Lounici: «Aucun coach algérien n’est taillé pour la sélection»

Publié le : 11 Juillet 2026

Alors que le départ de Vladimir Petkovic semble se préciser après l’élimination de l’Algérie en Coupe du monde, le débat sur sa succession est déjà lancé. Entraîneur étranger ou technicien local ? Khaled Lounici, ancien international algérien, a une position très tranchée.

Dans un entretien accordé à Africa Foot, il estime qu’aucun entraîneur algérien n’est aujourd’hui véritablement taillé pour prendre les commandes des Verts.

Malgré la qualification au deuxième tour du Mondial, Lounici considère le parcours algérien comme un échec. Sa principale cible reste Vladimir Petkovic, dont il critique sévèrement les choix tactiques et le manque de continuité. «Sur le plan technico-tactique, c’est un entraîneur qui a totalement failli», tranche l’ancien milieu de terrain aux 33 sélections.

Lounici reproche notamment au sélectionneur d’avoir constamment changé ses compositions et ses systèmes. «Nous disputions les matches amicaux avec une équipe et un système donnés, puis, au début du Mondial, il change tout», regrette-t-il. Pour lui, les choix du Bosnien ne correspondaient pas aux qualités de ses joueurs. Il cite notamment Ibrahim Maza : «Il ne faut pas être un génie […] pour comprendre qu’Ibrahim Maza n’est pas un avant-centre.»

 La sélection «encore trop grande» pour Dziri et Zeghdoud

Alors que plusieurs voix réclament désormais un entraîneur algérien, Lounici ferme clairement cette porte. «Avec tout le respect que j’ai pour mes collègues algériens, je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui un entraîneur parfaitement taillé pour cette responsabilité», affirme-t-il. Selon lui, un sélectionneur doit avant tout posséder «une forte personnalité et une vraie autorité» pour gérer des joueurs évoluant au plus haut niveau.

Mounir Zeghdoud et Billel Dziri sont ainsi considérés comme des entraîneurs d’avenir, mais pas encore prêts pour les Verts. «L’équipe nationale est encore trop grande pour eux», estime Lounici. Concernant Dziri, son ami, il assure même qu’il lui déconseillerait d’accepter le poste afin de ne pas mettre en danger tout ce qu’il a construit en cas d’échec.

Même réserve concernant Anthar Yahia et Karim Matmour, dont les noms circulent. Lounici ne voit pas l’ancien capitaine des Verts comme sélectionneur, mais lui imagine un avenir de dirigeant. «Je le verrais très bien comme président de la Fédération», explique-t-il, mettant en avant ses compétences en management, son profil polyglotte et sa connaissance du football. 

Un étranger entouré d’Algériens

S’il ne croit pas à la piste d’un sélectionneur local, Lounici souhaite en revanche que le futur entraîneur soit entouré de techniciens algériens. Il cite le modèle de Vahid Halilhodzic, épaulé par Noureddine Kourichi et Abdelhafid Tasfaout. Abdelkader Amrani et Adel Amrouche sont notamment présentés comme deux profils capables d’apporter dans un rôle d’adjoint.

Enfin, l’ancien international charge également la FAF pour avoir prolongé Petkovic une semaine avant le Mondial. Une «grossière erreur», selon lui, qui pourrait désormais coûter cher en indemnités en cas de séparation. Pour Lounici, la Fédération devait simplement attendre la fin de la compétition avant de décider de l’avenir du sélectionneur. À l’heure de choisir l’après-Petkovic, son idée est donc claire : un technicien étranger à forte personnalité, mais avec une véritable présence algérienne dans son staff.

Badys Boufaroua