Plusieurs facteurs expliquent l'élimination de l'équipe nationale face à la Suisse, vendredi, en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026.
Les difficultés défensives, déjà observées lors des précédentes rencontres, ont une nouvelle fois coûté cher aux Verts. Au milieu du terrain, les nombreux ajustements opérés par Vladimir Petkovic n'ont pas davantage produit l'effet escompté. Mais c'est surtout dans le secteur offensif que les lacunes ont été les plus frappantes.
Privée de véritables repères devant, l'Algérie a abordé ce rendez-vous sans avant-centre de métier. Un choix qui a surpris de nombreux observateurs, y compris du côté suisse, et qui a considérablement limité les possibilités offensives des coéquipiers de Riyad Mahrez.
Un choix tactique surprenant
Face à la Suisse, Petkovic a aligné Ibrahim Maza dans un rôle de faux numéro 9. Pourtant, Amine Gouiri, habitué à débuter les rencontres du Mondial, figurait bien sur le banc. Pour la première fois depuis le début de la compétition, l'attaquant de l'Olympique de Marseille a été relégué parmi les remplaçants.
L'Algérie s'est ainsi présentée sans véritable point de fixation dans la surface adverse. Une configuration qui a rapidement montré ses limites. Les changements répétés dans l'animation offensive et au milieu de terrain ont empêché l'équipe de développer des automatismes et d'exploiter la profondeur. Maza, davantage à l'aise entre les lignes qu'au cœur de la surface, a naturellement décroché pour participer au jeu, laissant les défenseurs suisses sans réelle menace dans leur dos.
Cette prestation a rappelé à beaucoup le triste souvenir de la défaite face au Nigeria (2-0), à Marrakech, où les Verts avaient déjà affiché une incapacité presque totale à se procurer de véritables occasions de but.
Les premiers signes avant le Mondial
Pourtant, les difficultés dans ce registre étaient perceptibles avant même le coup d'envoi de la Coupe du monde. Lors de l'annonce de la liste définitive, l'absence de Baghdad Bounedjah avait suscité de nombreuses interrogations. Vladimir Petkovic avait hésité entre rappeler Rafik Guitane Bakrar ou miser sur Nadjib Benbouali, avant d'opter pour le Chélifien, présenté comme le seul véritable avant-centre de métier du groupe.
Car ni Gouiri ni Mohamed Amoura ne sont des numéros 9 de formation. Le sélectionneur a souvent tenté de les installer dans cette position, sans réellement obtenir le rendement recherché. Amoura est un attaquant mobile, qui aime décrocher et attaquer les espaces, tandis que Gouiri participe beaucoup au jeu, quitte à quitter régulièrement la surface pour combiner avec ses partenaires. Tous deux ont besoin de joueurs évoluant près de l'axe pour exprimer pleinement leurs qualités.
Le problème s'est accentué avec les blessures. Durant toute la préparation du huitième de finale contre la Suisse, Benbouali et Amoura se sont entraînés à l'écart. Le premier souffrait des ischio-jambiers, tandis que le second poursuivait des soins pour une blessure musculaire. Tous deux ont finalement été retirés de la feuille de match, laissant Petkovic sans véritable spécialiste du poste.
Une attaque sans repères
L'absence d'un avant-centre capable d'occuper les défenseurs et d'attaquer les centres a profondément déséquilibré le jeu offensif algérien. Les latéraux, pourtant capables de prendre leur couloir et de pénétrer dans le camp adverse, se sont retrouvés sans cible dans la surface. Conséquence directe : les centres se sont faits rares, faute de point de chute évident, et les offensives ont presque systématiquement été repoussées avant de devenir dangereuses.
Au final, plusieurs circonstances défavorables se sont accumulées. La mise à l'écart de Bounedjah, les blessures simultanées de Benbouali et d'Amoura, puis le choix de laisser Gouiri sur le banc ont privé les Verts de solutions crédibles dans l'axe. Benbouali, seule véritable alternative naturelle, avait pourtant montré des choses intéressantes lors de son entrée contre la Jordanie, ponctuée par un but, avant d'être stoppé par sa blessure.
Petkovic a tenté un pari tactique avec Maza, mais celui-ci n'a pas porté ses fruits. L'équipe nationale a connu une véritable panne offensive au pire moment de la compétition. À l'approche des éliminatoires de la CAN, prévus dès l'automne prochain, le sélectionneur et son staff auront désormais un important chantier à mener. Au-delà des ajustements tactiques, une réflexion approfondie sur le profil des attaquants et l'équilibre de l'animation offensive semble devenue indispensable pour remettre la machine en marche.
Mohamed Amokrane Smail





