EN : le plan pour déjouer le piège des Nashama

Publié le : 22 Juin 2026

Bien qu’il soit au fait de tout ce qui concerne l’équipe de Jordanie, ses joueurs, son entraîneur et son organisation de jeu, Vladimir Petkovic a consacré une bonne partie de son temps, lors des deux derniers jours, à revoir ses notes afin d’actualiser certaines conclusions concernant son prochain adversaire. 

 

Les camarades de Ryad Mahrez ont ainsi visionné le match Jordanie-Autriche et certains, comme Aïssa Mandi, l’auraient revu plus d’une fois. Le constat est le même : il faut se méfier des joueurs des Nashama, de leur entraîneur et surtout de leur volonté féroce de faire d’une pierre trois coups : inscrire leur premier point en Coupe du monde, faire tomber l’Algérie et conserver intactes leurs chances de qualification historique pour le prochain tour.

 

Ceux qui ont suivi leur premier match dans ce Mondial et jeté un coup d’œil aux statistiques de leur rencontre face à l’Autriche ont remarqué que le score ne reflète en rien la physionomie de la partie et que la Jordanie est passée tout près d’un exploit retentissant. Sans les erreurs d’Abou Leila, le gardien de but très critiqué, et la naïveté de certains défenseurs, le résultat final aurait pu être tout autre. Tout cela pour dire que Petkovic et ses capés, en plus de la préparation technique et tactique, ont tout intérêt à se préparer mentalement à une bataille féroce et à un engagement physique sans précédent de la part des poulains d’Al-Salami.

 

Système hybride : bloc bas mais pressings hauts par intermittence


Le sélectionneur marocain de la Jordanie, Jamal Al-Salami, est bien conscient que la tactique et le style de jeu de son équipe sont devenus prévisibles pour de nombreuses sélections. Il est donc nécessaire de prendre des risques, que ce soit à travers des ajustements tactiques ou l’intégration de nouveaux joueurs. Selon les échos qui nous sont parvenus du camp algérien, Petkovic s’attend à ce que le technicien marocain opte pour un bloc bas, agrémenté de pressings hauts dans le camp algérien à certains moments du match, avec l’espoir de récupérer le ballon dans notre moitié de terrain, de provoquer une erreur de relance ou, à défaut, de nous obliger à jouer long.

 

Or, courir derrière le ballon puis exercer un pressing haut, même par intermittence, exige un effort physique important. Les joueurs jordaniens, parmi les plus actifs du premier tour, bien qu’estimant en être capables, pourraient le payer cash face à une équipe algérienne qui possède non seulement les joueurs aptes à déjouer ce plan, mais qui s’est également très bien préparée à cette éventualité. Lors de la dernière séance ouverte à la presse, nous avons pu assister à une partie d’un exercice qui a pris tout son sens après avoir obtenu ces informations. Il consistait à échanger des passes courtes, rapides et en mouvement entre quatre joueurs et un relais au milieu, avant de ressortir par une longue transversale vers le côté opposé du terrain.

 

Aussi, et c’est un détail de taille, cette prise de risque des Jordaniens pourrait leur coûter cher face à des joueurs techniques tels que Bentaleb, Mahrez, Maza, Aït Nouri ou encore Zerrouki, parfaitement rodés à ce genre de situation.

 

Éteindre la fureur jordanienne dès le début du match


Si la simple qualification pour la Coupe du monde 2026 constitue déjà un exploit pour la Jordanie, les progrès récents de cette équipe, tant sur le plan des résultats que des performances dans les compétitions arabes et asiatiques, pourraient la pousser à viser un résultat marquant face à l’Algérie. L’esprit combatif et la prestation héroïque affichés contre l’Autriche, malgré la défaite (3-1), pourraient servir de socle à leur rencontre face aux Verts.

 

On s’attend donc à un combat acharné, au moins durant la première période. Plus le score restera en leur faveur, plus la confiance des Nashama grandira. Assumer le statut de favori et dominer les débats dès l’entame afin de les cueillir à froid apparaît dès lors comme la meilleure manière d’aborder cette rencontre et d’éteindre la fureur jordanienne. Les attaquants sont, par conséquent, appelés à se montrer appliqués et adroits devant le but. Plus vite l’Algérie marquera, plus elle augmentera ses chances de plier le match.

 

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Nouveaux rôles pour Alouane, Al-Tamri et Al-Rashdan : attention à Abou Taha !

En discutant avec un confrère algérien travaillant pour une chaîne arabe très bien « câblée » chez les Nashama, et très proche de l’équipe jordanienne ainsi que de sa délégation aux États-Unis, nous avons appris qu’Al-Salami songe à modifier à la fois son style de jeu et le rôle de certains éléments clés de son onze de départ. Le technicien marocain pourrait, selon cette source, attribuer des missions supplémentaires à certains joueurs afin de renforcer son potentiel offensif. Nizar Al-Rashdan et Mouhannad Abou Taha devraient bénéficier de davantage d’espace et de liberté pour se projeter vers l’avant, ce qui leur permettrait d’accroître la menace offensive devant le but algérien. Al-Salami pourrait également demander à Moussa Al-Tamri d’alterner entre les ailes droite et gauche afin de perturber la défense algérienne. Il devra aussi trouver une meilleure formule pour exploiter pleinement l’énorme potentiel d’Ali Alouane. Mais le joueur que l’Algérie devrait craindre le plus est sans doute Mouhannad Abou Taha. Intelligent et fin dribbleur, ce dernier possède une frappe de balle redoutable.

 

Un ex-coéquipier de Tougaï pressenti titulaire, Abou Leila garde la confiance

Mohammed Sharara, ancien joueur de l’Espérance de Tunis et actuellement au Raja Casablanca, laissé sur le banc face à l’Autriche, pourrait être le seul changement dans le onze jordanien. Comme Ryad Mahrez, cet attaquant de 28 ans évolue sur le côté droit et son pied fort est le gauche. Il possède une bonne frappe de balle et connaît parfaitement la mentalité algérienne pour avoir évolué aux côtés de Mohamed Amine Tougaï entre 2022 et 2023. Quant au gardien, très critiqué après le premier match face à l’Autriche, il devrait être reconduit, Jamal Al-Salami l’ayant jugé comme le mieux adapté pour garder les cages jordaniennes.

 

De nos envoyés spéciaux en Amérique: Ouassel Mounir. Asma Halimi, Kamil Salhi et Halim Djender