EN : Bentaleb - Maza - Chaibi, Petkovic tient son trident au milieu

Publié le : 25 Juin 2026

Le premier tour arrive à sa fin et l’on a l’impression que Vladimir Petkovic cherche toujours son onze de base. Si, dans les buts et en défense, à un poste près, la question semble tranchée, sur le couloir droit de la défense, au milieu de terrain et en attaque, toutes les places restent à prendre. 

 

Zidane, Bensebaïni, Mandi, Maza et Gouiri étant les seuls à avoir pratiquement assuré leur place de titulaire. Avant la rencontre face à l’Argentine, le sélectionneur national déclarait en conférence de presse qu’il avait préparé un plan A et un plan B. Si son premier plan s’est révélé défaillant, le second l’a été encore davantage. Contre la Jordanie, on s’attendait à une révolution, mais, excepté les changements Bentaleb-Zerrouki et Benmoussa-Mahrez, tous les autres joueurs ont été reconduits. Il est vrai que les matches et les adversaires ne se ressemblent pas et que chaque rencontre a sa vérité. Néanmoins, l’équipe nationale n’a toujours pas un onze de base, deux ans après l’installation du technicien bosnien à la tête des Verts. Selon les informations qui nous parviennent du camp de base de la sélection, et après les deux rencontres disputées face à l’Argentine et à la Jordanie, on pense et on espère que Vladimir Petkovic a fini par se fixer sur ses titulaires et trancher certains postes, notamment au milieu de terrain.

 

Boudaoui pas au top, erreur impardonnable de Zerrouki

 

Lors des deux précédents matches, Vladimir Petkovic a essayé quatre combinaisons différentes, la dernière semblant la plus adaptée pour terminer le tournoi. Le premier onze de Petkovic dans cette Coupe du monde a vu Bentaleb, Boudaoui et Maza débuter au milieu. Sauf que face à l’un des meilleurs milieux de terrain du monde, probablement le meilleur sur les plans tactique, physique et de l’engagement, nos trois internationaux se sont fait manger à tous les niveaux.

Voyant Enzo Fernandez, Mac Allister, De Paul et Messi faire ce qu’ils voulaient sur le terrain, le coach a modifié son entrejeu en incorporant, en seconde période, Aouar à la place de Boudaoui, Zerrouki à celle de Maza et Boulbina à la place de Bentaleb. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fut encore pire, puisque les Verts continuaient à prendre l’eau de partout, avec zéro occasion nette, zéro tir cadré et deux buts encaissés en seconde période. Le fait marquant de cette rencontre demeure l’absence criante de cohésion et de complémentarité entre les milieux de terrain algériens. Autre tare : la faiblesse de nos milieux dans les duels et les combats physiques, notamment Boudaoui qui, bien que très bon techniquement, perd pratiquement tous ses duels musclés.

 

Complémentarité, technique et apport physique

 

Lors du second match, Vladimir Petkovic a choisi de laisser Bentaleb sur le banc pour débuter avec un milieu composé de Boudaoui et Zerrouki à la récupération, et Maza dans un rôle de meneur de jeu. À la découverte de ce onze, tout le monde autour de nous s’est dit : « Oui, face à la Jordanie, ça devrait marcher. » Mais non, cela n’a pas fonctionné.

À la perte du ballon, les Verts se faisaient systématiquement surprendre par les contre-attaques jordaniennes. Le repli défensif était lent et anarchique. Lorsque Zerrouki a offert une véritable « passe décisive » à l’adversaire, permettant à Nizar Al-Rashdan d’ouvrir le score à la 36e minute, les joueurs algériens ont sombré dans la panique et défendaient dans le désordre, exactement comme sur le troisième but encaissé face à l’Argentine. Vint enfin la troisième mi-temps des Verts dans cette Coupe du monde. Petkovic, tout en maintenant Maza en numéro 10 et en décalant Gouiri sur le flanc gauche, a fait entrer Bentaleb à la place de Zerrouki, incorporé Benbouali en pointe et repositionné Chaïbi au poste de relayeur.

 

Quelques minutes plus tard, tout semblait remis en ordre. La machine s’est relancée et le jeu est devenu plus fluide, davantage porté vers l’avant. Certains diront, à juste titre, que la Jordanie, menée 1 à 0, avait accepté de subir. D’autres avanceront que la comparaison entre un milieu ayant affronté l’Argentine et un autre opposé à la Jordanie n’est pas pertinente. Mais la vérité est que Chaïbi, depuis l’ère Belmadi, a toujours démontré sa valeur dans un rôle de relayeur ou de milieu offensif. Il court beaucoup, se montre solide dans les duels et se projette rapidement vers l’avant. C’est un milieu moderne.

 

Boudaoui, s’il était au sommet de sa forme, pourrait faire de même, voire mieux, mais ce n’est malheureusement pas le cas actuellement. Quant au duel Bentaleb-Zerrouki, tout le monde s’accorde à dire que le gaucher possède une longueur d’avance sur le droitier. Enfin, Titraoui, qui présente un profil différent, bien que pétri de qualités, n’a pas encore eu sa chance.

Tout cela nous conduit à la conclusion suivante : le trio Bentaleb-Chaïbi-Maza apparaît, pour l’instant, comme le mieux placé pour débuter face à l’Autriche, et même au-delà.

K. S.