Alors qu’il s’était imposé comme le joueur le plus régulier de l’équipe nationale algérienne lors de la CAN 2025 au Maroc, Rafik Belghali voit sa dynamique brutalement freinée par une sanction disciplinaire de la Confédération africaine de football, tombée à un moment particulièrement délicat de sa trajectoire internationale.
Le jury disciplinaire de la CAF s’est réuni pour examiner les incidents survenus à l’issue du match Algérie-Nigeria, disputé le 10 janvier 2026 au Grand Stade de Marrakech, en huitièmes de finale de la CAN. À l’issue des délibérations, plusieurs décisions ont été annoncées mercredi, dont une lourde sanction financière avoisinant les 100 000 dollars à l’encontre de la Fédération algérienne de football.
Sur le plan sportif, la suspension de deux matches infligée au gardien Zidane, qui le privera des deux premières rencontres des éliminatoires de la CAN 2027 en septembre prochain, a retenu l’attention. Mais c’est surtout la sanction visant Rafik Belghali qui suscite de nombreuses interrogations. Le latéral droit algérien a écopé de quatre matches officiels CAF avec l’Equipe nationale pour comportement agressif et intimidant envers l’arbitre à la fin de la rencontre. Toutefois, deux matches sont assortis d’un sursis probatoire d’une durée d’un an, à compter de la date de la décision. Le détail n’avait pas été mentionné dans le communiqué publié initialement par la FAF ; il a fallu attendre le procès-verbal de la sanction publié par la CAF un peu plus tard pour en connaître les termes exacts.
365 jours
« Suspension du joueur algérien Rafik Belghali pour 4 matches officiels CAF avec l’équipe nationale d’Algérie, pour comportement agressif et intimidant envers l’arbitre à la fin de la rencontre. Toutefois, 2 matches sont assortis d’un sursis probatoire d’une durée de 1 an, à compter de la date de la présente décision », pouvait-on lire dans le communiqué de la CAF.
Concrètement, Belghali devra purger deux matches fermes, tandis que les deux autres resteront en suspens pendant 365 jours. En cas de nouvelle infraction disciplinaire relevant du règlement de la CAF durant cette période, les matches en sursis deviendront automatiquement exécutoires et s’ajouteront à toute nouvelle sanction éventuelle.
Une épée de Damoclès qui accompagnera désormais le joueur jusqu’au 21 janvier 2027, soit pendant l’intégralité des éliminatoires de la CAN prévues entre septembre et novembre 2026. Cette sanction intervient au plus mauvais moment pour Belghali. Lors de la CAN au Maroc, il avait pourtant été l’un des rares motifs de satisfaction côté algérien. Régulier, constant dans l’effort et discipliné tactiquement, il avait totalement pris le dessus sur Youcef Atal dans le face-à-face direct pour une place de titulaire. Belghali figurait même dans le trio des joueurs algériens ayant disputé le plus de minutes durant le tournoi, preuve de la confiance placée en lui et de son importance dans l’équilibre de l’équipe, surtout après la blessure de Chergui.
Mea-culpa
Cette progression nette et assumée se retrouve aujourd’hui freinée par une décision qui l’oblige à une vigilance extrême. Le joueur le savait. Dès le lendemain de l’élimination, Rafik Belghali avait pris la parole sur ses réseaux sociaux pour revenir sur les incidents ayant marqué la fin du match face au Nigeria. Une réaction rapide, encouragée par les dirigeants de la FAF, soucieux d’éviter une aggravation de son cas devant les instances disciplinaires : « J’ai vu la vidéo qui circule après le match et je comprends la manière dont elle peut être perçue sans l’ensemble du contexte », avait écrit le joueur du Hellas Vérone. « Après le coup de sifflet final, je me suis approché de l’arbitre pour lui serrer la main. Sa réaction m’a surpris et, sous le coup de l’émotion, je l’ai brièvement suivi pour lui demander pourquoi. »
Belghali avait tenu à nier toute intention agressive.
« Il n’y a eu ni agressivité ni volonté de confrontation. J’assume toutefois ma responsabilité d’avoir laissé la situation se prolonger plus longtemps qu’elle n’aurait dû, dans un moment de forte émotion après un match intense », avait-il précisé, rappelant son respect constant envers les officiels : « Je respecte les arbitres ainsi que le jeu, et je reste concentré sur ma progression en tant que professionnel, avec l’objectif de représenter mon club et mon pays avec responsabilité et discipline. »
Si cette prise de parole a probablement permis de limiter les dégâts, la sanction n’en demeure pas moins lourde dans ses conséquences sportives. Pour un joueur en pleine ascension, désormais installé dans la hiérarchie et vainqueur de son duel avec Atal, cette suspension partielle agit comme un sérieux coup d’arrêt. Belghali va devoir composer avec cette menace permanente, surveiller chacun de ses gestes et canaliser ses émotions pendant un an. Un prix élevé à payer pour un joueur qui, sur le terrain, avait incarné la régularité et la fiabilité des Verts à la dernière CAN.
S. M. A.





