La direction de la JSK risque de vivre une intersaison mouvementée. Et pour cause, plusieurs cadres menacent de partir et cela pour différentes raisons. Ils sont encore sous contrat, mais les péripéties de cette saison ne les encouragent pas à poursuivre leur aventure avec les Canaris.
L'une de leurs principales conditions pour rester est que la direction renforce l'effectif avec des joueurs de haut niveau. Ils sont convaincus que pour pouvoir concurrencer les autres ténors du championnat, il faudra des renforts de qualité. Lassés que les fans déversent leur colère sur eux à chacune des contre-performances de l'équipe, les cadres savent que pour jouer le titre, l'équipe a besoin d'être renforcée dans tous les compartiments. Ils avaient choisi la JSK par conviction, car ils avaient reçu des offres plus intéressantes que celles qui leur ont été faites par les responsables du club, mais pour éviter le scénario de cette saison, ils ne réclament que le renforcement de l'équipe par des joueurs capables d'apporter un plus à l'équipe, une exigence que partagent la plupart des supporters, car tout le monde a constaté qu'il y a des manques dans tous les secteurs et qu'avec l'effectif actuel il sera difficile pour la JSK de prétendre au titre la saison prochaine.
Ainsi, faute d'une participation à une compétition continentale, les cadres veulent jouer le titre la saison prochaine. Ils sont ambitieux et ils ne souhaitent pas se contenter de jouer les seconds rôles. Ça sera donc à la direction de faire le nécessaire pour renforcer l'effectif avec des joueurs d'expérience et de valeur à l'intersaison. Le président Boudedja a promis un coup de balai à la fin du championnat, mais s'il ne passe pas à l'acte, il aura du mal à convaincre ses cadres à rester surtout que la plupart d'entre eux ont les qualités pour jouer dans n'importe quel club qui a pour ambition de jouer les premiers rôles.
Milieu et attaque
Frustrés par les résultats de cette saison, les cadres estiment que sans un renforcement qualificatif et quantitatif, la JSK aura du mal à rivaliser même la saison prochaine avec les autres prétendants au titre. Ils se seraient entretenus entre eux et ils croient dur comme fer que sans renforts, ils risquent de vivre une autre saison mouvementée. Même si la défense a besoin d'être renforcée avec un arrière gauche et un axial de haut niveau, la priorité est d'engager au moins deux récupérateurs, un relayeur et un animateur de jeu. Le milieu a été le talon d'Achille de l'équipe cette saison et cela malgré la présence de l'Ivoirien Arthur Bada, l'un des meilleurs milieux de notre championnat cette saison. La JSK a besoin aussi d'ailiers de qualité, car l'Angolais Jaredi Teixeira et le Tchadien Célestin Ecua recrutés au dernier mercato hivernal n'ont rien montré de bon et ce n'est pas avec eux que la JSK pourra prétendre au titre.
L'absence d'ailiers de haut niveau s'est répercutée négativement sur l'équipe, ce qui avait contraint Zinnbauer puis Bensafi à utiliser Messaoudi sur le côté, alors que son poste de prédilection est en pointe. Quoi qu'on pense de Mahious auteur de 11 buts en championnat, il aurait pu faire mieux, s'il y avait de bons ailiers pour l'alimenter en bons ballons. Il est clair que pour que les dirigeants préservent l'ossature de l'équipe, ils devront réussir leur recrutement en enrôlant des éléments capables d'apporter un plus en défense, au milieu et en attaque.
Primes non perçues
Alors qu'il ne reste encore que 3 matchs pour la fin du championnat, les joueurs n'ont pas encore perçu plusieurs de leurs primes. Certes, depuis la nomination de Boudedja à la tête du conseil d'administration, la situation financière du club s'est nettement améliorée par rapport à la phase aller, mais le fait que la direction n'ait pas encore versé toutes les primes, cela a eu des répercussions négatives sur le groupe. Il faut dire néanmoins que sur les 5 derniers matchs, l'équipe a collectionné les contre-performances, ce qui lui a valu de perdre tout espoir de terminer la saison à l'une des places qualificative pour la Coupe de la CAF.
Mais pour que cela ne se reproduise pas la saison prochaine, la direction devrait payer les primes à temps, car d'autres clubs tiennent leurs engagements envers leurs joueurs qui perçoivent leurs primes régulièrement. Le président Boudedja a sûrement fait son constat et il prendra les décisions qui s'imposent pour que cela ne se reproduise pas à l'avenir.
Environnement hostile
L'autre cause qui pousse les cadres à vouloir changer d'air, les insultes dont ils sont victimes à chaque match. Ils ont l'impression que certains fans les attendent au tournant pour s'en prendre à eux. Constamment critiqués y compris sur les réseaux sociaux, les cadres jouent la peur au ventre y compris l'international défenseur Zineddine Belaïd auteur de belles prestations avec l'équipe nationale lors des deux derniers matchs amicaux disputés respectivement face au Guatemala et l'Uruguay. La plupart de ces cadres ont une grande expérience, mais ils sont affectés par toutes les critiques dont ils font l'objet.
D'ailleurs, l'attaquant Mahious avait éclaté en sanglots à la fin d'un match après qu'un groupe de supporters ait insulté sa mère décédée l'année dernière. Même face au MCO, ils avaient entendu des vertes et des pas mûres avant le coup d'envoi, alors qu'ils s'apprêtaient à jouer un match décisif dans la course au podium. Ils étaient habitués à la pression, mais ils avouent que c'est la première fois qu'ils sont confrontés à cette situation. Il est clair que la réaction négative de certains supporters n'a fait qu'envenimer les choses, car, malgré les manques qu'il y a dans l'équipe, Mahious, Belaïd, Merbah, Hamidi et Bada pour ne citer que ceux-là, avec une bonne prise en charge, avaient largement les moyens pour jouer la deuxième place qualificative pour la Ligue des champions.
N. B.





