MCO : Guenad et Cherif El Ouazzani sous pression

Publié le : 12 Juillet 2026

À un peu plus de quelques semaines du coup d'envoi de la saison 2026-2027, le climat est loin d'être serein au Mouloudia d'Oran. Si l'équipe poursuit normalement sa préparation estivale, en coulisses, la pression ne cesse de monter sur les dirigeants.

 

Les supporters, eux, affichent de plus en plus ouvertement leur mécontentement face à un mercato qu'ils jugent largement en-deçà des attentes. Il faut dire que les Hamraoua espéraient un tout autre scénario. Après un exercice 2025-2026 globalement réussi, conclu à la quatrième place du championnat, le MCO avait laissé entrevoir des perspectives prometteuses. L'équipe avait échoué de peu dans la course à une qualification continentale, ce qui avait nourri l'espoir de voir la direction bâtir un effectif capable de jouer les premiers rôles dès la saison prochaine. Or, jusqu'à présent, le bilan est loin de convaincre. Le club n'a enregistré que quatre nouvelles recrues : le défenseur Houari Baouche, arrivé du CS Constantine, les attaquants Ahmed Ghennam, révélation du CR Témouchent, et Edlin Randy Essang-Matouti, en provenance de l'USM Khenchela, ainsi que le milieu de terrain Ismaïl Saadi, transféré de la JS Saoura.

 

Des renforts jugés intéressants sur le papier, mais qui ne répondent pas aux ambitions affichées par les supporters, lesquels réclament des joueurs capables de faire franchir un véritable palier au Mouloudia. À cette déception s'ajoutent les nombreuses incertitudes qui entourent encore le club. La question de l'entraîneur demeure entière. Et c'est Cherif El-Ouazzani qui assure l'intérim. Mais la direction n'a toujours pas tranché entre lui confier définitivement les commandes techniques ou recruter un nouvel entraîneur. Cette absence de visibilité entretient le flou autour du projet sportif. Comme si cela ne suffisait pas, le départ du manager général Zoubir Ouasti est venu alimenter davantage les interrogations. Cette succession d'événements donne l'image d'un club qui peine encore à trouver sa stabilité à l'approche d'une saison pourtant très importante.

 

La grogne monte d'un cran

 

Ces dernières semaines, de nombreux noms ont circulé autour du Mouloudia. Les supporters ont vu défiler plusieurs pistes, parfois prestigieuses, sans qu'aucune ne se concrétise. Le dossier le plus médiatisé reste incontestablement celui de Youcef Belaïli. Les dirigeants pensaient tenir le coup qui permettrait de calmer la grogne populaire. Ils étaient prêts à répondre favorablement aux exigences de l'international algérien, y compris sur le plan financier, afin de convaincre leur ancien joueur de retrouver le maillot rouge et blanc. Mais la concurrence du MC Alger, de l'Espérance de Tunis et d'autres prétendants a finalement empêché le MCO de conclure l'opération.

 

Cet échec a laissé un goût amer chez les supporters, qui y voyaient le symbole du retour des grandes ambitions. Dans le même temps, plusieurs autres pistes ont été évoquées. Toutefois, aucune avancée significative n'a été enregistrée, alimentant encore davantage les critiques contre une direction accusée de manquer d'efficacité sur le marché des transferts. Autre élément qui n'est pas passé inaperçu : le retrait des affaires sportives du président du CSA, Belelou Baroudi. Longtemps très impliqué dans les négociations avec les nouvelles recrues, ce dernier s'est fait beaucoup plus discret ces derniers jours. Une situation qui laisse penser que des divergences existent au sein même de la direction concernant la gestion du mercato.

 

Il faut vite passer à la vitesse supérieure

 

Aujourd'hui, tous les regards sont braqués sur le président du Conseil d'administration, Hichem Guenad, et le directeur sportif Cherif El Ouazzani Si Tahar. Avec le départ de Zoubir Ouasti et la mise en retrait de Belelou Baroudi, les deux hommes se retrouvent en première ligne face à une contestation qui prend de l'ampleur. Leur mission est désormais claire : relancer rapidement un mercato qui peine à convaincre et apporter les garanties réclamées par les supporters. Car au-delà du nombre de recrues, c'est surtout leur qualité qui est attendue.

 

Les Hamraoua veulent voir arriver des joueurs capables de faire la différence et permettre au club de rivaliser avec les meilleures équipes du championnat. Le temps, cependant, joue contre le Mouloudia. Au fil des jours, les meilleures opportunités du marché disparaissent, tandis que la préparation de l'équipe se poursuit sans véritable visibilité sur le visage définitif de l'effectif. Les prochains jours pourraient donc être décisifs. La direction sait qu'elle n'a plus droit à l'erreur. Un ou deux recrutements d'envergure suffiraient sans doute à apaiser une partie de la colère populaire. À défaut, la fracture entre les dirigeants et les supporters risque de s'accentuer davantage, avant même le coup d'envoi du nouvel exercice.

Adem. O