L’absence de Ramy Bensebaïni lors de la victoire face à la Bolivie (4-0), jeudi matin à Kansas City, a suscité de nombreuses interrogations. Déjà forfait contre les Pays-Bas quelques jours auparavant, le défenseur du Borussia Dortmund n’a toujours pas effectué son retour à la compétition, alors que l’entrée en lice des Verts face à l’Argentine approche à grands pas.
Parfois, les images des entraînements sont trompeuses. Bensebaïni participe aux séances collectives, aux exercices avec ballon et même aux oppositions internes. Mais lorsqu’il s’agit de passer à la compétition, le défenseur reste absent. Plus inquiétant encore, il a réapparu récemment avec une attelle au pied, alimentant davantage les doutes sur son état réel.
Éloigné des terrains depuis le 26 avril, soit depuis un mois et demi, le gaucher algérien accuse inévitablement un retard physique. Face à une sélection argentine de très haut niveau, Petkovic devra donc trancher entre prudence médicale et nécessité sportive.
Un problème qui dépasse le seul cas Bensebaïni
La préoccupation est d’autant plus importante que Bensebaïni est le seul véritable défenseur central gaucher retenu dans la liste. Tous les autres spécialistes de l’axe, à savoir Mohamed-Amine Tougaï, Zineddine Belaïd, Aïssa Mandi, Abada ou encore Chergui évoluent préférentiellement du pied droit.
Cette situation rappelle les débuts de Vladimir Petkovic à la tête des Verts. Le 22 mars 2024, lors de son premier match contre la Bolivie, Bensebaïni avait quitté prématurément la pelouse après seulement 19 minutes. Remplacé par Tougaï, il avait laissé une défense qui avait ensuite encaissé cinq buts en deux rencontres à Baraki, dont trois face à l’Afrique du Sud.
Après cette rencontre où Mandi a commis des erreurs dans une position qui n’est pas la sienne, Petkovic avait insisté sur l’importance de disposer d’un défenseur axial gaucher afin d’apporter davantage d’équilibre dans la relance et l’occupation des espaces. Les difficultés rencontrées à l’époque avaient laissé des traces dans l’esprit du sélectionneur.
Hadjam, la solution la plus naturelle
Si Bensebaïni venait à manquer le rendez-vous face aux champions du monde, la première solution pourrait mener vers Jaouen Hadjam. Le retour du joueur des Young Boys constitue une excellente nouvelle pour le staff technique, tant sa polyvalence est précieuse.
Capable d’évoluer comme latéral gauche, piston, défenseur droit ou même axial gauche dans une défense à trois, Hadjam offre plusieurs alternatives à Petkovic. Cette option semble d’ailleurs gagner en crédibilité au regard des indices aperçus depuis le début de la préparation.
L’Algérie paraît, en effet, s’orienter vers un système à trois défenseurs centraux contre l’Argentine. Dans cette configuration, Zineddine Belaïd, dont la place de titulaire semble quasiment acquise, serait accompagné d’Aïssa Mandi et de Hadjam sur le côté gauche de l’axe. Une telle formule permettrait de préserver un certain équilibre grâce à la présence d’un gaucher dans la ligne défensive, tandis que Rayan Aït-Nouri occuperait le couloir gauche.
Tougaï, l’autre scénario envisagé
Une seconde combinaison demeure toutefois envisageable. Elle consisterait à aligner un trio composé de Belaïd, Mandi et Mohamed-Amine Tougaï.
Le défenseur de l’Espérance de Tunis affiche une forme ascendante depuis plusieurs semaines et apparaît comme l’un des éléments les plus performants du secteur défensif, il a même réussi à devancer Chergui dans la hiérarchie. Certes, mais cette formule présenterait l’inconvénient de réunir trois défenseurs droitiers dans l’axe, avec le risque de déséquilibrer certaines sorties de balle, mais Petkovic connaît parfaitement leurs qualités et pourrait choisir l’option de la continuité.
À quelques jours du choc face à Lionel Messi et ses coéquipiers, aucune décision définitive n’a encore filtré. Une chose semble néanmoins se dégager des différents essais observés depuis le début du rassemblement : le sélectionneur algérien envisage sérieusement d’aligner une défense à trois centraux dans un 3-4-2-1 contre l’Argentine. Reste désormais à savoir si Bensebaïni sera en mesure d’en être le pilier gauche ou si Petkovic devra se résoudre à revoir ses plans pour l’un des matchs les plus importants de ce Mondial.
Mohamed Amokrane Smail





