Récemment, la question de la place de Riyad Mahrez dans les plans de Vladimir Petkovic s’est imposée au cœur des débats. Contre l’Uruguay, le sélectionneur a totalement rebattu les cartes en optant pour un système à trois défenseurs centraux et deux animateurs offensifs, laissant de côté les ailiers.
Un choix fort, qui a coûté cher au capitaine des Verts, relégué sur le banc contre toute attente. Une décision qui a alimenté les interrogations, d’autant que l’équipe a affiché un meilleur équilibre collectif sans lui.
Un contexte qui change la donne
Mais à deux mois du choc face à l’Argentine, prévu dans la matinée du 17 juin prochain, la réflexion ne peut être la même. Petkovic est à la fois en train de finaliser sa liste pour le Mondial et de préparer ce match d’ouverture face au champion du monde en titre. Un rendez-vous à part, chargé d’histoire et d’émotion. Ce sera probablement le début du compte à rebours pour la carrière internationale de Lionel Messi… mais aussi celle de Riyad Mahrez. Dans ce contexte, l’approche change radicalement : il ne s’agit plus seulement de trouver un équilibre tactique, mais de bâtir une équipe capable de rivaliser sans complexe, avec expérience et personnalité.
Le poids de l’expérience et du brassard
Et dans ce registre, Mahrez reste une référence. Capitaine depuis plus de quatre ans et surtout depuis septembre 2024, date de son retour dans le groupe après le départ de Belmadi, il est bien plus qu’un joueur : un leader, un relais sur le terrain, une figure respectée. Dans les grandes compétitions, un sélectionneur se passe rarement de son capitaine, encore moins à l’aube d’un Mondial. Sa présence face à l’Argentine pourrait peser bien au-delà de son rendement individuel. Les observateurs le savent : Mahrez attire l’attention, oblige l’adversaire à s’adapter et à mobiliser des ressources pour le contenir. Face à une équipe comme l’Albiceleste, cela peut libérer des espaces pour d’autres éléments. Une carte tactique précieuse pour Petkovic, qui continue de voir en lui un joueur à part. En d’autres termes : Mahrez reste Mahrez.
Des options encore ouvertes
Certes, les enseignements du stage de mars semblaient indiquer qu’il n’était pas, à l’instant T, un titulaire indiscutable. Après un retour en forme encourageant en fin d’année 2025 et au début de la CAN, Mahrez a connu une baisse de régime. Mais un Mondial ne se gère pas comme une simple série de matches amicaux. Si l’échéance avait été différente, Petkovic aurait peut-être tourné la page. Or, il s’agit ici du plus grand rendez-vous, et possiblement du dernier pour son capitaine. Cela change tout. D’autant que les options tactiques ne sont pas figées. Le 3-4-2-1 utilisé contre l’Uruguay, avec un duo Maza-Aouar en soutien, a apporté de l’équilibre, mais il n’est pas intangible. Le rendement jugé insuffisant d’Aouar pourrait ouvrir la porte à un réaménagement, qui impliquerait un repositionnement de Mahrez dans un rôle plus axial. Une adaptation qui demanderait du travail durant la préparation de fin mai et début juin, mais qui reste envisageable.
Autre alternative : un retour à un 3-4-3 plus classique, notamment avec le possible retour de Bounedjah en pointe, ce qui redonnerait toute sa place à un ailier comme Mahrez.
Suspense jusqu’au bout
La question reste donc entière : Mahrez sera-t-il titulaire face à l’Argentine ? Revivra-t-il un match d’ouverture de groupe en Coupe du monde, comme en 2014 face à la Belgique, lui qui avait ensuite été écarté par Halilhodzic avant le sursaut des Verts ? Ou devra-t-il se contenter d’une entrée en jeu en cours de match ? Le rêve de disputer pleinement un Mondial, Mahrez le nourrit depuis plus d’une décennie. Et l’opportunité d’affronter Messi, pour la première et sans doute la dernière fois en sélection, donne à ce rendez-vous une dimension unique. Pour Petkovic, le dilemme est réel. Entre la dynamique collective observée en mars et l’apport d’un leader expérimenté, le choix est délicat. Mais dans un match, voire une compétition d’une telle envergure, l’expérience, l’aura et le leadership peuvent faire basculer bien des choses. Et à ce jeu-là, l’enfant de Sarcelles conserve, plus que jamais, toutes ses chances de débuter.
S. M. A.





