Jordanie – Algérie: Sellami et son gardien sous haute pression

Publié le : 20 Juin 2026

L’équipe nationale jordanienne et son staff technique, dirigé par Jamal Sellami, ont fait l’objet de nombreuses critiques après la défaite (1-3) face à l’Autriche. Si la plupart des reproches ont visé le gardien de but Yazeed Abu Layla, le sélectionneur jordanien n’a pas été épargné. Il a notamment été critiqué sur le plan tactique pour sa gestion du match contre l’Autriche.

L’entraîneur et analyste Raafat Allami a déclaré lors d’une intervention télévisée : «Le sélectionneur est une figure du coaching dont nous sommes fiers, puisqu’il a conduit les Nashama à la phase finale de la Coupe du monde 2026 pour la première fois dans l’histoire du football jordanien. Mais il a commis certaines erreurs. Un plan de jeu doit être construit en fonction des capacités de son équipe et du potentiel de l’adversaire. Il a lui-même déclaré que s’il y avait eu des erreurs contre l’Autriche, il fallait les lui reprocher et non aux joueurs. Je souligne toutefois que les détails qui ont coûté la défaite aux Nashama sont le résultat d’un dysfonctionnement collectif. En tant qu’entraîneur, vous êtes responsable de l’utilisation optimale de vos joueurs sur le terrain. Les matches d’ouverture offrent souvent aux équipes les moins favorites l’occasion de créer la surprise, et nous n’avons pas su en profiter.»

Et d’ajouter : «L’équipe d’Autriche a offert à la Jordanie les espaces qu’elle recherchait. Tout le monde sait que notre force réside dans les transitions rapides. Même le scénario de la rencontre évoluait dans le sens souhaité. Sur le premier but autrichien, on a clairement constaté un mauvais placement des défenseurs ainsi qu’un manque de soutien des milieux récupérateurs. Cette responsabilité incombe à l’entraîneur, qui était censé connaître les capacités de l’adversaire, son style de jeu et ses intentions. Je pense que si nous avions disposé d’un véritable avant-centre capable d’exploiter les espaces entre les défenseurs autrichiens, nous aurions été plus dangereux. Mais ce qui est arrivé est arrivé et nous disputons ce Mondial sans véritable attaquant de pointe.»

Allami a également déclaré : «La plus grande erreur de Sellami concerne les changements. Il les a effectués trop tard, contrairement au sélectionneur autrichien qui a procédé à quatre remplacements durant les dix premières minutes de la seconde période. Notre entraîneur, lui, n’a effectué son premier changement qu’à la 80e minute. Que s’est-il passé ensuite ? Il a fait entrer Mahmoud Al-Mardi à la place d’Ihsan Haddad malgré la différence de leurs postes. Pourquoi ne pas avoir aligné un arrière droit, alors qu’il s’agit du poste naturel de Haddad ?»

Il a poursuivi : «Après cette erreur de remplacement, Sellami a tenté de la corriger, gaspillant ainsi un changement. Il a repositionné Al-Mardi à son poste naturel d’ailier gauche et a fait entrer Mohammad Rateb Al-Dawood pour occuper le couloir droit de la défense à la place d’Ihsan, alors que ce joueur n’évolue pas habituellement à ce poste. Ensuite, Sellami a lancé Ali Al-Azayza, un joueur qui s’est distingué dans le championnat saoudien. Cependant, il n’avait pas été suffisamment préparé sur le plan psychologique lors des matches amicaux précédant le Mondial. À mon avis, la plus grande erreur a été la mauvaise utilisation des joueurs par l’entraîneur.»

Allami a conclu : «L’utilisation des joueurs aurait dû être bien meilleure. Je dis tout cela parce que la prochaine confrontation sera encore plus difficile et que nous devons rester vigilants. Nous affronterons l’Algérie, qui cherchera à s’imposer à tout prix afin d’effacer sa défaite contre l’Argentine. C’est un adversaire solide, doté de joueurs dont le niveau individuel et technique est supérieur à celui de l’Autriche. Nous pourrions donc rencontrer de nombreuses difficultés lors du match de mardi prochain.»

De nos envoyés spéciaux en Amérique: Ouassel Mounir. Asma Halimi, Kamil Salhi et Halim Djender