EN : Hemdani, deux matches pour convaincre

Publié le : 8 Septembre 2026 Par : Riad O.

Brahim Hemdani dirigera les Verts sans avoir encore signé un nouveau contrat avec la FAF. Chargé de conduire le staff technique de la sélection nationale A, l’ancien capitaine de l’Olympique de Marseille va désormais passer son premier véritable test sur le terrain.

 

Les deux prochains rendez-vous face à la Zambie et au Burundi, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027, seront particulièrement scrutés. Ils pourraient aussi peser dans la décision de la FAF concernant la suite de sa mission et l’éventuelle signature d’un nouveau contrat, qui pourrait intervenir au mois d’octobre prochain. L’annonce de la désignation de Brahim Hemdani a surpris une partie de l’opinion sportive. Pourtant, le choix du Bureau fédéral ne doit rien au hasard. La Fédération algérienne de football a décidé de miser sur un technicien algérien qui connaît parfaitement l’environnement du football national et qui possède également une expérience du haut niveau acquise durant sa carrière de joueur. Hemdani sera accompagné d’Anthar Yahia comme entraîneur adjoint, de Nacereddine Berarma au poste d’entraîneur des gardiens et de Nacer Daïbèche comme préparateur physique. Un staff qui doit permettre au nouveau responsable technique de travailler dans un environnement qu’il connaît et avec des collaborateurs capables de l’accompagner dans cette nouvelle mission. Mais avant de parler de long terme, Hemdani devra d’abord convaincre. Et cela commencera par les prochaines échéances internationales.

 

 Pas encore de nouveau contrat

 

Contrairement à ce qui a été colporté çà et là, Brahim Hemdani n’a pas signé de nouveau contrat avec la Fédération algérienne de football. Le technicien a été chargé de conduire le staff technique de la sélection nationale A, comme rapporté par Compétition. Celui qui a offert à l’Algérie la médaille d’or aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026 avec la sélection U21 poursuit donc sa mission dans le cadre de son contrat actuel. Lors de sa récente rencontre avec le président de la FAF, Walid Sadi, jeudi dernier, la question d’un nouveau contrat n’a, à aucun moment, été évoquée. Il n’a pas non plus été question d’une revalorisation salariale. Hemdani avait signé, à son arrivée cet été, un contrat d’une année en qualité de sélectionneur des U20. Ce bail reste, pour l’heure, celui qui régit sa situation avec la FAF, malgré la nouvelle mission qui lui a été confiée avec les Verts. Il n’est donc pas question, à ce stade, de parler d’un nouveau contrat déjà signé ou d’un changement officiel des conditions financières de son engagement. La situation pourrait toutefois évoluer dans les prochaines semaines. La FAF pourrait éventuellement décider de proposer à Hemdani un nouveau bail, notamment au mois d’octobre, après les premières échéances internationales placées sous sa responsabilité. Autrement dit, le technicien dispose désormais d’une période d’observation. Et les résultats obtenus avec les Verts pourraient naturellement entrer en ligne de compte au moment de décider de la suite à donner à cette collaboration. Avant une éventuelle décision, Brahim Hemdani aura donc deux occasions de convaincre sur le terrain. Les Verts doivent affronter la Zambie et le Burundi dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027. Deux rencontres qui auront une importance particulière pour le nouveau sélectionneur puisqu’elles constitueront ses premiers matches officiels à la tête de l’équipe nationale A. Il ne s’agira pas uniquement d’obtenir de bons résultats. Hemdani devra également montrer sa capacité à construire une équipe, à faire passer ses idées et à gérer les différents profils qui composent le groupe. Ces deux rencontres permettront aussi d’observer ses premiers choix. Quels joueurs seront privilégiés ? Quelle philosophie de jeu sera mise en place ? Quelle place sera accordée aux jeunes éléments ? Comment les cadres seront-ils utilisés ? Autant de questions auxquelles le nouveau sélectionneur devra commencer à répondre.

 

 Un homme de haut niveau

 

Si son arrivée sur le banc des Verts a pu surprendre, Brahim Hemdani n’arrive pourtant pas sans expérience. Avant de devenir entraîneur, l’ancien milieu de terrain a connu le très haut niveau avec notamment l’Olympique de Marseille. Il en a même porté le brassard de capitaine, notamment lors de la saison 2003-2004. Avec l’OM, Hemdani a participé aux grandes soirées européennes et connu la pression particulière qui accompagne un club historique du football français. Cette période reste l’une des références de sa carrière. Sous son brassard, Marseille avait notamment atteint la finale de la Coupe de l’UEFA à Göteborg, avec des joueurs comme Fabien Barthez et Didier Drogba dans ses rangs. Ce vécu constitue aujourd’hui un élément important de son profil. Diriger une sélection nationale ne consiste pas seulement à choisir un système tactique. Le sélectionneur doit aussi gérer un vestiaire, dialoguer avec les cadres, accompagner les jeunes et composer avec une forte pression médiatique et populaire. Sur ce terrain, Hemdani possède une expérience précieuse. Son parcours international avec l’Algérie reste en revanche beaucoup plus court, puisqu’il n’a compté que deux sélections. Mais cette statistique ne suffit évidemment pas à résumer son rapport au football algérien. Son passage par Marseille lui a permis de découvrir les exigences du très haut niveau, les grands vestiaires et les rendez-vous où chaque détail compte.

