EN : l’inévitable départ de Petkovic

Publié le : 4 Juillet 2026

C’est l’heure des comptes. La FAF, les joueurs, mais aussi et surtout le sélectionneur national, prolongé jusqu’en 2028 à quelques jours du départ pour le Kansas, doivent désormais s’expliquer.

 

La manière avec laquelle l’équipe nationale d’Algérie s’est fait éliminer par la Suisse a provoqué une immense colère et un rejet massif de Vladimir Petkovic auprès du public et des techniciens algériens. Les reproches ciblent précisément ses choix tactiques et techniques, jugés responsables de ce fiasco. Le technicien helvético-bosnien, qui avait apposé sa signature sur la prolongation de son contrat à quelques jours seulement du début de la Coupe du monde, est plus que jamais sur un siège éjectable.

 

En plus des supporters et des observateurs, ni le Bureau fédéral, ni même les joueurs ne souhaiteraient poursuivre l’aventure avec lui. On croit savoir que même le ministre des Sports et président de la FAF, Walid Sadi, jusque-là compté parmi les plus fervents défenseurs de Petkovic, a dépassé le stade du doute pour entrer dans la conviction que le choix de le maintenir, tout comme la décision de prolonger l’aventure au-delà de la CAN 2027, était une erreur. Des décisions radicales devraient tomber dans les quelques jours qui suivront le retour des camarades de Riyad Mahrez au pays.

 

Moins de 350 000 € d’indemnité de départ

 

La FAF songerait donc sérieusement à activer la clause de rupture incluse dans le contrat de Vladimir Petkovic. Selon une source officielle, Walid Sadi a obtenu de « coach Vlad » l’intégration de cet avenant, particulièrement clair et bilatéral. Le deal est limpide : en cas d’échec de l’équipe nationale lors de la prochaine CAN, dans la course au prochain Mondial ou d’une élimination prématurée jugée insuffisante au regard des objectifs fixés pour la Coupe du monde en cours, la séparation se ferait à l’amiable. Petkovic plierait bagage en échange d’une indemnité équivalente à seulement deux mois de salaire.

 

Dans le cas où ce dernier déciderait unilatéralement de partir – ce qui semble peu probable, à moins que la Pologne ne le relance –, il devrait verser l’équivalent de deux mois de salaire, soit entre 320 000 et 350 000 €. Bien évidemment, le Bosnien, qui a déjà touché une importante prime liée à la qualification au Mondial américain, estimée à environ un demi-million d’euros, percevra également la prime de qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde.

 

Naufrage et choix inexplicables

 

Si les choix de Petkovic durant cette Coupe du monde, et même avant, étaient critiqués et jugés « bizarres », le match face à la Suisse a cristallisé toutes les frustrations concernant sa gestion de l’effectif.  Aligner Maza, milieu offensif de formation, dans un rôle hybride de faux avant-centre, sans véritable attaquant de métier pour fixer la défense, a été, de l’avis général, une erreur majeure. Ibrahim Maza s’est retrouvé étouffé au contact de défenseurs puissants comme Manuel Akanji, lequel a lui-même reconnu que ce choix avait grandement facilité la tâche de la défense suisse.

 

La gestion du cas Ramiz Zerrouki interroge également. Alors que l’on pensait qu’il avait enfin trouvé son milieu idéal avec le trio Bentaleb-Chaïbi-Maza, Ramiz Zerrouki a finalement été titularisé aux côtés de Nabil Bentaleb. Sa prestation, comme celle de l’ensemble du milieu de terrain, a sombré dans un entrejeu sans rythme, lui valant de vives critiques. L’autre grande incompréhension concerne l’attaque. En laissant des profils comme Amine Gouiri sur le banc jusqu’à l’heure de jeu, le sélectionneur a privé son équipe de profondeur et de présence dans la surface, rendant l’animation offensive totalement inoffensive. Le naufrage a également touché la défense.

L’Algérie termine avec la pire arrière-garde du tournoi, avec onze buts encaissés pour seulement cinq inscrits.

Si Petkovic a déclaré, au terme du match face à la Suisse, que « le problème ne résidait pas en défense », cela signifie que le problème est ailleurs. Et cet ailleurs renvoie inévitablement à ses choix et à son plan de jeu. Un aveu, en somme.

 

Ni onze de base ni titulaire dans les bois

 

L’absence d’un onze de base et la gestion des gardiens ont constitué les preuves les plus flagrantes du manque de vision du sélectionneur. Contrairement à ses adversaires, Vladimir Petkovic a abordé cette phase finale de Coupe du monde sans véritables certitudes, multipliant les essais de dernière minute.

L’Algérie était la seule équipe du tournoi à ne pas disposer d’un onze type clairement défini. Changer de gardien en pleine compétition constitue une anomalie à ce niveau.

 

La hiérarchie n’a jamais été clairement établie entre Mandrea, Benbot et Oussama Benbot, alors que certains estimaient même qu’Alexis Guendouz ou Masil pouvaient prétendre à une place. Même constat au milieu de terrain, constamment remanié. Le trio de l’entrejeu changeait à chaque rencontre. Les associations entre Ramiz Zerrouki, Nabil Bentaleb, Hicham Boudaoui et Farès Chaïbi n’ont jamais eu le temps de créer des automatismes.

 

Des joueurs clés comme Amine Gouiri, Ibrahim Maza, Farès Chaïbi et Rayan Aït-Nouri ont été baladés d’un poste à l’autre ou laissés sur le banc au profit de choix contestables, comme le repositionnement de Maza en faux numéro 9.  Cette impréparation a donné l’impression que le sélectionneur découvrait les caractéristiques de ses propres joueurs en plein tournoi. Au lieu de s’appuyer sur le collectif solide qui avait dominé les éliminatoires, ou au moins de reconduire son 3-4-3 testé et assimilé durant la préparation au Mondial, il a improvisé de nouveaux systèmes tactiques à chaque rencontre.  Cette instabilité a totalement déstabilisé le groupe face à des adversaires parfaitement structurés et habitués à évoluer ensemble. Ce foutoir tactique a fini par rendre la pression populaire, comme le constat d’une séparation, inéluctables.

Les anciennes gloires du football national, tout comme les supporters, réclament un changement immédiat afin de redonner une véritable identité de jeu aux Verts.  De plus, l’annonce de la retraite internationale de Riyad Mahrez, juste après le match, confirme la fin brutale d’un cycle.