JSL : et pourtant Zinnbauer avait tiré la sonnette d’alarme...

Publié le : 26 Janvier 2026

Depuis son arrivée à la JSK, Josef Zinnbauer a adopté une ligne de conduite claire qui est de protéger son groupe et se concentrer exclusivement sur l’aspect sportif. Refusant systématiquement de s’exprimer sur les problèmes internes du club, qu’ils concernent le vestiaire, les relations entre les joueurs et la direction ou encore les difficultés structurelles, le technicien allemand s’est longtemps muré dans le silence. 

 

Pour lui, l’essentiel était de préserver la stabilité mentale de ses joueurs et d’éviter toute pression supplémentaire. Mais le match nul concédé à domicile face au MB Rouissat (1-1), disputé le 5 janvier dernier, a marqué un véritable tournant. Ce résultat, vécu comme une contre-performance face au nouveau promu et au stade Hocine-Aït-Ahmed, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Josef Zinnbauer a alors estimé que le «couteau était arrivé à l’os» et qu’il n’était plus possible de garder le silence. Conscient de la gravité de la situation et du climat pesant qui entoure le club, l’entraîneur de la JSK a décidé de dévoiler publiquement ce qui, selon lui, ne fonctionne plus au sein du club.

 

Une énergie négative à tous les niveaux

 

Lors de la conférence de presse animée au stade après le match face au MBR, Zinnbauer n’a pas mâché ses mots. Il a évoqué l’existence d’une «énergie négative» qui règne au sein de l’équipe, et ce, à tous les niveaux. Une déclaration forte, qui traduit un malaise profond allant bien au-delà du simple aspect sportif. Pour le coach, cette atmosphère délétère touche aussi bien le plan technique que la gestion, l’administration et même l’environnement général du club. Une situation complexe qui freine la progression de l’équipe et empêche les joueurs d’évoluer dans un climat serein. Face à ce constat alarmant, Josef Zinnbauer avait lancé un appel clair à l’union. «Nous devons tous nous unir et travailler comme une seule famille afin de remettre l’équipe sur la bonne voie. Nous vivons une situation difficile et complexe à tous les niveaux que ce soit technique, gestion, administration et même au niveau des supporters.»

 

Boycott et tensions

 

Parmi les points soulevés, Zinnbauer s’est longuement attardé sur la relation entre l’équipe et son public. Il a déploré le boycott d’une partie des supporters ainsi que les insultes adressées aux joueurs durant les rencontres, estimant que cette attitude ne constitue en rien une solution. «L’ambiance dans notre stade a beaucoup changé et nous ne ressentons plus la chaleur et la passion de la saison passée. Que peut-on attendre d’un joueur insulté durant les échauffements.» Ces propos traduisent la nostalgie d’un stade Hocine-Aït-Ahmed bouillant, capable de porter l’équipe dans les moments difficiles. Aujourd’hui, cette absence de soutien pèse lourdement sur le moral des joueurs.

 

Les difficultés financières mises à nu

 

Avant le match de la Ligue des champions face aux FAR de Rabat, lors de la conférence de presse d’avant-match, Josef Zinnbauer est allé encore plus loin. Il a ouvertement évoqué l’incompétence de la direction dans la gestion du dossier financier, mettant en lumière les problèmes persistants entre les dirigeants et les joueurs. Les salaires impayés ainsi que les primes d’objectifs de la saison passée réclamées par les joueurs constituent un véritable poison pour la sérénité du groupe. «Oui, on a un problème financier entre les joueurs et la direction», a-t-il reconnu sans détour. Il a également expliqué les raisons de l’échec ou de la lenteur du recrutement. «On était en négociations avec des joueurs ciblés, parfois le salaire demandé est très élevé, parfois le montant du transfert est jugé trop important. En tant que coach, si on me propose Ronaldo ou Benzema, je prends, bien sûr ! Mais la réalité est différente, et il faut trouver des solutions adaptées.» Une déclaration teintée d’ironie, mais surtout révélatrice des limites budgétaires du club, incapable de rivaliser sur le marché avec des formations plus stables financièrement.

 

Une direction pointée du doigt sans détour

 

Même s’il a choisi ses mots, Josef Zinnbauer a clairement mis en cause la gestion du club. En évoquant l’incompétence de la direction lors de sa conférence de presse avant le match de la Ligue des champions contre les FAR, il a franchi une ligne qu’il s’était jusque-là interdit de dépasser. Pour beaucoup d’observateurs, cette sortie médiatique est le signe d’un ras-le-bol total, mais aussi d’un dernier recours pour faire réagir les décideurs et attirer l’attention sur l’urgence de la situation.

 

Le rôle ambigu du propriétaire du club

 

La question du propriétaire, Mobilis, a également été évoquée de manière indirecte. L’absence de moyens financiers suffisants et le manque de visibilité sur l’avenir du club suscitent de nombreuses interrogations. Zinnbauer, sans jamais citer directement Mobilis de façon directe, a laissé entendre que sans un engagement financier clair et durable, il sera impossible de rivaliser avec les clubs les mieux structurés, que ce soit sur le plan national ou continental.

 

Un coach lucide mais impuissant

 

Malgré toutes ces difficultés, Josef Zinnbauer continue de faire tout son possible pour protéger son équipe et obtenir des résultats positifs. Cependant, il reste lucide : sans moyens financiers adéquats et sans un réel soutien de la part du propriétaire du club, Mobilis, il est impossible de faire des miracles. Le technicien allemand se retrouve ainsi dans une position délicate, partagé entre sa volonté de bâtir une équipe compétitive et les contraintes structurelles qui plombent le quotidien de la JSK.

M. H.