 

 

 

Un parcours d’entraîneur déjà construit

 

Hemdani a également pris le temps de construire son parcours d’entraîneur. Il a notamment travaillé avec Marignane-Gignac entre 2022 et 2025, accompagnant la progression du club jusqu’au National 1. Une expérience particulièrement formatrice pour un jeune technicien. Dans ce championnat, l’entraîneur doit souvent composer avec des moyens limités, construire un groupe compétitif et trouver les solutions nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Hemdani a ainsi pu découvrir les différentes facettes du métier : la préparation des matches, la gestion du groupe, le travail quotidien, le développement des joueurs et la pression du résultat. Cette expérience lui a ensuite permis de revenir dans le football algérien. Sa mission avec la sélection U21 lui a offert un autre cadre de travail. Il a pu observer et accompagner plusieurs jeunes joueurs susceptibles, à terme, d’intégrer l’équipe nationale A. Surtout, les résultats sont venus donner davantage de poids à son travail. La médaille d’or remportée aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026 constitue ainsi une référence importante au moment d’évaluer son parcours récent. Il ne part donc pas d’une feuille blanche.

 

 

Le diplôme UEFA Pro comme garantie

 

Autre argument en faveur de Hemdani : sa formation. Le technicien possède le diplôme UEFA Pro, le plus haut niveau de qualification délivré aux entraîneurs. Dans le football actuel, où les exigences tactiques, physiques et méthodologiques sont de plus en plus importantes, cette formation représente un atout. Bien évidemment, un diplôme ne garantit jamais la réussite d’un entraîneur. Les résultats dépendent de nombreux facteurs, notamment de la qualité de l’effectif, de la gestion du groupe et de la capacité à faire passer ses idées. Mais cette qualification montre que Hemdani dispose des bases nécessaires pour travailler au plus haut niveau. Il doit maintenant démontrer qu’il peut les appliquer avec une sélection nationale soumise à des attentes considérables.

 

 

L’expérience du haut niveau, autrement

 

L’un des principaux atouts de Hemdani reste finalement son expérience en tant que joueur.Il a évolué aux côtés de joueurs de premier plan, sous les ordres de techniciens expérimentés et dans des compétitions où la pression est permanente. Cette expérience peut lui permettre de comprendre certaines situations que l’on ne retrouve pas forcément dans les catégories inférieures. L’histoire du football a d’ailleurs montré que certains grands entraîneurs ont réussi à franchir rapidement les étapes après une carrière de joueur au plus haut niveau. Pep Guardiola est l’un des exemples les plus connus. Après avoir débuté avec le FC Barcelone B, il avait rapidement pris les commandes de l’équipe première et marqué durablement l’histoire du club. Zinédine Zidane avait suivi une trajectoire comparable au Real Madrid, en passant par la Castilla avant de prendre en charge l’équipe première. Hemdani n’en est évidemment pas encore là. Mais son parcours montre qu’il possède plusieurs éléments nécessaires pour tenter sa chance.

 

 Un staff autour de lui

 

Le nouveau sélectionneur pourra également compter sur un staff qui n’est pas anodin. La présence d’Anthar Yahia constitue notamment un renfort important. Ancien capitaine des Verts et figure emblématique de la sélection, Yahia connaît parfaitement l’environnement de l’équipe nationale. Son vécu avec les Verts, sa connaissance du football algérien et son expérience peuvent constituer un complément précieux pour Hemdani. À ses côtés, Nacereddine Berarma aura la responsabilité des gardiens tandis que Nacer Daïbèche prendra en charge la préparation physique. L’objectif sera de créer un fonctionnement cohérent autour du sélectionneur et de permettre à chacun d’apporter son expertise.

 

Une fenêtre avant octobre

 

Hemdani sait donc ce qui l’attend. Les prochaines semaines seront importantes. Il devra préparer ses joueurs, réussir ses deux premiers rendez-vous officiels et surtout montrer que le choix de la FAF peut s’inscrire dans la durée. Les matches contre la Zambie et le Burundi auront ainsi une double importance. Sur le plan sportif, ils devront permettre aux Verts de bien lancer leur campagne de qualification pour la CAN 2027. Sur le plan personnel, ils offriront à Hemdani une première occasion de convaincre les responsables fédéraux. Une éventuelle signature d’un nouveau contrat pourrait alors être envisagée au mois d’octobre. Pour l’heure, aucune décision de ce type n’a été prise. Hemdani travaille toujours dans le cadre de son contrat initial avec la FAF. Mais il possède désormais une opportunité exceptionnelle de faire évoluer sa situation.

 

Ouenzar Riad