Algérie-Bolivie : Les raisons du huis clos

Publié le : 10 Juin 2026

Comme annoncé hier dans nos colonnes, la rencontre qui opposera notre équipe nationale à la Bolivie demain mercredi à Kansas City, à partir de 19h (heure locale), soit 1h du matin (heure algérienne), se jouera à huis clos, c’est-à-dire sans la présence des supporters algériens qui espéraient assister au dernier match amical des Verts ici à Kansas City.

 

D’autant plus que la majorité d’entre eux n’a toujours pas réussi à se procurer un billet pour la rencontre face à l’Argentine et pourrait ainsi manquer la première sortie des Verts dans cette Coupe du monde. Hier, nous vous annoncions également que c’était la FIFA qui avait imposé le huis clos pour cette rencontre. Pourquoi donc l’instance mondiale a-t-elle opposé un refus catégorique à la présence des supporters algériens lors de cette joute amicale face à la Bolivie ? La principale raison est d’ordre sécuritaire. Il faut dire que l’envahissement de terrain par certains supporters algériens à l’Allianz Stadium de Turin, le 31 mars dernier, à l’issue du match amical face à l’Uruguay, a fortement terni l’image des fans des Verts. Des images qui, rappelons-le, avaient fait le tour des médias du monde entier et dont la FIFA avait pris acte.

 

Un probable envahissement de terrain pourrait ternir le début du Mondial

 

De ce fait, cette rencontre face à la Bolivie, programmée la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde, nécessite, selon la FIFA et les autorités locales de Kansas City, d’importantes mesures de sécurité, compte tenu du grand nombre d’Algériens présents sur place et désireux d’assister au match.

Un dispositif conséquent composé d’agents de sécurité et de policiers serait nécessaire, mais la FIFA et les autorités locales estiment ne pas être en mesure de le mobiliser à seulement vingt-quatre heures du début du Mondial. L’autre argument avancé par la FIFA est qu’en cas de présence du public et d’un éventuel envahissement de terrain, les organisateurs ne seraient pas en mesure de garantir pleinement la sécurité des joueurs des deux équipes. Les images qui pourraient en résulter risqueraient de ternir cette Coupe du monde avant même son coup d’envoi officiel. Les autorités locales considèrent même qu’un tel scénario pourrait porter préjudice à la ville de Kansas City, qui prépare cet événement depuis plusieurs années.

 

Les médias sont, eux, autorisés à couvrir le match

 

Si, dans un premier temps, la FIFA avait refusé l’accès aux médias pour cette rencontre amicale, l’instance mondiale a finalement donné son accord, mais sous des conditions très strictes. Les deux fédérations concernées, algérienne et bolivienne, ont ainsi multiplié les discussions et les négociations avant d’obtenir gain de cause. Parmi les principales exigences de la FIFA figure l’obligation pour chaque fédération de transmettre les noms, prénoms et organes de presse de tous les journalistes accrédités pour cette Coupe du monde et appelés à couvrir la rencontre. Le service média de la FAF s’est exécuté en transmettant une liste détaillée des journalistes algériens présents à Lawrence. Ils ne sont d’ailleurs pas très nombreux pour le moment, puisque leur effectif ne dépasse pas une dizaine.

 

Les vidéos du premier entraînement des Verts n’ont rien arrangé

 

Il est également important de signaler que même après l’annonce du huis clos, la Fédération algérienne de football gardait un mince espoir de convaincre les différentes parties concernées lors de la réunion tenue hier. Cependant, le comportement de certains supporters présents lors de la première séance d’entraînement des Verts, avant-hier au Rock Chalk Park, a définitivement compromis toute possibilité de revoir cette décision. L’accès au site avait pourtant été interdit au public, seuls les journalistes étant autorisés à assister au premier quart d’heure de la séance.

Malgré cette interdiction, certains supporters se sont rendus derrière le stade afin de filmer l’entraînement avant de diffuser les images sur les réseaux sociaux. Une situation qui a conforté les craintes de la FAF et provoqué la colère du sélectionneur national, Vladimir Petkovic. Un premier incident avait déjà eu lieu le jour de l’arrivée de la délégation à l’hôtel. Si la majorité des supporters a affiché un comportement exemplaire, certains ont tenté d’accéder de force à l’établissement. Tous ces éléments ont finalement pesé dans la décision de maintenir le huis clos.

 

Un dispositif sécuritaire considérablement renforcé lors de la deuxième séance

 

Il convient enfin de préciser qu’à la suite de la diffusion des vidéos du premier entraînement sur les réseaux sociaux, le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé hier autour du camp de base de l’équipe nationale au Rock Chalk Park. Tout accès aux supporters a ainsi été interdit dès l’entrée de l’université, située pourtant à une importante distance du terrain d’entraînement. Il est toutefois utile de rappeler, comme nous l’avions indiqué dans notre édition d’hier, que les supporters seront autorisés à assister à la séance d’entraînement prévue ce jeudi 11 juin, soit cinq jours avant le grand rendez-vous face à l’Argentine.

A. H. A.