EN : Hemdani face à ses premiers chantiers

Publié le : 7 Septembre 2026 Par : Riad O.

Les choses sérieuses commencent. Après une prise de fonction marquée par la réussite des U21 aux Jeux méditerranéens de Tarente, Brahim Hemdani s’apprête à découvrir une autre dimension de sa mission à la tête des Verts.

 

Dès ce mois de septembre, le nouveau sélectionneur national, épaulé par Anthar Yahia, devra lancer son mandat avec deux rendez-vous comptant pour les éliminatoires de la CAN 2027. L’EN recevra la Zambie, le 25 septembre, au stade Hocine-Aït- Ahmed de Tizi Ouzou (20 heures), avant de se déplacer à Bujumbura pour affronter le Burundi, le 29 septembre (14 heures). Un premier virage pour un technicien qui aura rapidement beaucoup à prouver. Car au-delà des résultats, Hemdani devra installer une nouvelle dynamique, redonner de la confiance à son groupe et surtout reconquérir un public particulièrement exigeant.

 

Séduire pour convaincre

 

Sa nomination avait suscité des interrogations. Non pas sur les qualités de l’ancien capitaine de l’OM ou sur son passé de joueur, mais davantage sur son expérience encore limitée au plus haut niveau en tant qu’entraîneur. Son succès avec les U21 aux Jeux méditerranéens de Tarente, conclu par une médaille d’or, lui a toutefois offert un premier argument de poids et, surtout, une dose de confiance avant de passer à l’étage supérieur. Le contexte, lui, semble favorable. Le football africain a considérablement progressé ces dernières années et aucune rencontre internationale ne peut désormais être considérée comme gagnée d’avance. Mais sur le papier, l’EN dispose d’un effectif suffisamment riche pour franchir sans trop de difficultés ce premier obstacle vers la CAN 2027.

 

Les deux prochaines rencontres constitueront donc davantage qu’un simple lancement de campagne : elles permettront d’observer les premières orientations du nouveau staff. Hemdani sera notamment attendu sur le jeu. Après plusieurs mois marqués par des prestations parfois irrégulières, les supporters espèrent retrouver une sélection séduisante, capable de prendre le jeu à son compte, d’attaquer, de produire des occasions et, surtout, de marquer. Le résultat restera évidemment prioritaire, mais la manière pèsera lourd dans le jugement porté sur ce nouveau cycle. C’est là tout l’enjeu : convaincre rapidement par les idées et par le spectacle. Hemdani devra trouver le juste équilibre entre efficacité et ambition offensive, tout en composant avec un groupe appelé à connaître plusieurs changements.

 

Une hiérarchie à reconstruire

 

Le nouveau sélectionneur devra également résoudre une question symbolique, mais loin d’être anodine : celle du brassard. Avec les retraites internationales de Riyad Mahrez et Aïssa Mandi, deux figures majeures de la sélection, le capitanat doit changer de bras. Le choix ne se limitera pas à une question d’ancienneté ou de nombre de sélections. Hemdani devra identifier celui qui sera capable de porter son discours sur le terrain, de servir de relais auprès du vestiaire et d’incarner ce nouveau cycle. Mahrez et Mandi n’étaient pas seulement deux cadres sur le plan technique. Ils constituaient également des références dans le groupe, des joueurs vers lesquels le staff pouvait se tourner dans les moments difficiles. Leur départ laisse un vide qu’il faudra rapidement combler.

Le futur capitaine devra donc réunir plusieurs qualités : être un titulaire régulier, disposer d’une forte personnalité, être capable de dialoguer avec les jeunes et conserver suffisamment de sérénité pour gérer les périodes compliquées. La désignation rapide d’un nouveau leader permettra aussi au groupe de tourner définitivement la page et d’aborder la nouvelle aventure avec des repères précis. Au-delà du brassard, c’est toute une hiérarchie qu’Hemdani devra reconstruire.

Anthar Yahia, place aux actes

 

Son arrivée dans le staff constitue l’une des curiosités de ce nouveau projet. Durant la Coupe du monde, jusqu’à l’élimination des Verts face à la Suisse, Anthar Yahia avait multiplié les analyses sur AL24.  L’ancien héros d’Omdurman s’était notamment distingué par des lectures détaillées des rencontres et des prises de position tranchées sur le jeu de la sélection. Ses interventions avaient séduit beaucoup de supporters, sensibles à son discours et à sa connaissance du football de haut niveau. Mais le rôle change désormais complètement.  Après avoir observé et analysé les Verts depuis le plateau, Anthar Yahia devra participer à la construction de leur jeu depuis le banc. Avec Hemdani, il devra traduire les idées en actes et contribuer à donner une identité claire à l’équipe. Il faudra néanmoins laisser du temps au nouveau staff pour installer ses principes.

 

Les deux rencontres de septembre permettront déjà d’avoir un premier aperçu de ses choix : la liste des joueurs convoqués, l’animation offensive, les associations privilégiées et la place accordée aux nouveaux visages seront autant d’indicateurs. Il serait évidemment prématuré de tirer des conclusions définitives après deux matches. Mais les premières tendances seront forcément scrutées.

 

La presse, un autre défi

Enfin, Hemdani devra gérer un autre aspect de sa fonction : sa relation avec les médias. Ces dernières années, les rapports entre la presse algérienne et les différents sélectionneurs n’ont pas toujours été simples. Vladimir Petkovic avait, de son côté, choisi une approche très particulière lors de ses conférences de presse, s’exprimant fréquemment en italien et livrant des réponses souvent courtes et très cadrées. Hemdani pourrait adopter une stratégie différente. Son profil, sa connaissance du football algérien et sa maîtrise du français seront forcément observés avec attention.

L’exercice médiatique sera d’autant plus intéressant que ses relations avec certains journalistes durant les Jeux méditerranéens de Tarente auraient été marquées par une certaine distance. Malgré le sacre des U21, Hemdani s’était peu exprimé devant les médias présents en Italie, hormis une intervention diffusée par la FAF au retour de l’équipe au pays. Désormais, le statut a changé. À la tête de la sélection A, il sera forcément davantage exposé. Il devra expliquer ses choix, assumer ses décisions et accepter les critiques qui accompagnent naturellement le poste. Les premiers éléments de réponse arriveront donc dès septembre. Deux matches, deux adversaires et déjà plusieurs questions : quel visage pour les Verts ? Qui portera le brassard ? Quelle animation ? Quels nouveaux cadres ? Quelle relation avec les médias ?

O. R.