourrait peser sur l’organisation.
Selon certaines sources médiatiques, notamment sud-africaines, un intérêt existerait même en coulisses pour une éventuelle reprise de l’organisation en cas de désistement. Sans en arriver à un scénario extrême, la CAF pourrait néanmoins ajuster la répartition des grandes affiches. Les demi-finales et la finale pourraient ainsi être confiées à la Tanzanie et à l’Ouganda, épargnant le Kenya pour les derniers tours, une hypothèse qui reflète les équilibres actuels dans l’avancement des chantiers. Première édition organisée conjointement par trois pays, la CAN 2027 représente un défi logistique majeur mais aussi une opportunité unique pour le développement du football en Afrique de l’Est, une région qui n’a plus accueilli la compétition depuis 1976.
Mohamed Amokrane Smail




