La gestion du cas Bensebaïni interpelle au plus haut point. Arrivé blessé à Kansas City, le défenseur du Borussia Dortmund était incertain et annoncé presque forfait pour le premier match face à l'Argentine.
Surprise : Vladimir Petkovic a décidé de le titulariser lors des deux premiers matchs de la phase de groupes au détriment de Belaïd, Chergui et Tougaï, pourtant plus aptes et plus compétitifs pour disputer ces rencontres. Mais Bensebaïni n'est pas un joueur lambda. C'est un pilier défensif et un cadre incontesté de l'équipe. Raison pour laquelle le sélectionneur national a décidé de lui accorder du temps de jeu, de le préparer et de miser sur lui à moyen terme, quitte à prendre le risque qu'il évolue à moitié de ses capacités, handicape l'équipe ou, pire encore, rechute. Face à l'Argentine, Bensebaïni n'a pris aucun risque.
Aucune chevauchée, comme il nous y a habitués, aucun tacle dangereux, presque aucun sprint durant les 90 minutes passées sur le terrain. En s'appuyant sur son expérience et son métier, il s'est contenté de gérer son match en essayant de commettre le moins d'erreurs possible. Comme le montrent ses statistiques, Bensebaïni n'a intercepté que trois ballons et n'a réussi qu'un seul tacle. Très insuffisant.
Petko a songé à le remplacer à la 5e minute face à la Jordanie...
Vint ensuite le deuxième match. Rami a encore été aligné d'entrée. Si, en première période, il a offert trois cadeaux à l'adversaire, chose qu'il fait rarement lui qui figure parmi les joueurs les plus techniques et les plus adroits dans la relance, son rendement s'est nettement amélioré en seconde mi-temps, le repli défensif jordanien l'ayant relativement aidé. La relance de l'axial gaucher des Verts, bien qu'encore souffrant, s'est améliorée. Il a également fait l'effort de monter d'un cran, comme il aime et sait si bien le faire, afin d'apporter son soutien aux attaquants et aux milieux de terrain.
Beaucoup d'entraîneurs l'auraient laissé sur le banc ou même remplacé avant la demi-heure de jeu, ce qui aurait été tout à fait logique. Mais pas selon les calculs de Petkovic, qui a choisi de parier gros sur son homme de confiance en défense, sans pour autant mettre sa santé en danger. Dès la 5e minute face à la Jordanie, le coach Vlad a demandé à Belaïd de s'échauffer après le premier couac de Bensebaïni. À la pause, il lui a demandé s'il pouvait terminer le match, ce à quoi le joueur a répondu avec insistance : « Oui, je peux. »
Le faire jouer alors qu'il n'était peut-être prêt qu'à 50 ou 60 % constitue un choix stratégique du staff technique. Coach Vlad, en étudiant les options disponibles sur le banc, à savoir Belaïd, Tougaï, Chergui et même Hadjam dans un système à trois défenseurs, a estimé que Bensebaïni demeurait malgré tout le mieux armé pour occuper ce poste. Rami Bensebaïni enchaînera demain avec un troisième match consécutif en l'espace de onze jours. Sa préparation pour ce Mondial, il l'effectue également aux États-Unis, en pleine Coupe du monde et face à Messi.
S'il s'entraîne normalement avec le groupe, avant, après et même au milieu de la journée, Bensebaïni bénéficie d'un accompagnement quotidien assuré par le staff médical, notamment le chevronné kinésithérapeute Mâamar Brinis, qui veille à ce que « le meilleur défenseur des Verts et probable successeur de Mahrez et Mandi au capitanat » soit dans la meilleure forme possible. Espérons que ce choix du sélectionneur s'avère fructueux et que, d'ici les 16es de finale, le défenseur aura retrouvé tous ses moyens.
De nos envoyés spéciaux en Amérique: Ouassel Mounir. Asma Halimi, Kamil Salhi et Halim Djender





