USMA : Allik – Nouioua, l’impossible cohabitation

Publié le : 24 Mai 2026

Alors que l’USM Alger savoure encore son doublé historique dans une ambiance de liesse, une sortie médiatique inattendue est venue troubler la sérénité du club de Soustara. Le directeur général sportif, Saïd Allik, a en effet créé la polémique en intervenant sur les ondes de la Radio nationale, où il a fait de lourdes révélations concernant la gestion interne du club.

 

Sans jamais le citer explicitement, Allik a clairement pointé du doigt le président du conseil d’administration, Bilal Nouioua. Dans un ton particulièrement incisif, il l’a accusé d’avoir entravé son travail à plusieurs reprises. Parmi les griefs évoqués, le DGS a dénoncé ce qu’il considère comme un sabotage dans le processus de nomination du nouvel entraîneur Lamine N'Diaye, ainsi que son implication présumée dans l’échec du transfert de Tayeb Meziani lors du dernier mercato hivernal.

Mais les accusations ne s’arrêtent pas là. Allik a également évoqué la non-qualification de deux recrues, Achraf Abada et Imad Azzi, au niveau de la CAF pour pouvoir prendre part à l’épreuve africaine. Un dossier sensible qui, selon lui, aurait pu être évité avec une meilleure coordination au sommet du club. Des déclarations graves qui mettent en lumière des dysfonctionnements internes, en totale contradiction avec les résultats sportifs éclatants de l’équipe.

 

Dans la foulée, le premier responsable du volet sportif du club a interpellé le groupe Serport afin qu’il lui accorde le statut de signataire légal. Une demande qui, selon lui, est indispensable pour exercer pleinement ses prérogatives et mener à bien ses missions. Une sortie qui traduit un malaise profond et un conflit de pouvoir désormais exposé au grand jour. Face à cette situation, le groupe Serport se retrouve désormais au pied du mur. La cohabitation entre Allik et Nouioua semble de plus en plus compromise, voire impossible. La société portuaire sait pertinemment qu’une réaction s’impose dans les plus brefs délais, au lieu d’attendre la fin de la saison. Deux options se dessinent alors pour le propriétaire du club : tenter une médiation en convoquant les deux hommes autour d’une table afin d’apaiser les tensions et de redéfinir clairement les rôles de chacun, ou bien trancher dans le vif en se séparant de l’un des deux responsables afin de restaurer un climat serein. Mais cette éventualité placerait Serport face à un véritable dilemme. D’un côté, nommer un nouveau PCA, qui serait le quatrième en deux ans, risque d’aggraver l’instabilité au sein du club. De l’autre, le DGS est protégé par un contrat en béton qui court encore pour deux saisons.

 

Nouioua refuse de réagir

De son côté, Bilal Nouioua adopte, pour l’heure, une posture mesurée. Contacté par nos soins pour réagir à ces accusations, le président du conseil d’administration a préféré garder le silence, refusant d’alimenter une guerre médiatique. Une attitude qui laisse penser qu’il privilégie un règlement interne de ce différend, loin de l’agitation médiatique. Quoi qu’il en soit, cette affaire risque de faire couler beaucoup d’encre dans les prochains jours. Elle intervient à un moment charnière pour l’USMA, qui devra rapidement trouver une issue à cette crise interne afin de ne pas compromettre la dynamique sportive en cours.
A.S.