EN : Mandi-Bensebaïni, la retraite peut attendre

Publié le : 7 Juillet 2026

L'élimination prématurée de l'équipe nationale en Coupe du monde a ouvert la porte à toutes les spéculations. Quelques minutes seulement après la défaite face à la Suisse, Ryad Mahrez annonçait officiellement sa retraite internationale, mettant un terme à une aventure exceptionnelle avec les Verts. Une décision attendue, puisque le capitaine avait déjà laissé entendre que le Mondial 2026 constituerait son dernier rendez-vous sous le maillot national.


Dans la foulée, la violence de l'élimination et le climat de crise qui s'est installé autour de la sélection ont alimenté des rumeurs concernant d'autres départs. Les regards se sont rapidement tournés vers Aïssa Mandi (35 ans), dont la retraite semblait déjà envisagée avant le tournoi. Plus surprenant, Ramy Bensebaïni (31 ans) aurait lui aussi songé à tourner la page, profondément affecté par les critiques visant une défense qui a encaissé neuf buts en seulement quatre rencontres. Malgré ces échos, aucun des deux joueurs n'a annoncé son retrait. Et c'est probablement la meilleure décision possible.

 

La sagesse avant tout

 

Dans une période où l'équipe nationale traverse une véritable zone de turbulences, une nouvelle vague de retraites aurait aggravé une situation déjà très délicate. Ni Mandi ni Bensebaïni n'ont cédé à l'émotion du moment. Les deux défenseurs ont préféré prendre du recul avant de se prononcer sur leur avenir.


Le message publié récemment par Aïssa Mandi sur les réseaux sociaux en dit long sur son état d'esprit. Loin d'annoncer un départ, le recordman des sélections algériennes a reconnu sa déception, assumé sa part de responsabilité et surtout conclu par une phrase lourde de sens : « Le moment viendra de parler de la suite. » Une manière de montrer que rien n'est encore décidé et que le temps de la réflexion doit l'emporter sur les réactions à chaud.

 

Leur expérience reste indispensable

 

Les chiffres de cette Coupe du monde sont implacables. Avec neuf buts encaissés en quatre matches, la défense algérienne a montré de nombreuses limites. Mais réduire les difficultés de la sélection aux seuls Mandi et Bensebaïni serait une analyse trop simpliste.
L'équipe nationale entre désormais dans une nouvelle phase de reconstruction, avec les éliminatoires de la CAN qui approchent et un changement attendu à la tête du staff technique.

C'est précisément dans ce contexte que l'expérience des deux défenseurs peut devenir précieuse. Leur rôle ne sera pas uniquement de jouer, mais aussi d'encadrer une nouvelle génération appelée à prendre progressivement le relais. Les deux hommes ont déjà démontré qu'ils pouvaient former, avec un troisième défenseur axial, une charnière solide. Les essais réalisés ces derniers mois avec une défense à trois, notamment en Arabie Saoudite puis contre l'Uruguay, avaient offert des garanties intéressantes avant que l'équipe ne revienne à une défense à quatre. Ce travail ne mérite certainement pas d'être abandonné.

 

Un nouveau cycle à construire

 

Le futur sélectionneur héritera d'un chantier important. Anthar Yahia apparaît aujourd'hui comme l'un des principaux candidats et, dans son rôle de consultant, il n'avait pas hésité à pointer du doigt le placement de Mandi ainsi que certaines prestations de Bensebaïni. Mais une critique technique ne signifie pas forcément une mise à l'écart. Au contraire, c'est aux côtés de ce duo que des joueurs comme Zineddine Belaïd ou Samir Chergui ont réellement lancé leur carrière internationale dans une défense à trois. Même constat pour d'autres jeunes défenseurs qui ont pu bénéficier de leur expérience. Quel que soit le prochain sélectionneur, l'idée d'un système à trois centraux continue d'apparaître comme une solution crédible pour stabiliser une arrière-garde en difficulté. Dans ce schéma, Mandi et Bensebaïni garderaient toute leur utilité.

 

Partir plus tard

 

À 31 ans, Ramy Bensebaïni est encore loin de l'âge où un défenseur central doit forcément mettre un terme à sa carrière internationale. Quant à Aïssa Mandi, malgré ses 35 ans et ses 122 sélections, son expérience demeure un atout rare pour accompagner la transition qui s'annonce. Le départ de Ryad Mahrez marque la fin d'une génération, mais il ne serait ni logique ni souhaitable que tous les cadres quittent le navire en même temps. L'Algérie a besoin de transmettre avant de tourner définitivement la page. Mandi et Bensebaïni ont encore un rôle à jouer dans cette reconstruction, au moins jusqu'à la prochaine CAN. Leur présence offrirait un équilibre indispensable entre l'expérience et la jeunesse, tout en laissant le temps à leurs successeurs de grandir. Aujourd'hui, les Verts ont davantage besoin d'eux qu'ils n'ont besoin d'une retraite précipitée.

S. M. A.