« La guerre est fondée sur la tromperie. » Plus de deux mille ans après Sun Tzu, cette maxime semble résonner dans la tête de l’entraîneur Sud-Africain du Mouloudia d’Alger, Rhulani Mokowena.
À deux jours du duel crucial face à Mamelodi Sundowns, Mokwena a changé le lieu d’entraînement du Mouloudia d’Alger à la dernière minute. Le coach mouloudéen n’a pas voulu s’entraîner sur le terrain désigné par le club adverse. L’entraîneur a préféré le faire loin des regards sur un terrain dont l’adresse est inconnue
Car en face, ce ne sont pas de simples adversaires. Ce sont les Sundowns. Son ancien club. Sa maison d’hier. Mokwena connaît les murs, les habitudes, les routines, les hommes. Et eux pensent le connaître aussi.
Connaître l’ennemi… et se connaître soi-même
Sun Tzu écrivait :« Si tu connais ton ennemi et que tu te connais toi-même, tu ne craindras pas le résultat de cent batailles. »
Mokwena connaît intimement son adversaire pour l’avoir dirigé. Il sait comment le club prépare ses grands rendez-vous, comment il réagit sous pression, comment il structure son jeu. Mais ce qui rend la situation encore plus sun-tzuienne, c’est que cette connaissance est devenue source de suspicion. L’affaire de l’analyste suspendu, accusé d’avoir divulgué des données tactiques, a installé le doute au sein des Sundowns. Qu’il y ait eu fuite ou non importe presque moins que l’effet produit : la méfiance. Et Sun Tzu ne parlait pas seulement de batailles physiques, mais de guerres mentales.
L’art de la dissimulation
Le changement de terrain d’entraînement du MCA, décidé à la dernière minute, s’inscrit dans cette logique. Ce n’est pas un simple ajustement logistique. C’est un signal. Une manière de brouiller les pistes. De rendre toute tentative d’observation incertaine. Car Sun Tzu le rappelait : « Quand tu es proche, fais croire que tu es loin. Quand tu es loin, fais croire que tu es proche. »
En verrouillant l’accès aux séances, en maintenant un secret total autour de la préparation, en limitant la présence des journalistes à l’hôtel, Mokwena applique cette idée de dissimulation stratégique. Il entretient le flou. Il oblige l’adversaire à préparer plusieurs scénarios. Et plus un adversaire doute, plus il se disperse.
Gagner sans combattre
Dans le même temps, la pression est asymétrique. Le Mouloudia peut se contenter d’un nul pour se qualifier, tandis que Sundowns doit gagner. Là encore, la pensée de Sun Tzu éclaire la situation : « La suprême habileté consiste à vaincre l’ennemi sans livrer bataille. »
Gagner sans forcément dominer, sans forcément attaquer à tout-va, mais en maîtrisant le tempo, en contrôlant les émotions, en exploitant l’impatience adverse. Si Sundowns se précipite sous l’effet de la pression et du climat interne délétère, Mokwena n’aura plus qu’à exploiter les espaces.
Un stratège silencieux
Ce duel dépasse alors le simple cadre sportif. Il devient un affrontement de lectures, de mémoires partagées et de secrets supposés. Un ancien stratège revenu sur son ancien terrain, face à un club fragilisé par le doute et la suspicion.
Et si le Mouloudia venait à frapper à Pretoria, certains y verront peut-être plus qu’un résultat. Ils y verront l’application moderne d’un principe vieux de 2 500 ans : La guerre ne se gagne pas toujours avec des armes. Parfois, elle se gagne avec le silence.
Badys b





