Invité de l’émission After Foot sur RMC, le sélectionneur du Nigeria, le Franco-malien Eric Sékou Chelle, est revenu ce lundi sur la victoire de son équipe face à l’Algérie (2-0), en quart de finale de la CAN-2025 disputé le 10 janvier dernier au stade de Marrakech. Une rencontre qu’il dit avoir préparée en tenant compte de sa connaissance du football algérien.
« J’ai eu la chance d’entraîner six mois en Algérie, donc j’ai encore plus découvert le footballeur algérien », a confié Chelle. Selon lui, le joueur algérien est avant tout un joueur technique, attaché au jeu de possession : « Je sais que c’est un joueur qui veut faire tous ses exercices avec le ballon. Je sais aussi que les supporters algériens prennent du plaisir quand leur équipe garde le ballon. »
Face à ce constat, l’ancien entraîneur du MC Oran a fait un choix clair : empêcher les Verts de développer leur jeu. « Techniquement, si je les laisse jouer, on va prendre la foudre. Donc j’ai pris le parti de leur mettre une intensité de malade », explique-t-il, insistant sur la pression constante exercée par ses joueurs dès l’entame de la rencontre.
La composition de l’équipe algérienne a également conforté son plan de jeu. L’absence de l’attaquant Baghdad Bounedjah, selon lui, a pesé lourd dans la capacité des Verts à résister au pressing.
« Pour moi, s’il y a Bounedjah, ce n’est pas la même chose. Pour sortir d’un pressing, il n’y a pas trente-six solutions : soit tu sors techniquement, soit tu mets un long ballon sur ton attaquant qui cale les ballons et fait remonter le bloc. »
En ne voyant pas l’attaquant d’Al-Shamal (Qatar) débuter la rencontre, Chelle avoue avoir été soulagé : « Quand je ne vois pas Bounedjah, j’ai dit : ouf, c’est bon les gars, mettez encore plus de pression. »
Le sélectionneur des « Super Eagles » dit également avoir été surpris par l’absence de changements côté algérien à la pause, alors que le score était encore nul et vierge. « Je pensais qu’ils allaient changer à la mi-temps. Je m’attendais à ça, mais finalement ils n’ont pas changé. Peut-être qu’ils pensaient qu’on allait baisser de pied. »
Un calcul que Chelle n’a jamais partagé, conscient des limites physiques de son équipe : « En général, entre la 60e et la 70e minute, c’est là qu’on a notre pic, qu’on descend physiquement. »
Grâce à une intensité maintenue et un pressing constant, le Nigeria a fini par faire plier l’Algérie en seconde période, validant son billet pour les demi-finales, avant de se faire éliminer par le Maroc.
M.M





