JSK : Hannachi-opposition : pour quel projet ?

Publié le : 21 Mai 2015

Jamais de mémoire de supporters de la JSK le club phare de la Kabylie ne s’était retrouvé dans une situation aussi délicate que cet exercice 2014/2015.

 Cette saison aura été des plus catastrophiques en tous points de vue pour le club le plus titré du pays. Sur le plan purement technique, la JSK est, depuis quelques semaines déjà, en lutte pour se maintenir en Ligue 1 Mobilis. Et aujourd’hui encore, à deux petites journées de la fin du championnat, l’un des clubs les plus prestigieux du pays n’est pas encore assuré d’être là la saison prochaine. L’inquiétude est très grande dans toute la Kabylie, mais pas que. La JSK, qui compte des millions de supporters à travers le pays et bien au-delà de nos frontières, va mal. Devant cette chaotique situation, le président Hannachi annonce sa démission avant de faire marche arrière et revenir sur sa décision. D’un autre côté, certains anciens joueurs et dirigeants sont montés au créneau, lundi dernier, pour demander le départ sine die du président. Depuis, les deux parties se regardent en chiens de faïence.

 

Hannachi doit dévoiler ses cartes

Après vingt-deux années à la tête de la JSK, Mohand-Cherif Hannachi dont le départ est prestement demandé par une partie des supporters, d’anciens joueurs et dirigeants est en bout de course. Il est en train de  jouer ses dernières cartes, mais sans vraiment proposer un projet réel qui tienne la route. Excepté l’annonce de l’arrivée de nouveaux membres au CA, à l’image du respectable Hadj Rahim ou encore d’Ouramdane et Madjène, que propose Hannachi ? Quel sera le poste et le grade de Hadj Rahim,  quel sera son rôle à lui, quelles seront les prérogatives des membres du CA, de combien sera le budget du recrutement, qui sera entraîneur, quels seront les objectifs pour la saison prochaine, qu’adviendra t-il de l’actuel staff et des actuels joueurs, y aura-t-il une place pour les anciens joueurs du club… ? Ce sont là des questions auxquelles l’actuel boss de la JSK doit répondre. Il ne doit pas se contenter de défendre son bilan, et surtout pas répondre à ces opposants ou de justifier les résultats catastrophiques de l’équipe et surtout sa gestion anarchique. Les gens en ont marre de cette guéguerre qui ne fera  que plonger encore plus le club dans le chaos.  Il est vrai que la JSK sort d’une année noire et que le maintien peut être considéré comme étant un grand exploit vu ce que le club a vécu cette année, néanmoins les fans kabyles exigent un projet digne de ce club. Peu importe qui sera président, peu importe la personne d’où viendra ce projet, les amoureux de la JSK veulent voir la JSK au sommet.

 

Le débat doit être celui des projets

En face du président kabyle, il y a ceux qui se définissent comme étant ses opposants et demandent son départ immédiat et sans condition. Ceux-là aussi ne présentent jusqu’à aujourd’hui aucun projet, ne donnent aucune solution. Leur seul credo, leur seul mot d’ordre est : Hannachi dégage. Deux mots que les Algériens entendent depuis 15 ans, c’est vraiment aller au bout de l’action, ni réussir à traîner, à conviancre et adhérer tout le peuple kabyle derrière ce combat. Oui, c’est bien que Hannachi parte, c’est bien aussi que les anciens s’impliquent et tirent la sonnette d’alarme quand c’est nécessaire, c’est ce que tout le monde souhaite, c’est ce qu’on attend d’eux, c’est leur rôle. Mais il y a une chose qu’on oublie dans cette histoire, la JSK. C’est malheureux de le dire, mais le débat aujourd’hui tourne autour d’une personne : le président. Partira, partira pas, est-il honnête ou malhonnête… Des phrases que les Kabyles vomissent. Le débat doit être celui des idées, la bataille doit être une batail de projets. Bien sûr que la JSK est la grande oubliée dans ce débat. Le club phare du Djurdjura a besoin de changement, oui, comme il a besoin d’hommes qui viendraient la servir et redorer son blason. La JSK a besoin d’une restructuration en adéquation avec les exigences du haut niveau. La JSK a besoin d’un projet sportif et financier qui lui permettra de revenir sur la scène internationale, comme elle l’a déjà fait dans les années 1970 et 1980, voire même 1990. L’opposition, comme Hannachi d’ailleurs, n’a jamais évoqué ces choses-là. En supposant que Hannachi dégage la piste et laisse le champ libre, que se passera-t-il ? Là, les membres du comité de sauvegarde de la JSK ne disent rien. Quel est leur projet ? Quelles sont leurs réelles intentions ? Demander à Hannachi de partir est une revendication, à la limite, légitime en ce sens où, il faut bien le redire ici, Hannachi n’a pas réussi à faire accéder le club à un mode de gestion moderne, digne des grands clubs africains, comme le Zamalek, le Ahly du Caire, l’ES Tunis, le Raja Casablanca, etc. pour ne citer que ceux-là ; bien au contraire, la JSK se retrouve tout en bas de l’échelle.

 

L’opposition risque de faire du surplace pendant longtemps

Mais au cas où il laisserait sa place, que propose-t-on à la JSK ? C’est là le nœud gordien de toute l’affaire. Bien sûr, nous ne sommes pas de ceux qui pensent qu’après Hannachi, c’est le déluge, mais nous sommes de ceux qui sont inquiets de ce que sera la JSK de demain. De par son aura et sa capacité à mobiliser des millions de personnes, la JSK devrait faire partie du gotha continental, voire mondial ; ceci est plus qu’une certitude, c’est une conviction profonde. Mais en ces moments de doute et d’incertitudes, quels sont les moyens à mettre en œuvre pour lui permettre d’accéder à ce palier d’excellence ? Sûrement pas faire dégager le président et plonger le club dans une période d’instabilité. Et qu’on ne nous dise pas que ceux qui veulent le départ de Hannachi avancent leurs pions sans dévoiler leur jeu. Ceux qui veulent réellement le départ de l’actuel président doivent abattre leurs cartes et jouent cartes sur table et c’est tous les JSKistes qui les suivront.  Parce qu’en avançant comme ça sans réelle alternative, sans montrer quelles sont leurs réelles intentions ou leur projet, ils risquent de faire du surplace de longues années encore.

D’où l’interrogation des centaines de milliers d’inconditionnels qui veulent savoir si réellement ceux qui demandent le départ du président Hannachi proposent une alternative qui va, enfin, remettre le club kabyle sur les rails et lui permettre d’amorcer une remontée vers les cimes du football national et international. C’est en proposant une voie de sortie de crise fiable, à même de protéger le club de toutes formes de turbulences, c’est en présentant un projet à la mesure de la grandeur du club phare de la Kabylie, c’est à cette seule et unique condition qu’on pourra venir prétendre succéder à l’actuel président et son équipe dirigeante. Entre-temps, l’équipe joue sa survie en Ligue 1 Mobilis, une place qu’elle n’a jamais quittée depuis son accession en 1969, les autres clubs menacés travaillent dans la sérénité et le calme, le JSK, surtout elle, mérite d’avoir la même chance de se battre , les mêmes armes,  Alors messieurs (Hannachi et opposition), de grâce,  arrêtez ça !  

M. A.