Belmellat : « Il faut donner la chance à d’autres gardiens »

Publié le : 7 Juillet 2026

Ancien gardien international, passé également par les staffs des sélections nationales U20 et U23 en qualité d’entraîneur des gardiens, Farid Belmellat possède une solide expérience du poste. L’ancien technicien du CR Belouizdad, de l’USM Alger, de la JS Kabylie, du Simba SC et du Modern Sport revient sur les prestations des portiers algériens lors de la Coupe du monde 2026. Il dresse également le bilan du parcours des Verts et estime que la sélection doit désormais ouvrir davantage la concurrence dans les cages.

 

Comment évaluez-vous le rendement des gardiens de but de l’équipe nationale durant cette Coupe du monde ?

 

Avant même d’évoquer leurs prestations sur le terrain, je pense qu’il faut rappeler qu’une pression négative entourait les gardiens avant le début du Mondial. Il y avait beaucoup de débats et de critiques autour de ce poste. Forcément, cela a dû les affecter. Ils sont arrivés à cette Coupe du monde avec un poids supplémentaire sur les épaules et, à mon avis, cela s’est ressenti dans leurs performances.

 

Estimez-vous qu'ils n'ont pas été à la hauteur des attentes ?

 

À mes yeux, les gardiens n’ont pas apporté ce supplément que l’on attendait d’eux. Prenez Luca Zidane, par exemple. Il revenait d’une blessure assez sérieuse et on a pu constater qu’il manquait encore de repères. Sur certaines situations, il a commis des erreurs de placement. Globalement, je considère que nos gardiens n’ont pas été décisifs et n’ont pas réussi à faire basculer les matches en faveur de l’équipe. Mais attention, il ne faut surtout pas leur faire porter toute la responsabilité. C’est avant tout un échec collectif. Si le milieu de terrain et la défense avaient mieux rempli leur mission sur certaines actions, les gardiens n’auraient peut-être pas encaissé ces buts.

 

Quel bilan faites-vous du parcours de l'Algérie dans cette Coupe du monde ?

 

Le bilan est mitigé. Au regard du potentiel de cette équipe et des moyens dont elle dispose, l’Algérie pouvait faire beaucoup mieux. Il y avait, selon moi, la possibilité de réaliser un parcours plus abouti. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. On ne peut donc pas parler d’un bilan satisfaisant.

 

Justement, comment jugez-vous le bilan de Vladimir Petkovic ?

 

Pour moi, c’est un échec. Mais je pense aussi que Petkovic n’a pas été suffisamment épaulé par ses adjoints et son staff technique. Leur rôle consiste également à guider l’entraîneur, à le conseiller et à l’alerter lorsque c’est nécessaire. Petkovic s’est trompé sur certains choix, notamment dans la composition de son groupe. Avec des adjoints compétents, capables d’analyser la situation avec justesse et de lui apporter les bons conseils, certaines erreurs auraient peut-être pu être évitées.

 

Que faut-il désormais faire concernant le poste de gardien de but ?

 

Il faut donner leur chance à d’autres gardiens. Cela ne signifie absolument pas qu’il faille écarter définitivement ceux qui étaient présents à la Coupe du monde. Il s’agit simplement d’instaurer une véritable concurrence. Dès le prochain stage, le staff devra convoquer d’autres portiers afin de les évaluer. Même s’ils sont jeunes, même s’ils n’ont que 20 ans, s’ils possèdent les qualités et le niveau requis, il ne faut pas hésiter à les lancer. L’âge ne doit jamais constituer un frein. Il faut rechercher les meilleurs et leur offrir l’occasion de démontrer ce qu’ils peuvent apporter à la sélection.

 

Pourquoi entend-on souvent dire que l'Algérie ne possède plus de bons portiers dans le championnat local ?

 

Parce que, malheureusement, certains dirigeants de clubs font de mauvais choix, notamment dans le recrutement des entraîneurs de gardiens. C’est un poste essentiel dans la formation et la progression d’un portier. Le rôle du gardien a énormément évolué ces dernières années. Aujourd’hui, il ne suffit plus d’être performant sur sa ligne. Il faut aussi maîtriser le jeu au pied, le placement, la lecture du jeu et bien d’autres aspects. Pour former de bons gardiens, il faut donc des entraîneurs spécialisés, compétents et correctement formés. Si l’on néglige cet aspect, il ne faut pas s’étonner ensuite de rencontrer des difficultés à faire émerger des gardiens de haut niveau.

B. B.