EN : Maza, la promesse du Mondial

Publié le : 23 Avril 2026

Ibrahim Maza n’aime pas faire de bruit, mais son football, lui, en fait beaucoup. À 20 ans, le milieu de terrain du Bayer Leverkusen et de l’Equipe nationale s’impose comme l’un des visages les plus intrigants de la prochaine Coupe du monde.

 

Dans un contexte où les projecteurs seront braqués sur les grandes nations, le jeune Algérien pourrait bien s’inviter au centre de la scène, porté par une saison pleine et une ascension qui ne cesse de s’accélérer.


Ascension maîtrisée


Ibo Maza affole les amoureux du football. Formé au Hertha Berlin, il possédait déjà cette palette technique rare, faite de justesse, de créativité et de culot dans le un-contre-un. Ce qui lui manquait, c’était la vitrine. Leverkusen s’est chargé de la lui offrir. Transféré pour 12 millions d’euros, il en vaut désormais 40 selon Transfermarket, et son nom circule déjà avec insistance du côté de Manchester City, Arsenal ou encore l’Atlético de Madrid. Une progression fulgurante, mais surtout cohérente pour un joueur qui semble toujours avoir un temps d’avance.


Le déclic en Vert


Arrivé en sélection dans un contexte particulier, au moment où la FAF laissait filer certains profils binationaux tels que Cherki, Olise ou Akliouche, Maza n’a pas tremblé. Son émergence a coïncidé avec celle d’autres jeunes (à l’image de Chiakha), mais là où certains tâtonnent encore, lui a rapidement conquis les cœurs. À la CAN au Maroc, son nom était scandé, réclamé, presque imposé, alors que Vladimir Petkovic tentait de le préserver voire le protéger. En vain. L’évidence a fini par s’imposer : Maza a sa place aux côtés de Mahrez, Mandi et les autres cadres.


Une place qui se dessine


Match après match, le sélectionneur affine son utilisation. Face à l’Uruguay, dans un système en 3-4-2-1, il a évolué dans une position hybride, entre création et récupération. Résultat : une prestation pleine, au point d’éclipser par séquences son complice Houssem Aouar. Volume de jeu, intelligence défensive, projection rapide, Maza incarne cette nouvelle génération capable de tout faire, sans jamais se disperser. Les observateurs ne s’y trompent pas. L’ancien milieu du terrain de l’EN Hassan Yebda n’a pas hésité à s’enflammer : « Pour moi, c’est Maza qui incarne l’avenir. À la CAN, il m’a sauté aux yeux. Cela fait très longtemps qu’on n’a pas eu un joueur capable de faire cette transition entre défendre et attaquer. Il a de grosses qualités physiques et techniques, il peut aller très très loin. Pour moi, c’est un joueur qui peut toucher le sommet. »

 

Un profil rare

Salah Assad y va de son analyse et partage cet enthousiasme : « Maza commence à s’imposer et à prendre de plus en plus d’importance dans cette équipe. Je pense qu’il fera sensation à la Coupe du monde. » Quant à Karim Matmour, qui l’a suivi de près en Allemagne, son regard est plus analytique : « Lorsqu’il évoluait encore à Berlin, il était déjà en haut de notre liste à Leverkusen. C’est impressionnant de voir un jeune s’imposer avec une telle sérénité dans un championnat aussi exigeant. Il est en avance sur les temps de passage. Mais il doit continuer à construire, sans brûler les étapes. » Ce qui distingue Maza, au-delà des chiffres (5 buts, 6 passes décisives cette saison), c’est sa capacité à faire des différences dans les petits espaces. Avec 53 dribbles réussis, il domine les milieux U21 des grands championnats européens. Sa lecture du jeu et sa capacité à éliminer rappellent une autre époque. Certains évoquent Michael Ballack, d’autres osent la comparaison avec Zidane. Des références lourdes, mais révélatrices du potentiel perçu.


Un regard tourné vers l’Amérique


À l’approche du rendez-vous mondial, l’attente ne cesse de grandir autour de lui. Dans une sélection algérienne en quête de renouveau et d’impact sur la scène internationale, Maza apparaît comme l’une des clés du projet. Sa capacité à hausser son niveau dans les grands rendez-vous, déjà entrevue lors de la CAN, nourrit de réels espoirs. Les regards seront braqués sur lui, autant pour confirmer son statut que pour mesurer sa faculté à peser face aux meilleures nations.
La Coupe du monde à venir pourrait donc marquer un tournant. Non pas comme une finalité, mais comme un accélérateur. Matmour le rappelle avec justesse : « Le Mondial peut offrir un statut supplémentaire, mais il ne définit pas la valeur d’un joueur. Les recruteurs l’observent depuis longtemps. » Reste que dans l’imaginaire collectif, une grande performance sur la scène mondiale peut tout changer.


Un avenir déjà en marche


Sous contrat jusqu’en 2030 avec Leverkusen, estimé entre 55 et 65 millions d’euros par son club, Maza est déjà au cœur des convoitises. Mais au-delà des chiffres et des rumeurs, c’est une trajectoire qui se dessine. Celle d’un joueur appelé à devenir central, en club comme en sélection.
Discret dans l’attitude, sympathique avec tout le monde, et éclatant dans le jeu, Ibrahim Maza avance sans bruit mais avec la certitude que le monde du football ne tardera plus à le regarder autrement.

S. M. A.