Alors que les préparatifs de la CAN 2027 suscitent des interrogations dans les trois pays hôtes, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, l’Égypte avance ses pions et se positionne déjà comme une solution de rechange.
Forte de son expérience organisationnelle et de ses infrastructures, la fédération dirigée par Abou Rida entend profiter des difficultés annoncées pour accueillir plusieurs compétitions africaines. Après la CAN U23 qualificative aux JO de Los Angeles, elle lorgne la CAN U20 de 2027, sans écarter l’hypothèse d’un retour de la grande CAN sur son sol.
La CAN U20 dans le viseur
C’est le journaliste égyptien Mohamed Saeed, intervenant sur la chaîne ON Sport, qui a évoqué ces manœuvres. Selon lui, l’Égypte pourrait récupérer l’organisation de la CAN U20, programmée en mars 2027 au Ghana. Des interrogations entourent la préparation des infrastructures ghanéennes, même si aucune décision officielle n’a été annoncée par la CAF et que le Ghana demeure, à ce stade, le pays hôte désigné.
L’Égypte s’apprête également à accueillir la CAN U23, qualificative pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Si elle récupère effectivement le tournoi des jeunes, elle réaliserait déjà une première passe de deux avant de viser plus haut.
La grande CAN en ligne de mire
Le scénario le plus ambitieux concerne évidemment la CAN des seniors. Les missions d’inspection de la CAF ont sillonné le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda afin d’évaluer l’avancement des préparatifs. Des insuffisances auraient été relevées, mais aucune décision n’est attendue avant l’Assemblée générale de la CAF, prévue le 21 novembre à Abuja, au Nigeria. Patrice Motsepe semble vouloir laisser cette échéance trancher les différentes questions. Selon les pistes évoquées en Égypte, un report à 2028 ou un changement de pays hôte pourrait être envisagé si les trois organisateurs ne parviennent pas à respecter leurs engagements. Le pays d’Abou Rida se tient ainsi prêt à entrer en scène éventuellement, pour les éditions 2027 ou 2028, si aucune autre solution, notamment nord-africaine, ne se présente. À ce stade, il ne s’agit toutefois que d’hypothèses relayées par les médias égyptiens.
Le concurrent inattendu
Le Maroc, qui s’est progressivement imposé comme un partenaire privilégié de la CAF pour l’organisation de ses compétitions, pourrait voir l’Égypte lui contester ce statut. Alors que Rabat semblait disposer d’une position confortable auprès de l’instance continentale, Le Caire entend démontrer qu’il reste une alternative crédible, capable de prendre le relais lorsque les circonstances l’exigent.
L’Égypte possède des arguments solides. En 2019, elle avait organisé la CAN des seniors en un temps record, en moins de huit mois, après avoir récupéré l’organisation initialement attribuée au Cameroun. Une édition à 24 équipes menée à bien malgré les délais serrés et remportée par l’Algérie, qui avait décroché son deuxième titre continental. Elle a également accueilli la CAN U20 en 2025.
L’Algérie en retrait
Dans ce jeu d’influence autour des compétitions africaines, l’Algérie a, pour sa part, décidé de ne plus se porter candidate à l’organisation des tournois de la CAF, pour des raisons stratégiques. Un retrait qui réduit les options disponibles en Afrique du Nord et laisse davantage d’espace à l’Égypte pour se positionner. Le Caire pourrait ainsi tenter de réaliser la passe de trois : la CAN U23, la CAN U20 et, pourquoi pas, la CAN des seniors. Si ces scénarios restent à confirmer, l’Égypte affiche clairement ses ambitions et entend rappeler à la CAF qu’elle peut redevenir son recours privilégié. Le congrès du 21 novembre pourrait apporter les premières réponses, avant que les décisions définitives sur les prochaines compétitions ne soient connues.
S.M.A.





