EN : Zidane et Belghali suspendus 2 matchs, la FAF fait appel

Publié le : 22 Janvier 2026

Onze jours après les incidents ayant émaillé le quart de finale explosif de la CAN 2025 disputé à Marrakech face au Nigeria, la Confédération africaine de football a fini par rendre son verdict. Sur le plan sportif, le gardien Luca Zidane écope de deux matchs de suspension, applicables lors des éliminatoires de la CAN 2027. 

 

Le défenseur latéral Rafik Belghali, jugé plus insistant et plus virulent aux yeux du corps arbitral, est sanctionné de quatre matchs de suspension, dont deux avec sursis. Les images télévisées et celles issues des caméras de sécurité ont particulièrement accablé le joueur, considéré comme l’un des principaux protagonistes de la contestation. En revanche, Adem Zorgane, pourtant cité dans les rapports initiaux et placé dans le collimateur de la CAF, s’en sort totalement indemne, un point loin d’être anodin.

 

Une amende de 100 000 dollars

 

Initialement, le rapport de l’arbitre et du commissaire du match évoquait des sanctions bien plus lourdes, allant de quatre à six matchs fermes pour Zidane et Belghali, tandis que Zorgane risquait deux rencontres de suspension. Si ces peines ont finalement été revues à la baisse, c’est en grande partie grâce à la riposte méthodique de la FAF.

Sur le plan financier, la facture est salée. La FAF écope d’une amende globale de 100 000 dollars, répartie comme suit : 5 000 dollars pour conduite incorrecte de l’équipe nationale, après l’avertissement de cinq joueurs durant le match, 25 000 dollars pour le comportement inapproprié de certains joueurs et officiels à l’issue de la rencontre, ayant jeté le discrédit sur le match, 5 000 dollars pour l’utilisation de fumigènes par les supporters algériens, 5 000 autres dollars pour jets d’objets, 10 000 dollars pour non-respect des mesures de sécurité après des tentatives de forcer les barrières et, enfin, 50 000 dollars pour gestes offensants et abusifs à l’encontre des arbitres, notamment l’affichage de billets de banque.

 

La main de Lekjaâ

 

C’est précisément cette dernière sanction qui soulève le plus d’interrogations et ravive la polémique. La CAF, sans le mentionner explicitement, fait allusion clairement à ces billets de monnaie marocaine déchirés par un supporter devant le monde entier, un détail exploité par la partie marocaine, toujours à l’affût d’une erreur algérienne pour s’inviter dans l’équation. Tout porte à croire, en effet, qu’une partie marocaine a activement œuvré pour faire remonter cet incident et lui donner une ampleur maximale, afin de justifier une sanction exemplaire. Fait troublant : ces images n’ont jamais été diffusées sur les écrans officiels du stade ni reprises par la réalisation télévisée, puisqu’il s’agissait de vidéos et de photos prises par des particuliers, souvent des photographes. Malgré cela, la CAF s’en est servie comme élément à charge, comme en témoigne le contenu précis de son communiqué.

Malgré ce contexte défavorable, les observateurs trouvent que l’équipe nationale a échappé à des sanctions bien plus sévères grâce au dossier de défense transmis par la FAF à la Commission de discipline de la CAF. Un rapport détaillé de cinq pages, présenté lors de l’audition tenue samedi dernier, a permis de replacer les événements dans leur contexte et de pointer clairement les responsabilités du corps arbitral.

 

La contre-attaque de la FAF

 

La FAF a notamment produit une séquence édifiante montrant Issa Sy refuser de serrer la main de Berkane après le coup de sifflet final, tout en adressant des salutations appuyées aux joueurs nigérians. Un comportement jugé non professionnel, provocateur et contraire à l’éthique arbitrale. Ce point a pesé dans la balance, et risque de coûter cher à Sy prochainement, tout comme l’argumentaire démontrant le mauvais traitement subi par les joueurs algériens tout au long de la rencontre.

 

Le match entaché d’irrégularités

 

Même les sanctions financières, initialement doublées, ont été sensiblement revues à la baisse après examen du dossier de défense. La CAF, sans l’admettre ouvertement, a ainsi reconnu implicitement que le match face au Nigeria avait été entaché d’irrégularités manifestes. En revanche, aucune mesure disciplinaire n’a encore été prise à l’encontre de l’arbitre sénégalais Issa Sy, une décision perçue comme une tentative de préserver ce qui reste de sa crédibilité, mais son dossier reste ouvert et il pourrait payer ses fautes lourdement dans un avenir très proche. Au final, la FAF s’en sort avec des sanctions jugées modérées eu égard du climat hostile dans lequel l’équipe nationale a évolué durant cette CAN.

S. M. A.